Santé des jeunes

Appel à projets

Santé des jeunes : soutenir les jeunes en souffrance psychique

Date limite de transmission des dossiers : 13 janvier 2021
Contact : santedesjeunes@fdf.org

Contexte

L’adolescence se caractérise par une période d’opportunités mais aussi de vulnérabilités particulières accrues par des inégalités économiques, sociales ou territoriales qui n’épargnent pas les jeunes. Ces vulnérabilités peuvent entrainer une détresse propice aux conduites à risque et à l’émergence de différents troubles psychiques, plus ou moins graves. En outre, les premiers symptômes des troubles psychiatriques chroniques surviennent souvent à l’adolescence ou à l’entrée dans la vie adulte. Le repérage précoce de ces différents troubles est un enjeu majeur car il est un facteur déterminant pour l’efficience de la prise en soins des patients et de leurs familles.

A ce contexte de fragilité propre à l’adolescence, s’ajoute l’impact de la COVID 19 sur la santé mentale des jeunes. Pour certains d’entre eux, le confinement et ses conséquences ont pu être un révélateur ou un accélérateur de grande souffrance psychologique : stress et angoisse liés à la peur de la contamination auxquels sont venus s’ajouter les tensions familiales, l’isolement social, la rupture de prise en charge et d’accès aux dispositifs de droits commun ou encore l’exacerbation du sentiment de solitude. Le retentissement psychosocial de cette crise est immense, et les jeunes risquent de payer un tribut particulièrement lourd à ses conséquences : décrochage scolaire, difficultés d’accès à l’emploi, aux formations…. Les décompensations et les passages à l’acte risquent d’en être accrus, comme l’atteste l’étude de simulations réalisée par l’Association Médicale Australienne qui prédit une hausse moyenne de 25% à 30% de suicide chez les jeunes alors que celui-ci est déjà à l’origine en France de 16% des décès des 15-25 ans et que les jeunes représentent un tiers des suicidants. Quant aux tentatives de suicide, elles touchent 11,4% des jeunes de 17 ans (Escapad, ODFT) et l’enquête I-Share publiée en mars 2020 révèle que 23 % des étudiants ont eu des pensées suicidaires dans l’année écoulée.

Alors que certaines données[1] évaluaient à plus de 30% les jeunes sujets à des compulsions alimentaires, les troubles des conduites alimentaires (TCA) ont été exacerbés par le confinement. En France, 600 000 jeunes en sont victimes ce qui en fait la 3ème maladie chronique de l’adolescence. L’anorexie est la maladie psychiatrique qui tue le plus avec 10% de décès parmi les patients. Dans ce contexte, l’accès aux soins est donc un enjeu majeur. Or la diminution brutale des capacités d’accueil des dispositifs ambulatoires due à l’épidémie a fortement perturbé la filière de soins provoquant une augmentation de 20 à 30% du recours à la ligne « Anorexie, Boulimie Info écoute ».

Si le confinement a entraîné une baisse des consommations de substances psychoactives pour un grand nombre de personnes, dont les jeunes (Etude TREND, OFDT), l’utilisation des écrans s’est amplifiée, comme le confirme une étude en ligne réalisée par Harris Interactive pour l'association Assurance Prévention/IRMES avant et après le confinement. Or l’usage excessif des nouvelles technologies (jeux vidéo, internet…) peut entraîner un comportement addictif chez les jeunes avec des conséquences sur leur santé physique et psychique, leur vie sociale et affective.

Enfin les premiers résultats d'une autre étude, E-COCCON, menée par le CHU de Toulouse indique que le confinement a pu développer chez certains jeunes âgés de 8 à 15 ans « des critères de stress post-traumatique ». Or, ce stress intense s’est ajouté pour certains à une enfance ou une adolescence marquée par des violences physiques ou psychologiques sur soi ou au sein des familles, par l’exil et les violences vécues au cours des parcours migratoires ou plus généralement par de brutales ruptures de vie. Le stress post-traumatique et des psycho-traumatismes durables qui hypothèquent le bon développement et l’épanouissement psychique des jeunes sont des facteurs importants à considérer dans l’accompagnement des jeunes les plus vulnérables.

