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Le sport, un tremplin pour se reconstruire

Le sport, un tremplin pour se reconstruire

femmes Sport et santé| 01 Mar.2021

Le 8 mars a lieu la Journée internationale des droits des femmes. Pour aider les plus fragilisées d’entre elles à reprendre leur vie en main et à se réapproprier leur corps, la Fondation de France a lancé l'appel à projets « Femmes et sport : vers un nouveau départ ! ». Focus sur quelques actions exemplaires qui font de l’activité physique une clef essentielle de la résilience des femmes.

Il faut bouger pour avancer. Cette évidence qui mérite d’être rappelée laisse entrevoir à quel point le sport peut être un formidable outil de changement et d’émancipation. Parce qu’il met en mouvement, reconnecte aux sensations, génère du bien-être autant que de la confiance en soi et agit sur le mental, le sport se révèle un précieux support de reconstruction physique et psychique. 

C’est porté par cette démarche que l'appel à projets « Femmes et sport : vers un nouveau départ ! » a été lancé en octobre 2019 par la Fondation de France. Il a pour objectif de proposer à des femmes fragilisées par la maladie, la violence ou des accidents de la vie de reprendre le contrôle de leur existence en pratiquant des activités sportives adaptées et placées au centre d’un accompagnement plus global. 

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Se bouger ensemble contre le cancer

Pour aider les femmes touchées par le cancer à sortir de leur isolement et reprendre confiance en elles, l’association la Holi, située dans les Landes à Hagetmau, propose depuis 2017 des séances de sport-santé en petit comité. Des ateliers de yoga, de gym douce, de pilates ou de danse sont organisés plusieurs fois par semaine et animées par des coaches sportifs spécialement formés. Développé au cœur d’une zone rurale, ce programme créé à l’initiative de Laure Dandieu, une infirmière intervenant à domicile répond à un vrai besoin. « Il y a souvent un grand sentiment de solitude et de découragement chez les femmes, qu’elles soient en rémission ou en cours de traitement. Reprendre une activité physique est avant tout un moyen pour elles de recréer du lien social mais aussi de lutter contre les effets secondaires des traitements, comme la fatigue chronique, la fonte musculaire, ou les troubles du sommeil », explique Laure Dandieu. A ces rendez-vous sportifs, s’ajoutent un suivi psychologique assuré par une psychologue de l’association, ainsi que des consultations de diététique. Grâce à cette initiative, 34 femmes touchées par le cancer ont pu améliorer significativement leur qualité de vie. « Les retours sont très positifs, des petits gestes simples comme lever un bras deviennent à nouveau possibles, mais surtout les femmes sont heureuses de pouvoir se retrouver. Evidemment la covid a bousculé les choses, et nous avons dû proposer nos cours en visioconférence, ce qui n’a pas eu le même impact » confie la directrice de la Holi, impatiente du retour des beaux jours pour pouvoir reprendre des séances en plein air.

Exercer son corps pour se réapproprier sa vie

Loin des paysages landais, à Paris aussi, le sport réunit des femmes fragilisées pour les accompagner vers le chemin de la reconstruction. Pour la deuxième année, l’association Up Sport ! unis pour le sport, déjà très investie dans l’inclusion sociale via le sport, déploie un dispositif spécifique dédié aux femmes victimes de violences conjugales. FORCES, pour les Femmes Oeuvrent pour la Réappropriation de leur Corps et leur Emancipation via le Sport, est un programme mené en partenariat avec le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles de Paris (CIDFF). Son action repose sur un précieux triptyque qui articule de façon complémentaire accompagnement sportif, suivi psychologique et insertion professionnelle, sur une durée de dix mois. En charge de la partie sport, Karine Roussier explique : « l’objectif est de redonner aux femmes les ressources nécessaires à leur émancipation en changeant le regard qu’elles portent sur elles. Avec le sport, elles se réapproprient leur corps, réussissent à dépasser leurs peurs, comme celle de refaire du vélo ou de terminer une course. Ensemble, elles se motivent, se fixent des objectifs et en ressortent plus fortes. Le fait que nos activités se déroulent en extérieur, dans les parcs est aussi très important, c’est une façon pour elles de reconquérir l’espace public et de sortir de la sphère domestique. » Grâce au travail concerté entre les différentes équipes pour coordonner leurs actions, les bienfaits de l’activité physique viennent soutenir la progression des femmes, tant sur le plan psychologique que dans leur projet professionnel. En 2020, ce programme a permis à quinze femmes âgées de 19 à 55 ans de prendre un nouvel élan pour faire évoluer leur situation professionnelle, familiale ou personnelle (formation à un métier, démarche administrative, suivi psychologique…). Et une sur quatre continue à pratiquer régulièrement une activité physique avec Up Sport, au terme du programme.

