Octobre Rose : de nouvelles pistes de recherche pour lutter contre le cancer du sein
Avec près de 60 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France, le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez les femmes et l’une des principales causes de décès par cancer. Grâce aux progrès de la recherche, le taux de mortalité due au cancer du sein a baissé de 40 % entre 1980 et 2020. Mais des défis majeurs restent à relever. La Fondation de France soutient les chercheurs pour mieux comprendre et combattre les résistances aux traitements.
Engagée depuis plus de 50 ans aux côtés des chercheurs et des patients, la Fondation de France poursuit son engagement à travers son programme Résistance aux traitements en cancérologie. En 2026, une quinzaine de projets de recherche ont ainsi pu être soutenus pour un montant total de 3 millions d’euros. Les axes de ce programme : mieux comprendre les processus à l’œuvre dans le développement du cancer et déjouer les mécanismes qui conduisent à l’échec des protocoles thérapeutiques. Parmi les projets de recherche soutenus cette année, deux concernent spécifiquement les cancers du sein.
Les bactéries présentes dans les tumeurs peuvent-elles influencer l’efficacité des traitements ?
À l’Institut Curie, à Paris, le chercheur postdoctoral Mehdi Liauzun s’intéresse à un acteur encore peu connu de l’environnement des cancers du sein : les bactéries qui vivent à l’intérieur même des tumeurs. Longtemps considérées comme absentes de ces dernières, elles pourraient pourtant jouer un rôle dans leur évolution. Le projet cherche à déterminer si ces bactéries sont de simples « passagères » ou si elles participent activement au fonctionnement des cancers. Pour cela, l’équipe travaillera notamment à partir d’échantillons de patientes et reproduira en laboratoire une partie de l’organisation et de l’environnement d’une tumeur. À terme, ces recherches pourraient contribuer à identifier de nouveaux marqueurs permettant de mieux prédire la réponse aux traitements et, éventuellement, à envisager des stratégies visant à modifier le microbiote tumoral pour rendre certains traitements plus efficaces. La Fondation de France soutient ce projet à hauteur de 248 500 euros sur 3 ans.
Pourquoi certaines tumeurs résistent-elles à la chimiothérapie ?
Au Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille (CRCM), Roman Marti Diaz étudie quant à lui les mécanismes responsables de la résistance à deux familles de chimiothérapies (les anthracyclines et les taxanes) couramment utilisées contre les cancers du sein. Malgré leur efficacité, environ un tiers des patientes traitées par ces chimiothérapies y répondent mal et présentent un risque accru de rechute. Aujourd’hui, les médecins disposent encore de peu d’outils pour anticiper cette résistance. Le chercheur s’intéresse à une protéine appelée FAN1, qui pourrait permettre aux cellules cancéreuses de mieux résister aux effets de la chimiothérapie. Son objectif est de comprendre précisément le rôle de cette protéine, de tester son implication dans des modèles expérimentaux et d’évaluer si elle pourrait devenir un marqueur permettant de prédire la réponse aux traitements. À terme, ces travaux pourraient aider à identifier plus rapidement les patientes susceptibles de résister aux chimiothérapies standards, afin d’adapter leur prise en charge et d’éviter des traitements inefficaces et leurs effets secondaires. La Fondation de France soutient ce projet à hauteur de 187 460 euros sur 2 ans.
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