Nicolas Binet, fondateur de la Fondation Sept Ans : « Lutter contre la désinformation et retrouver la confiance en l’autre. »
« Je ne viens pas d’un milieu philanthropique ; ma famille n’a jamais eu ce genre de projet et, moi-même, je ne pensais pas pouvoir dégager du temps pour cela, entre ma vie professionnelle dans l’entrepreneuriat et mes quatre enfants ! » Et pourtant… Soucieux de longue date de l’addiction de nos sociétés aux écrans, Nicolas Binet s’alarme de leurs effets délétères au moment de la crise sanitaire du Covid-19, lorsque des personnes de son entourage sombrent dans une forme de complotisme, happés par le flot de désinformation de certains médias. Ce sera le déclic. La création d’une fondation lui semble la meilleure façon de s’engager et d’aider chacun à reprendre le contrôle de son attention, à réduire sa dépendance aux écrans et à retrouver le goût de lire, réfléchir, se relier aux autres. Il formalise alors son projet avec la Fondation de France et se met en quête d’un nom. « J’ai opté pour la Fondation Sept Ans après la lecture d’une étude américaine en 2020 qui m’a appris que nous passions en moyenne 3 heures par jour sur nos écrans de téléphone portable, soit 7 années d’une vie d’adulte ».
La formule, aussi intrigante qu’impactante, répond au sujet traité ; elle permet aussi d’attirer un public désireux de s’engager pour cette cause. « Je disposais d’un peu d’argent mais cela ne suffisait pas. Mon modèle de financement repose aussi sur la collecte de dons. Cette démarche mérite d’être connue car elle lève un tabou, l’idée que la philanthropie serait essentiellement l’affaire de gens dotés d’un patrimoine. »
Grâce à la générosité de ses donateurs, la fondation accompagne aujourd’hui 40 associations autour de trois axes : le soin pour aider à sortir de l’addiction aux écrans, la création de liens pour retrouver le goût de l’autre, la prévention et l’éducation aux médias. La Fondation Sept Ans accompagne ainsi l’association Entre les lignes, qui rassemble 200 journalistes et organise des ateliers d’éducation à l’information dans les collèges et les lycées. Elle s’engage également aux côtés de LaReponse.tech qui a lancé Vera, une IA pour lutter contre la désinformation, ou encore de l’association Parcours Be Free qui propose un programme de sensibilisation des jeunes aux risques de l’hyperconnexion et des écrans. Les ambitions de Nicolas Binet à travers la fondation : « Redonner du sens à nos interactions, un socle indispensable pour retrouver la confiance en l’autre, et le goût de la fraternité. »
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