Repérer, diagnostiquer et orienter rapidement vers des professionnels qualifiés ces jeunes qui le plus souvent n’expriment aucune demande spontanée, permet de prévenir des crises aux conséquences parfois dramatiques et d’accompagner des situations avant qu'elles ne s’aggravent. Intégrer des dispositifs de soins adaptés qui tiennent compte des besoins des jeunes et qui associent leurs proches dans le cadre d’une alliance avec les professionnels de soin, permet de renforcer l’adhésion des jeunes, de limiter les effets délétères de la maladie et de favoriser leur guérison et/ou leur autonomisation.

Depuis plusieurs années, la Fondation de France aide à mettre en œuvre les conditions d’une plus grande réactivité et d’une accroche thérapeutique plus efficace en direction des jeunes en souffrance psychique (TCA, addictions, risques suicidaires, premiers épisodes de crise psychotique, traumas…).

Elle souhaite en 2021 poursuivre son action, en intensifiant son soutien au repérage et à l’orientation précoces, à l’accès et au maintien dans les parcours de soins.  

 


[1] Données issues de l’article https://www.eatingdisorderhope.com

 

Objectifs

L’objectif de cet appel à projets est de financer des initiatives visant à :

  1. renforcer le repérage précoce des jeunes présentant des souffrances psychiques et/ou l’émergence de troubles psychiatriques par une approche globale ;
  2. faciliter l’accès ou l’adhésion aux parcours de soins[1] des jeunes par le développement de partenariats intersectoriels ;
  3. encourager l’autonomisation et la capacitation des jeunes par des démarches co-construites avec eux, et promouvoir les actions incluant leur entourage (parents, fratries, proches, …).
 


[1] Selon la définition de l’ARS, le parcours de soins s’entend comme « la trajectoire globale des patients et usagers dans leur territoire de santé (…). Il nécessite l’action coordonnée des acteurs de la prévention, du sanitaire, du médico-social et du social ».

Les objectifs de développement durable de votre projet

Tout porteur de projet désirant déposer un projet dans le cadre de l’un des programmes de la Fondation de France, se verra demander à quels ODD son projet contribue. Il est possible de choisir quatre objectifs, un obligatoire et trois facultatifs. Chaque candidat est encouragé à les hiérarchiser selon les spécificités de son projet.

> Voir les ODD
En savoir plus sur les ODD

Quelles sont les initiatives concernées ?

La Fondation de France souhaite soutenir des projets innovants qui visent notamment : 

  • le renforcement des compétences des professionnels :
    • les professionnels en lien avec les jeunes (amélioration des capacités de repérage, d’orientation vers les soins et de suivi),
    • les professionnels de santé (expérimentation de nouvelles approches, supervision, échange de pratiques…) ;
  • la création ou la consolidation de partenariats ou de réseaux :
    • le renforcement de la coordination des acteurs ,
    • La création ou consolidation de réseaux de soins dédiés aux TCA ou aux conduites suicidaires… ;
  • la création ou la consolidation d’équipes mobiles :
    • équipes mobiles mixtes, co-pilotées par des professionnels de l’éducation ou du social et une équipe de soin pour aller vers les jeunes les plus en difficulté,
    • équipes mobiles portées par des professionnels hospitaliers pour étendre et favoriser l’accès rapide aux soins ;
  • l’accompagnement et le suivi du parcours de soins :
    • accompagnement thérapeutique de jeunes inscrits dans un parcours de soin ,
    • aispositifs permettant de faciliter le parcours de soins et le suivi post-hospitalier des jeunes ;
  • le renforcement des capacités d’agir des adolescents et des jeunes dans le champ de la santé, de la prévention et du soin :
    • intégration des jeunes dans la construction des projets, développement des compétences psycho-sociales, mises en places d’actions menées par des pairs ;
  • le renforcement du rôle de l’entourage :
    • consultations familiales, développement de compétences psycho-sociales ;
  • soutenir la transition numérique :
    • développement de solutions permettant de faciliter le repérage, l’accès aux soins mais aussi le suivi clinique des patients.

Qui peut répondre ?

Les projets pourront être portés par :

  • les services hospitaliers publics ou privés à but non lucratif qui accueillent des jeunes,
  • les structures de soins publiques, ou les établissements de santé privés d’intérêt collectif (ESPIC), pour intervenir hors leurs murs ou à distance ;
  • les centres de soins en addictologie, les consultations jeunes consommateurs ;
  • les structures accueillant des jeunes en difficulté (missions locales, centres éducatifs fermés, maisons d’enfant à caractère sociale, maisons des adolescents, centres sociaux, PAEJ, établissements scolaires, etc.), à la condition impérative que ce soit en partenariat avec des structures de soins, pour développer des passerelles vers les soins ou des dispositifs de maintien dans les soins ;
  • les associations d’aide aux usagers et aux familles.

