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Lutte contre les violences faites aux femmes : le rôle crucial de la philanthropie

femmes| 04 Mar.2021

En 2020, le nombre de féminicides a diminué de 38%*. Une tendance qui va dans le bon sens grâce à la montée en puissance de l’action politique mais aussi à l’engagement des associations qui jouent, sur le terrain, un rôle irremplaçable. Il n’en demeure pas moins que le chemin à parcourir pour éradiquer les violences contre les femmes reste long. Focus sur le rôle clé et l’action de la philanthropie sur ce sujet.

Une étape autant qu’un symbole. Ce 8 mars, la gynécologue Ghada Hatem, fondatrice de la Maison des Femmes de Saint-Denis, lancera le projet « Restart, soigner, partager » qui vise à répliquer cette expérience pionnière et unanimement saluée, dans toute la France, en Belgique, au Mexique et au Mali. Inaugurée en juin 2016 au sein de l’hôpital Delafontaine, cette structure médicale, dédiée aux femmes victimes de violences, a très tôt misé sur l’efficacité d’une prise en charge à 360°. Elle s’articule autour de trois unités : un parcours santé sexuelle, une unité de violences conjugales et familiales (intégrant la question de l’inceste) et une autre autour des mutilations sexuelles. Encadrées par une équipe de médecins, de sages-femmes, de psychologues, d’assistantes sociales… les femmes prises en charge bénéficient de soins, peuvent participer à des groupes de parole, des ateliers d’art thérapie ou de sport, pour se réapproprier leur corps et leur vie. Initiative récente et novatrice, une permanence juridique mais aussi policière permet aux femmes d’être conseillées par des avocats ou de déposer plainte au sein même de l’hôpital, alors que beaucoup n’oseraient jamais pousser la porte d’un commissariat.

L’audace et la prise de risques

Si elle bénéficie aujourd’hui du soutien des pouvoirs publics, la Maison des Femmes de Saint-Denis a pu compter sur l’aide de nombreuses fondations, partenaires de la première heure. Lorsqu’on interroge Ghada Hatem sur le rôle joué par la philanthropie dans cette aventure, la réponse est sans appel. « Sans son soutien, la Maison des Femmes de Saint-Denis n’existerait pas. Quand je suis allée voir mon ministère de tutelle en 2012 pour présenter le projet, on m’a répondu qu’il était formidable mais très (trop) singulier et donc difficile à faire entrer dans les cases. Si je n’avais pas eu la confiance de mes premiers mécènes, la Fondation de France, les Fondations Kering, Elle ou Raja, ce projet n’aurait pu voir le jour. »

« Sans la philanthropie, la Maison des Femmes de Saint-Denis n’existerait pas »

Ghada Hatem, fondatrice de la Maison des Femmes de Saint-Denis

Une audace, une prise de risque dont sait faire preuve la philanthropie, comme le dévoile l’initiative récente de la Fondation CHANEL. Née en 2011, cette fondation apporte son soutien à une centaine d’actions sur le terrain qui visent à améliorer la situation économique et sociale des femmes dans 35 pays, avec une conviction : pour sortir de la violence, il faut sortir de la vulnérabilité. « Nous privilégions les partenariats sur plusieurs années mais nous venons de lancer un programme pilote baptisé L’Échelle, pour apporter de manière ponctuelle un soutien opérationnel à de petites associations qui œuvrent en faveur des droits des femmes en France », explique Marion Schaeferresponsable du Programme Europe.

Une réactivité exceptionnelle durant la pandémie

Caractéristique de la philanthropie, cette agilité a été largement éprouvée ces derniers mois, avec une pandémie qui a décuplé la vulnérabilité des femmes victimes de violence.

