Open Politics : former les citoyens à l’engagement politique
Créée en 2021 à Paris, l’association Open Politics propose des formations gratuites et apartisanes pour faire émerger une nouvelle génération de responsables politiques. Soutenue par la Fondation de France, elle a déjà accompagné près de 500 personnes.
S’engager en politique n’est pas chose aisée. Jasser Jebabli et Antoine Jochyms, cofondateurs d’Open Politics, en ont eux-mêmes fait l’expérience lors de leurs candidatures respectives à des élections nationales. Rapidement, ils constatent le manque de formations existantes pour comprendre les codes, les outils et les réalités du monde politique. « Les partis ont progressivement délaissé leur rôle de formation et d’accompagnement des militants », observe Antoine Jochyms.
Inspirés par des initiatives internationales, ils créent Open Politics pour pallier ce manque. Leur objectif : transmettre les fondamentaux de l’engagement politique et montrer qu’il existe de multiples façons de s’engager, comme candidat, militant ou membre d’une équipe de campagne.
Encourager et accompagner l’engagement politique
Pendant huit semaines, les participants suivent une formation intensive mêlant théorie, exercices pratiques et retours d’expérience, sur des sujets aussi variés que les stratégies de campagne, la communication politique, l’art du débat, le travail parlementaire ou le rôle d’un élu.
L’association s’appuie sur un réseau d’intervenants variés, comme les eurodéputés Raphaël Glucksmann et Nathalie Loiseau, la députée Sandrine Rousseau, le maire François Baroin, la présidente du Mouvement associatif Claire Thoury, ou encore le politologue et ancien directeur du CEVIPOF Pascal Perrineau.
Les formations sont gratuites et accessibles à tous quels que soient l’âge, le niveau d’engagement ou les opinions politiques. « Nous veillons à réunir des profils très variés : des personnes déjà engagées mais aussi d’autres éloignées de la politique, issues de sensibilités diverses. Cette pluralité est essentielle pour apprendre à débattre », souligne Antoine Jochyms.
Chaque promotion est composée d’une trentaine de participants, sélectionnés sur la base de leur motivation, de leur projet d’engagement et de leur capacité à dialoguer dans le respect des opinions divergentes. L’investissement est conséquent : les sessions de formation sont organisées le mercredi soir en visioconférence et le samedi en présentiel, et du travail personnel est à fournir entre chaque séance.
Rendre les formations accessibles au plus grand nombre
Au fil des années, l’association a enrichi son accompagnement par des formations avancées pour permettre aux anciens élèves et aux citoyens déjà engagés d’approfondir certains sujets, un programme « Elles » dédié à l’engagement des femmes en politique, et une formation « Territoires » pour accompagner 45 candidats qui se présentaient aux élections municipales dans toute la France.

Au-delà des sessions de formation, Open Politics anime un réseau d’anciens élèves à travers des rencontres régulières leur permettant d’échanger, de s’entraider et de poursuivre leur engagement.
Parmi les anciens participants figurent plusieurs élus locaux, comme Victor Bonnot, devenu à 30 ans à Saint-Brieuc l’un des plus jeunes maires d’une ville-préfecture en Bretagne, et Violaine Pierre, élue maire de Longueil-Sainte-Marie (Oise). Au total, 30 anciens élèves ont été élus maires, adjoints ou conseillers municipaux aux élections organisées en 2026.
Après avoir accompagné plusieurs promotions à Paris, l’association lance une nouvelle formation à Marseille, et souhaite étendre son accompagnement à d’autres grandes villes de France et à des sous-préfectures en zones rurales. Toujours dans l’objectif de toucher le plus grand nombre et de casser les barrières géographiques, des universités populaires en ligne ouvertes à tous sont organisées chaque mois, et une plateforme numérique de formation doit voir le jour prochainement.
« J’encourage toutes celles et ceux qui veulent changer les choses à s’engager en politique. Le secteur associatif et l’économie sociale et solidaire sont essentiels mais, au final, ce sont les élus qui prennent les décisions. Il est crucial que chacun prenne conscience de l’impact que peut avoir l’engagement politique », insiste Antoine Jochyms.