Rapport mondial de la générosité 2026 : des spécificités françaises
Le premier volet du World Giving Report 2026, réalisé par la Charities Aid Foundation (CAF), en partenariat avec la Fondation de France pour la partie française de l’étude, dresse un nouvel état des lieux de la générosité dans 105 pays. Si les dons d’argent restent moins développés en Europe que dans les autres régions du monde, l'étude confirme une générosité davantage tournée vers les acteurs de l'intérêt général que vers les institutions religieuses, un engagement bénévole important et une forte exigence de transparence.
Réalisé auprès de 60 443 personnes à travers le monde, dont 1 035 en France, le volet « Donor Insights » du World Giving Report 2026 mesure la part moyenne du revenu de chaque personne interrogée donnée à des acteurs de l'intérêt général, à des institutions religieuses ou directement à des personnes dans le besoin.
Les résultats demeurent globalement stables par rapport à l’édition précédente. En 2025, 44 % des personnes interrogées en France déclarent avoir fait un don d'argent, contre 46 % en 2024. Un chiffre qui reste en dessous des moyennes européenne (57 %) et mondiale (61 %).
Quand elles donnent, les personnes en France consacrent également une part plus modeste de leurs revenus : 0,4 % en moyenne, soit un niveau identique à celui observé l'année précédente, contre 0,6 % en Europe et 1 % à l'échelle mondiale.
Une générosité tournée vers les acteurs de l’intérêt général
Ces chiffres méritent toutefois d'être nuancés. Les écarts se réduisent en effet sensiblement lorsqu'il s'agit de soutenir plus spécifiquement des acteurs de l'intérêt général. En France, 30 % des personnes interrogées déclarent avoir fait un don à ces acteurs en 2025, contre 38 % en Europe et 34 % dans le monde.
Les acteurs de l'intérêt général concentrent ainsi 59 % de la valeur totale des dons réalisés en France, loin devant les aides directes à des personnes dans le besoin (25 %) et les dons aux institutions religieuses (15 %). Une singularité française puisqu’à l'échelle mondiale, 41 % de la valeur des dons est destinée à des personnes dans le besoin, 38 % aux acteurs de l'intérêt général et 21 % aux institutions religieuses.
« Ces chiffres mettent en lumière une approche plus laïque de la générosité en France, où la contribution à l’intérêt général, le soutien aux personnes en difficulté, au climat, à la culture, à la recherche et au lien social en général sont les premiers moteurs », souligne Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France.
Les causes soutenues restent constantes d'une année sur l'autre. En 2025, la lutte contre la pauvreté demeure la priorité des personnes qui donnent en France (29 %), devant les urgences humanitaires (24 %) et la santé et la recherche médicale (22 %).
Une culture du bénévolat qui résiste
Le rapport confirme également la place particulière qu'occupe le bénévolat en France. Comme en 2024, 20 % des personnes interrogées déclarent avoir consacré du temps à une activité bénévole en 2025. Un taux supérieur à la moyenne européenne (18 %), même s'il demeure inférieur à la moyenne mondiale (24 %).
La fréquence de cet engagement apparaît toutefois plus marquée en France qu’ailleurs. Parmi les personnes sondées en France qui ont fait du bénévolat en 2025, 14 % déclarent s'être engagées au moins trente fois au cours de l'année, soit deux fois plus que la moyenne mondiale (7 %).
L'étude met aussi en évidence un décalage entre les causes soutenues financièrement et celles qui mobilisent les bénévoles. Si la lutte contre la pauvreté arrive en tête dans les deux cas, les causes d’engagement bénévole sont très diverses. Parmi les personnes interrogées en France qui déclarent faire du bénévolat, 21 % s'engagent auprès des seniors et autant dans le domaine des activités sportives et de loisirs. Or, ces deux causes ne mobilisent que 6 % des personnes ayant fait un don d'argent. À l'inverse, les urgences humanitaires et la santé rassemblent une part bien plus importante de donateurs que de bénévoles.
La transparence, un levier majeur pour renforcer la générosité
« La confiance est la pierre angulaire de la générosité. Les résultats de cette édition le confirment : les donateurs soutiennent en priorité des acteurs de l’intérêt général qu'ils connaissent bien et font davantage confiance à ceux qui agissent au plus près des populations », explique Axelle Davezac.
Cette confiance va de pair avec une attente forte en matière de transparence. Interrogés sur les raisons qui pourraient les inciter à donner davantage en 2026, 39 % des personnes interrogées en France citent davantage de transparence sur le fonctionnement de l’organisation et 29 % souhaitent disposer de plus d'informations sur l'impact concret des actions menées.
« La transparence apparaît comme un élément central pour renforcer l'engagement des donateurs », rappelle Axelle Davezac. « C'est une bonne nouvelle : en instaurant la confiance et en démontrant un impact réel, les acteurs de l'intérêt général peuvent susciter davantage de générosité et d'engagement. Même si nous vivons dans un monde divisé, l'espoir et les solutions sont bien présents ».
Retrouver la synthèse France du World Giving Report 2026
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