Dès le premier confinement, la Fondation des femmes a lancé un fonds d’urgence. En quelques semaines, elle a réussi à lever près de deux millions d’euros. « Avec ces dons, nous avons pu distribuer des téléphones et des ordinateurs pour des assistantes sociales afin qu’elles maintiennent, en télétravail, le lien avec les femmes qu’elles suivaient, explique Anne-Cécile Mailfert, sa présidente. Nous avons aussi renforcé nos effectifs pour exfiltrer de leur domicile les femmes les plus en danger. En lien avec l’Union régionale Solidarité Femme Ile-de-France, nous avons hébergé 750 femmes et enfants, assurant l’achat de nourriture ou de vêtement si nécessaire ».

Une réactivité et une agilité dont a su faire preuve la Fondation L’Accompagnatrice, présidée par Pascale Rousseau-Dewambrechies et abritée à la Fondation de France. « Notre fondation œuvre pour donner accès à la culture aux plus démunis, qui en sont le plus souvent privés. Or, avec la Covid-19, plus de culture ! Nous avons donc décidé très vite d’apporter notre concours à la Fondation des Femmes et de cofinancer des projets ».

Tout aussi mobilisée, la Fondation Raja-Danièle Marcovici, pionnière en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, a débloqué des fonds pour recruter des écoutantes pour le 3919, ligne d’écoute nationale qui a connu une augmentation de 400 % du nombre de ces appels.

De l’urgence au temps long, évaluer et penser demain

Cette agilité n’empêche en rien la prise de recul, comme le rappelle Ghada Hatem : « Il est essentiel de pouvoir évaluer nos actions et leur impact, ce qui n’est pas toujours évident lorsqu’on est sur le terrain 24h/24 ». Une démarche partagée par Fondation de France, comme l’explique Lisa Poupaud, en charge du département Vulnérabilité et Inclusion : « Nous organisons régulièrement des groupes de travail. Par exemple, nous avons lancé une réflexion autour de la cause des femmes avec la Fondation de France Méditerranée. Et nous menons, au niveau national, une grande étude, avec l’ambition de créer une plateforme Interfondations pour coordonner l’action de toutes les fondations sur ces sujets et accroître leur efficacité. »  

Depuis 2020, la Fondation des Femmes décerne des prix aux associations qu’elle soutient. « Ces récompenses labellisent la qualité de la démarche, l’efficacité de certaines actions et leur potentiel pour l’avenir, explique Anne-Cécile Mailfert. Elles permettent aussi aux donateurs de savoir exactement où va leur argent. Enfin, son impact médiatique nous donne une occasion de faire entendre notre voix. »

Un rôle de lanceur d’alerte pour changer les mentalités

Une voix que la philanthropie porte également auprès des pouvoirs publics, rappelle Elisabeth Fournier qui a fondé l’association Paroles de Femmes à Gaillac dans le Tarn. « Très présents sur le terrain, nous avons mené la première étude sur la violence contre les femmes en milieu rural. Un travail qui a amené l’État à donner davantage de moyens aux structures qui agissent dans ce domaine. La philanthropie entretient un dialogue continu et précieux avec les pouvoirs publics, comme l’a récemment montré le Grenelle des femmes, qu’elle a largement initié. » Ces messages s’adressent aussi à la société civile toute entière, dans le but d’amplifier une prise de conscience déjà à l’œuvre. La Fondation Raja-Danièle Marcovici a monté un partenariat avec Arte pour la production de la série H24, 24 épisodes autour des violences faites aux femmes. Depuis janvier dernier, la Fondation Kering – très active dans la lutte contre les violences touchant toutes les cultures et les classes sociales – diffuse une série de 12 vidéos qui mettent en lumière le récit de femmes survivantes de violence et celui des professionnels qui les accompagnent ; témoignages poignants sur leur parcours et leur reconstruction. Depuis 2018, cette fondation a également décidé d’engager les plus jeunes dans la lutte, notamment les jeunes hommes via des programmes de prévention. Dans le même temps, la Fondation des Femmes a financé la campagne « Tu seras un homme mon fils », rappelant que la lutte contre la violence faite aux femmes est aussi l’affaire des hommes. Et surtout, qu’elle n’est pas une fatalité.

 

*Chiffres annoncés par le ministère de la Justice le 2 février dernier, 90 féminicides en 2020 contre 146 en 2019.


 
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