Lauréats Déclics jeunes : une même envie d’agir pour l’intérêt général
Depuis sa création, le concours Déclics jeunes, qui a fêté ses 50 ans en 2025, a permis à plus de 1 000 jeunes âgés de 18 à 30 ans de concrétiser leur engagement en faveur de l’intérêt général. En juin dernier à Marseille, quatre des cinq lauréats de la dernière édition ont participé à la présélection des projets Déclics jeunes 2026. L’occasion de revenir sur leur engagement et leurs parcours.
Ils s’appellent René Fadonougbo, Nassem Charif, Alix Di Jusco, Sokhna Daba Gueye et Alexia Koressian. Leurs projets concernent des domaines très différents – innovation technologique, création artistique, transmission culturelle, développement agroécologique – mais une même conviction les rassemble : celle que l’engagement peut devenir concret, à condition de se lancer.
Un déclic, au-delà du soutien financier
Tous décrivent un point de bascule lorsqu’ils sont devenus lauréats du concours Déclics jeunes en 2025. Pour René, le prix a d’abord été « une validation », celle d’un projet né au Bénin, avant de devenir un véritable levier de crédibilité auprès d’autres partenaires. Un sentiment partagé par Nassem pour qui la bourse a permis de « se lancer concrètement » tout en gagnant en confiance.
Même écho du côté d’Alix qui évoque « l’élan » nécessaire pour donner vie à son projet théâtral, et de Sokhna Daba, pour qui le dispositif a été « une étape déterminante », transformant une idée en premières réalisations tangibles.
Au-delà du soutien financier, tous insistent sur un apport majeur du concours : la reconnaissance. Être lauréat, c’est se sentir légitime, mais aussi rejoindre un réseau de jeunes engagés qui nourrit et renforce les parcours.
Des projets qui prennent forme
Un an après, les projets avancent, chacun à leur rythme mais tous dans une dynamique concrète.
René s’apprête à lancer officiellement Vérif’All, une application de vérification de l’information qui guide l’utilisateur dans l’analyse de contenus suspects (vidéos, images, textes …). L’application s’adresse en priorité aux jeunes béninois où il est né, aux journalistes et aux éducateurs en intégrant une dimension participative. Son projet a déjà été reconnu par des distinctions académiques et internationales.
Nassem construit progressivement son projet d’ateliers numériques dédiés à la création musicale : acquisition de matériel, structuration de l’activité, développement d’ateliers en partenariat avec des associations. L’objectif est de s’adresser à un public éloigné du numérique par le biais de la musique, en leur offrant un espace pour apprendre, créer et s’exprimer. Dans un autre registre, Alix est entré en phase de production de sa pièce de théâtre « Manopticon » qui donne la parole aux minorités. A l’aide de rencontres et de témoignages recueillis dans des lycées, des centres sociaux et des associations communautaires, le spectacle explore les identités de genre et dénonce les discriminations pour engager un dialogue vers une société plus égalitaire.
Sokhna Daba développe un projet de ferme agricole au Sénégal où elle a hérité des terres de son grand-père. Elle met ses compétences en agroécologie au service de sa communauté : arboriculture, maraichage, mise en place d’infrastructures hydriques… Une dynamique collective pour redonner espoir aux habitants confrontés à l’exode rural.
Enfin, Alexia, est passionnée par l’art depuis l’enfance. Ayant grandi dans un milieu rural, elle est convaincue que l’art doit être accessible à tous, quel que soit son parcours. Elle travaille actuellement sur la création d’une résidence artistique en milieu rural.

Apprendre en faisant
Interrogés sur les conseils qu’ils donneraient à de futurs candidats, Tous insistent sur la nécessité de ne pas attendre que tout soit parfait. « Le terrain vous apprend plus vite que n’importe quelle théorie », rappelle René Fadonougbo. « Avancer étape par étape », ajoute Nassem, quand Sokhna Daba parle « d’apprendre en faisant », en restant fidèle à sa vision tout en s’adaptant.
Autre élément essentiel : s’appuyer sur l’entourage. Demander de l’aide, s’ouvrir aux autres, « aller toquer aux portes » même sans se sentir légitime, comme le souligne Alix, peut être déterminant.
Enfin, tous évoquent la persévérance : accepter les difficultés comme partie intégrante du parcours et continuer à avancer.
S’impliquer dans le concours en retour
Pour ces jeunes lauréats, participer au jury de présélection 2026 s’est imposé comme une évidence. « Une responsabilité », selon René, qui évoque l’envie de redonner à l’écosystème ce qu’il a reçu. Même logique pour Sokhna Daba et Nassem qui y voient une manière de soutenir de nouveaux talents tout en prenant du recul sur leur propre chemin.
Au-delà de l’expérience individuelle, cette implication traduit un sentiment d’appartenance à une dynamique collective, où chacun contribue à faire émerger les projets des autres qui naissent souvent d’une intuition, d’une histoire, d’un engagement personnel. Le rôle du concours est alors d’offrir ce premier déclic qui permet de passer de l’idée à l’action.