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Passeurs d’humanité : un festival pour mieux vivre ensemble

17 septembre 2025

Dans les Alpes-Maritimes, la vallée de la Roya est située au cœur des montagnes, à la frontière italienne. Territoire rural, multiculturel, de passage, la vallée a également été frappée de plein fouet par la tempête Alex en 2020. Pour faire face aux défis auxquels le territoire est confronté, les habitants développent la coopération et l’entraide. Cette dynamique collective s'incarne chaque année dans le festival « Passeur.ses d’humanité », soutenu par la Fondation de France.

 

La vallée de la Roya souffre depuis longtemps de sa situation enclavée. Le passage de la tempête Alex en 2020, qui a dévasté de nombreux villages, a d’autant plus fragilisé ce territoire déjà confronté à d’importants enjeux économiques, démographiques, migratoires et environnementaux.

Face à ces défis, les habitants de la Roya se mobilisent. Symbole de cette mobilisation citoyenne : le festival « Passeur.ses d’humanité » , lancé en 2018 par l’association « Les Ami.e.s de la Roya » , qui réunit les acteurs du territoire pour reconstruire la vallée et relever collectivement les défis climatiques, sociaux et territoriaux. Chaque été, l’événement rassemble, dans plusieurs villages de la vallée, habitants, artistes, associations, élus, pour favoriser les rencontres et le dialogue. Il s’est tenu cette année du 15 au 19 juillet. Pendant cinq jours, plus de 100 débats et spectacles de théâtre, danse, cirque, musique, ou encore de stand up ont été organisés pour créer du lien, réfléchir ensemble et célébrer la coopération.

« L’expression artistique permet de partager des expériences communes, de se rapprocher les uns des autres. C’est par ailleurs important d’aborder les débats de société en ne considérant jamais ceux qui ne pensent pas comme nous comme des ennemis, mais plutôt en essayant de réfléchir au pourquoi on pense différemment », assure Sylvie Vassalo, co-organisatrice du festival.

Les participants de l’édition 2025 témoignent. 

Chaque mois, « En passant par les Calanques » accompagne une vingtaine de personnes fragilisées ou isolées dans des sites naturels de la région de Marseille.

Les randonnées sont proposées à la journée ou à la demi-journée, sur un site différent à chaque fois et pour une participation minime (3 euros) ou libre.

Chaque randonnée est l’occasion pour les participants de sortir de leur isolement et de rencontrer d’autres personnes, souffrant ou pas des mêmes troubles.

La reconnexion avec la nature et avec les autres sont au cœur de la réussite de ces randonnées.

Chaque sortie est rythmée par des temps d’échanges collectifs, encadrés par des bénévoles de l’association.

Les participants sont invités à réfléchir et à se reconnecter à leurs émotions, pour mieux repartir.

« En passant par les Calanques » s’inspire de l’Intervention psychosociale par la nature et l’aventure (IPNA), une pratique de rétablissement développée au Québec dans les années 2000.

Ecoute, partage et entraide permettent à chacun de retrouver confiance en soi et en les autres.

Sandra

« Je viens ici pour le bien-être, physique et mental, et pour la solidarité, le partage.

Après les sorties, je dors mieux, je prends moins de traitement.

J’aime le fait que l’on marche en binôme, au début, avec une question à se poser : on se rend compte de nos similitudes, on peut échanger sur son état émotionnel, se poser des questions ensemble.

Être en groupe m’aide à lutter contre la dépression, l’isolement et la solitude. Le fait que ces marches rassemblent des personnes de tout âge est important. »

Gabriel

« Ce qui m’importe ici, c’est de partager avec les autres, d’être dans la solidarité. On arrive à faire bloc et à tisser des relations. Ça fait du bien. On s’organise ensemble pour vivre mieux. C’est parfois physiquement difficile, mais quand j’arrive à me dépasser c’est une grande satisfaction personnelle ! »

Doria

« Ça me fait revivre de venir marcher ici ! Je ne sortais pas de chez moi avant. J’ai eu six enfants, je n’avais pas le temps, je ne sortais pas du quartier dans le Nord de Marseille. J’ai eu beaucoup de problèmes de santé, la randonnée avec ce groupe, ça m’a redonné la vie. Cela m’aide à créer des liens, à me sentir mieux, à respirer. Ici, c’est mon paradis. C’est tellement beau. Je suis heureuse. »

Cécile

« Je suis diagnostiquée bipolaire depuis quelques années. Mon psychiatre m’a parlé des Groupes d’Entraide Mutuelle, que je fréquente souvent. Dans l’un des groupes il y avait une plaquette qui présentait l’initiative En passant par les calanques. Maintenant je viens à chaque sortie. Faire du sport crée de l’endorphine et me fait me sentir bien. Et les rencontres avec les autres personnes sont aussi importantes que la rencontre avec le paysage ! »

 
Crédit photos : Jean-Christophe Moine
 
 

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