À Montbard, la création artistique fait territoire
À Montbard, en Côte-d'Or, la Maison des jeunes et de la culture (MJC) fait de la création artistique un véritable projet de territoire. Soutenue par la Fondation de France Centre-Est depuis 2024, elle développe une démarche reconnue parmi les premières « Scènes culturelles de proximité » du ministère de la Culture qui en fait aujourd'hui une référence pour d'autres MJC en France.
À Montbard, la culture s'écrit avec ses habitants. Dans cette ancienne ville ouvrière marquée par la métallurgie, où le déclin démographique et l'isolement fragilisent les liens sociaux, la MJC a choisi d’utiliser la création artistique pour faire face aux défis : « Les résidences artistiques sont nées d'un diagnostic social du territoire », explique Mikaela Assolent, directrice de la MJC. « L'idée est d'aller à la rencontre des habitants, de recueillir leurs récits et de créer avec eux. »
Réinventer le rôle d'une MJC
À rebours de l'image des MJC souvent associées aux seules activités de loisirs, la MJC de Montbard revendique une autre ambition : être un lieu où la création artistique se construit avec les habitants au plus près des réalités locales.
Les artistes accueillis en résidence ne viennent pas seulement produire une œuvre. Ils prennent le temps de s'immerger dans les mémoires locales, de sillonner les villages, d’intervenir dans les écoles, les EHPAD ou les résidences sociales, de rencontrer celles et ceux qui y vivent pour faire émerger avec eux une création collective.
C’est cette démarche qui lui a valu d'être retenue parmi les premières « Scènes culturelles de proximité », un dispositif du ministère de la Culture destiné à valoriser des lieux exemplaires en milieu rural. Cette reconnaissance dépasse largement le territoire de Montbard. Elle montre qu'une MJC peut devenir un véritable laboratoire artistique.

Une démarche co-construite avec les habitants
Les quatre “résidences artistiques de territoire” menées par la MJC Montbard illustrent bien cette philosophie.
Avec « Maisonner », l'artiste Marie Preston s'est intéressée au travail domestique des femmes, à la mémoire ouvrière et aux gestes du quotidien. Plus récemment, Cynthia Montier a exploré les fêtes populaires, les rites et les traditions locales. À partir d'archives et de nombreux échanges avec les habitants, elle réinterprète des pratiques anciennes pour leur donner un sens nouveau. Parmi les traditions revisitées, l’artiste a choisi les anciens « bouquets du 1er mai », autrefois utilisés pour porter un jugement public sur les jeunes filles. Lors d'un atelier, les habitants ont été invités à glisser dans des fagots un message ou une injonction dont ils souhaitaient se libérer, avant de les brûler collectivement.
« Ce qui nous intéresse, c'est de voir comment l'art peut redevenir un espace où l'on se rencontre, où l'on fait ensemble », résume Mikaela Assolent.
C'est cette démarche que la Fondation de France Centre-Est soutient depuis 2024 : « Sans la Fondation de France, il n'y aurait pas de projet. Son soutien accompagne et finance tout le travail de co-création avec les habitants. C'est le socle de la résidence », souligne Mikaela Assolent.
À Montbard, cette démarche montre que lorsque la création artistique se construit avec les habitants, elle devient bien plus qu'un projet culturel, elle est une manière de “faire territoire”.
Photos : Marie Preston
À LIRE AUSSI :