Alors que les milieux naturels ont subi d’importants dégâts suite au passage du cyclone Chido, l’association Lieux Infinis, en collaboration avec l’architecte Hugo Dardenne et le cabinet Encore Heureux Architectes, a imaginé un projet de scierie mobile à partir du bois tombé au sol. 3 questions à Nicola Delon, cofondateur de Encore Heureux Architectes.
En quoi consiste concrètement le projet de scierie mobile ?
La scierie est conçue pour se déplacer là où sont les gisements de bois. A partir des troncs tombés lors du passage du cyclone, nous produisons des planches, des bois de charpentes ou des éléments de menuiserie. L’objectif est de transformer rapidement le bois tombé avant qu’il ne devienne inexploitable. La ressource est immense car l’Office national des forêts estime qu’au moins un tiers des arbres de la forêt mahoraise ont été détruits.
Où en est aujourd’hui le projet ?
La scierie a été inaugurée à Coconi au début du mois de décembre et nous avons déjà de nombreuses commandes pour aller scier du bois et transformer cette ressource indispensable à la reconstruction et à la réparation de Mayotte. Nous souhaitons par ailleurs garantir une large accessibilité du bois transformé et nous proposons donc des tarifs abordables, notamment pour les particuliers et les agriculteurs.
En quoi le projet s’inscrit-il dans une vision à plus long terme ?
Si la scierie répond en premier lieu à l’urgence post-cyclone, notre objectif est également de structurer une filière bois durable à Mayotte au travers de l’ouverture d’un espace atelier dédié pour que professionnels et particuliers puissent venir y transformer du bois.
L’un des enjeux est aussi de trouver des alternatives à l’utilisation systématique du bois importé, de la tôle ou du béton pour les travaux de construction, et de s’appuyer sur les techniques mahoraises de construction en bois local, notamment pour les ossatures des maisons.
Sans l’accompagnement de la Fondation de France, qui a été la première à nous faire confiance, le projet n’aurait pas vu le jour. Son soutien nous a permis d’acheter le matériel, notamment la scierie mobile et les équipements, et de l’acheminer jusqu’à Mayotte. L’année 2026 sera décisive pour le déploiement de ce service à l’attention du territoire Mahorais.