© association Up Sport

Danser pour oublier les barreaux

Libérer le geste pour susciter un mieux-être, c’est aussi l’approche développée auprès des femmes détenues au Centre pénitentiaire de Marseille. Le projet Santé-Baumettes, mis en place récemment par l’équipe sanitaire, s’empare de la danse comme support d’éducation à la santé, physique et psychique des femmes. Troubles de l’estime de soi, syndromes dépressifs, et bien d’autres pathologies psychosomatiques dues à l’enfermement sont à déplorer parmi les détenues. « Aider les femmes à se reconstruire et à prendre soin d’elles grâce à la danse nous a semblé être une approche très porteuse, explique le docteur Valérie Ghaleb, praticienne hospitalière rattachée au Centre pénitentiaire. Et d’ajouter : « l’initiation à la danse contemporaine permet aux femmes de laisser s’exprimer librement leur corps, leurs émotions et de renouer avec un peu de légèreté. D’ailleurs, beaucoup témoignent qu’en dansant, elles n’ont plus l’impression d’être en prison. » Assurés par un intervenant extérieur, les cours de danse ont lieu pendant quatre mois et sont suivis de temps d’échange collectifs et individuels.

Se mouvoir pour reprendre du pouvoir

Dans la même démarche, l’association bordelaise Les Orchidées Rouges a trouvé dans l’art de la danse et du mouvement un outil supplémentaire à la prise en charge holistique qu’elle propose aux femmes ayant subi une excision. Parce que cette atteinte grave à leur intégrité physique a causé chez les femmes et les adolescentes concernées de profonds traumas qui demeurent inscrits dans leur chair et impriment leur manière d’être, des ateliers de danse-thérapie ont été mis en place depuis janvier 2020. « L’idée de cet accompagnement par la danse, qui doit concerner à terme près de 75 femmes, est de leur donner l’occasion de se réapproprier leur corps, souvent désinvesti suite aux violences auxquelles il a été confronté. Beaucoup de femmes sont en repli, et ont perdu l’estime d’elles-mêmes » explique Marie-Claire Moraldo, directrice générale des Orchidées Rouges. La danse-thérapeute, formée à l’approche émotionnelle du mouvement, les amène doucement, seules ou en petit groupe, à retrouver un ancrage physique en travaillant sur la posture, la respiration, la manière d’occuper l’espace et de s’y déplacer. Autant de gestes simples, parfois profondément verrouillés par des blocages intimes.

Le sport, une activité clé pour de nombreuses fondations abritées

D’autres projets visant l’émancipation des femmes par le sport sont développés au sein de fondations abritées :

  • la Fondation Robert Abdesselam soutient l’association les Maillons de l’espoir qui intervient en République Démocratique du Congo auprès des jeunes filles survivantes de violences de guerre. Le projet Maison Dorcas développe un accompagnement scolaire, psycho-social et sportif (pratique du football) pour leur permettre de retrouver une place dans la communauté ;
  • la Fondation Lacoste s’engage depuis 2010 aux côtés de l’association Sport dans la Ville en soutenant le programme « L dans la Ville », qui permet à des jeunes filles issues de quartiers prioritaires de pratiquer le tennis ;
  • la Fondation BNP Paribas se mobilise pour l’éducation et l’insertion des jeunes filles de quartiers sensibles toulousains par l’intégration dans un club de rugby en soutenant le programme l’Essai au Féminin de l’association Rebonds ! 

3 questions à... Philippe Nicolino, président du comité Femmes et Sport

Quel est l’objectif du programme « Femmes et Sport : vers un nouveau départ ! » ?

Ce programme a pour vocation d’apporter des réponses aux femmes qui sont en situation de vulnérabilité en leur redonnant le pouvoir d’agir, par le biais de l’activité physique et sportive. On entend par vulnérable le fait de ne plus être en capacité de défendre soi-même ses propres intérêts. Or on sait combien la crise sanitaire a aggravé le quotidien de beaucoup de femmes, qui se retrouvent aujourd’hui plus fragilisées, soit pour des raisons économiques, de santé, de violence ou d’isolement.Ce programme est donc particulièrement en phase avec la période.

Pour quelles raisons le sport est-il un précieux outil de reconstruction physique et psychique ?

Il est intéressant pour plusieurs raisons. En premier lieu, parce qu’il permet de se réapproprier son corps et de le remettre dans une dynamique de mouvement, de plaisir, de santé et d’estime de soi. Ensuite c’est un bon moyen de recréer du lien social, qu’il s’agisse d’un club ou d’une association, car même si la pratique est individuelle, elle doit être faite dans un cadre collectif. Enfin la pratique sportive est précieuse car elle est associée à l’idée de challenge, de défi, d’objectif, tout ça représente de puissants leviers à mobiliser pour le travail de reconstruction.

En quoi l’approche physique est-elle une habile porte d’entrée vers une prise en charge globale ?

Travailler à partir du corps est essentiel, car il est porteur d’identité, à la fois intime, personnelle et sociale. Et justement l’activité physique replace le corps de la personne au centre, pour faire de lui, non plus un corps objet qui subit la maladie, la maltraitance ou le rejet, mais un corps sujet qui se met en action. En cela l’activité physique permet de retrouver un ancrage et de refaire alliance avec soi pour avancer.


 

 

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