Solidarité Maroc : préparer l’avenir
Le 8 septembre 2023, un violent séisme frappait le territoire marocain, faisant plus de 3 000 victimes et laissant des dizaines de milliers de personnes sans abri. Deux ans et demi après, le pays porte encore les traces de cette catastrophe. La Fondation de France poursuit son engagement aux côtés des habitants des territoires sinistrés. Sur les 11,4 millions d’euros collectés, 10 millions ont déjà été engagés pour soutenir 64 initiatives.
Durant les premiers mois suivant le séisme, la Fondation de France s’est mobilisée pour répondre aux besoins de première nécessité des populations impactées : mise à l’abri, distribution d’équipements, de denrées alimentaires et de produits d’hygiène etc. Elle concentre aujourd’hui ses actions sur la reconstruction des bâtiments collectifs, la relance des activités économiques et agricoles, et l’accompagnement des personnes les plus vulnérables.
Accompagner la reconstruction
Réhabiliter les bâtiments collectifs (écoles, centres économiques, lieux de rassemblement communautaires…) est une des priorités de la Fondation de France.
Dans les villes d’Ighil, Talat N'yaaqoub et Ijoukak, elle soutient par exemple un consortium réunissant la Fondation Architectes de l’Urgence, l’association Anacer, des coopératives locales, des acteurs du bâtiment et des représentants des communes pour réhabiliter des infrastructures essentielles à la vie collective : un orphelinat, une presse à huile d’olive, deux maisons associatives et quatre réservoirs d’eau potable. Ces derniers ont retrouvé leur pleine capacité, tandis qu’un plan d’action pour la gestion de l’eau a été déployé à l’échelle des villages, avec l’installation d’un système d’irrigation goutte-à-goutte sur 20 hectares. La réhabilitation de l’orphelinat permettra d’accueillir à nouveau 80 jeunes filles à la rentrée 2027, avec un appui scolaire. La remise en service du pressoir à huile d’olive bénéficie, quant à elle, à 270 producteurs du Sud de l’Atlas. En parallèle, une centaine d’agriculteurs ont été formés aux techniques de culture en milieu aride et une trentaine de femmes ont été accompagnées dans le développement de leur exploitation agricole.
À Tiznit, l’association Gardiens de la Mémoire restaure quant à elle quatre greniers collectifs. Indispensables au stockage des céréales, des denrées séchées et du fourrage, ces bâtiments d’une superficie totale de 2 800 m² sont en train d’être consolidés et rendus plus étanches afin d’assurer leur fonctionnement dans la durée et de soutenir l’activité agricole locale.
Soutenir la relance économique
La Fondation de France soutient des initiatives pour accompagner la reprise des activités économiques et agricoles et améliorer les conditions de vie, notamment en valorisant les savoir-faire locaux.
Dans six communes rurales du Haut-Atlas, Ouirgane, Imgdal, Ijoukak, Ouneine, Iguidi et Ahl Tifnoute, l’association Targa-AIDE, en partenariat avec l’association CRAterre, spécialisée dans la reconstruction post-séisme en terre, et l’association Labina, déploie sur trois ans un programme pour améliorer durablement les conditions de vie de ces villages endommagés. Sur le plan agricole, 1 200 m² de terrasses sont en cours de construction et six systèmes d’irrigation traditionnels remis en état. Pour soutenir les éleveurs, 30 enclos et 12 étables vont être construits. Des formations leur sont proposées pour améliorer leurs pratiques et sécuriser leurs revenus. Douze espaces collectifs ont été aménagés, deux foyers féminins réhabilités et deux bâtiments communautaires polyvalents construits. L’objectif : recréer des lieux de vie, d’échange et d’activité au cœur des villages. Autre levier clé : la montée en compétences locale. Des chantiers-écoles forment artisans et techniciens aux techniques de construction adaptées aux zones sismiques, en valorisant les matériaux et savoir-faire locaux. Enfin, deux réseaux d’assainissement et deux dispositifs de gestion des déchets vont être installés, avec des actions de sensibilisation pour ancrer durablement les pratiques.
Dans la province de Taroudant, l’association Migrations & Développement pilote un consortium réunissant sept groupes d’acteurs : l’association Agrisud International, l’Association Marocaine Médicale de Solidarité (AMMS), la Fondation Norsys, un groupement de collectivités territoriales, l’Université internationale d’Agadir, la plateforme Akkan et l’entreprise Terre & Goût. Ce programme vise à améliorer les conditions de vie des 1 400 habitants tout en renforçant leur autonomie économique à travers des actions en santé, agriculture, formation et développement d’activités professionnelles. Sur le terrain, deux caravanes médicales interviennent dans les zones isolées et permettent à près de 300 personnes de bénéficier de consultations. Quatre clubs numériques sont en cours de création pour former 100 jeunes aux usages digitaux. Le dispositif accompagne également 450 agriculteurs et soutient 300 exploitations rurales. En parallèle, une quarantaine de porteurs de projets sont aidés pour lancer leurs activités, notamment dans le domaine digital, tandis que cinq projets touristiques sont soutenus pour renforcer l’attractivité du territoire. À terme, l’enjeu est de permettre aux habitants de disposer de revenus plus stables et de services accessibles, sans avoir à quitter leur territoire.
Accompagner les personnes les plus vulnérables
La Fondation de France se mobilise aux côtés des plus vulnérables, en leur apportant notamment un soutien psychologique et en les aidant à se reconstruire.
À Marrakech, l’association Terrapsy a mis en place le centre de ressources en santé mentale « Al Mossanada ». Il permet d’assurer la continuité des soins pour les personnes souffrant de stress post-traumatique, de troubles anxieux ou en situation de grande précarité, tout en formant des acteurs locaux (enseignants, associations, relais communautaires) aux premiers soins en santé mentale. Des groupes de parole sont proposés et treize sessions de formation sont prévues.
Autre exemple d’initiative soutenue dans la province de Taroudant : l’association Maison Bonheur qui déploie le projet AMALI. Ce programme forme des jeunes issus de villages sinistrés aux métiers de la cuisine et de la gastronomie. Il les accompagne également vers l’insertion professionnelle dans des restaurants, riads et hôtels. Grâce au soutien de la Fondation de France, plus de 60 jeunes ont déjà été formés par des chefs et ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé pour leur recherche d’emploi. « Le séisme a bouleversé ma vie : j’ai perdu ma maison et plusieurs membres de ma famille. Je me sentais complètement perdue. Grâce à Maison Bonheur, j’ai pu bénéficier d’une formation et d’un accompagnement. Cela m’a permis de me reconstruire et d’entrevoir un avenir », témoigne Halima.
Crédit photo : © Maison Bonheur
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