Je souhaite être alerté(e) des derniers appels à projets

Quels critères de sélection ?

Les projets seront analysés selon les critères suivants :  

  • la connaissance et la capacité d’identification des bénéficiaires ciblés et de leurs besoins ;
  • la dimension co-construite du projet avec ses futurs bénéficiaires ;
  • le contexte local, faisant clairement état des besoins identifiés mais aussi des ressources existantes pour les jeunes ;
  • la qualité et le degré de formalisation des partenariats proposés avec les structures de soins, notamment pour les projets visant à favoriser l’accès des jeunes aux soins ;
  • la faisabilité du projet (file active, capacité d'accueil, temps nécessaire aux ressources humaines pour développer l’action) ;
  • la qualité de mise en œuvre d’une évaluation de l’impact des actions sur les jeunes ;
  • les cofinancements et gages de pérennité du projet ;
  • la dimension éco-responsable du projet (location plutôt qu’achat de véhicule - hybride de préférence, …).

En cas de projets de qualité égale, les projets ciblant des publics en situation de vulnérabilité socio-économique seront privilégiés. 

Les critères d’irrecevabilité

  • les charges récurrentes ou activités habituelles des structures ;
  • l’organisation de manifestations ou autres actions ponctuelles ;
  • les actions de prévention, sensibilisation ou information généralistes ;
  • les projets visant les jeunes en général, et pas spécifiquement les jeunes en souffrance psychique ;
  • les projets d’accès aux soins n’étant pas mis en œuvre en partenariat avec une structure de soins ;
  • les projets présentés par des prestataires extérieurs et non par les interlocuteurs directs et habituels des familles ou des jeunes (par exemple, un projet de formation doit être porté par la structure formée et non par le prestataire) ;
  • les initiatives déjà réalisées ;
  • le financement du remplacement des personnes en formation, ou des salaires des personnels pendant la formation ;
  • les projets de formation sans dynamique d’équipe (formations isolées).

Tout dossier incomplet, manuscrit, ou adressé hors délais, sera refusé.
Les porteurs de projets doivent impérativement justifier d’un minimum de 2 ans d’expérience auprès du public concerné et d’une implantation du projet sur le territoire national : métropole et DROM-COM. 
Les structures bénéficiant déjà d’un financement de la Fondation de France sur ce programme au-delà de 2021 ne peuvent pas déposer de demande en 2021. 

Quelles modalités de soutien ?

Durée : de un à trois ans selon les besoins. Néanmoins, les projets pluriannuels sont encouragés. 
Budget : quoique prioritairement affectée à la mise en œuvre des actions visant directement les bénéficiaires ciblés, la subvention attribuée pourra néanmoins financer les frais de fonctionnement liés au démarrage de l’action. 
Pour les créations d’équipes mobiles, le budget proposé doit être pluriannuel et cofinancé, afin de vérifier l’ins­cription de l’action dans la durée. 

 

Comment répondre ?

L’appel à projets Santé des Jeunes est ouvert du 8 octobre 2020 au 13 janvier 2021.

Attention, les candidatures s’effectuent exclusivement en ligne avant le 13 janvier 2021 avant 17h.

Tout dossier adressé par voie postale ou par courriel sera refusé.

Les décisions seront uniquement communiquées par voie postale ou électronique.

 

La présélection

Cette phase permet de vérifier l’éligibilité de votre projet. Toutes les candidatures transmises avant le 13 janvier 2021, avant 17h, seront étudiées par le Comité du programme Santé des Jeunes. Seuls les projets présélectionnés à l’issue de cette phase feront l’objet d’une instruction par la Fondation de France.

L’examen en comité ou jury

Seuls les projets ayant fait l’objet d’une instruction par la Fondation de France seront examinés par le comité d’experts au mois de juillet 2021.

Pour toute question, vous pouvez écrire à santedesjeunes@fdf.org ou appeler le
01 44 21 31 44.

Le comité d’experts

Le comité d’experts qui évaluera les projets est composé de spécialistes et/ou acteurs de la santé des jeunes. 

Présidente

Mme Christine FERRON
Déléguée Générale de la FNES - Fédération nationale d’éducation et de promotion à la santé

Membres

Dr Alain FUSEAU
Pédopsychiatre, médecin chef du pôle psychiatrie du Groupe hospitalier du Havre - Praticien hospitalier, responsable médical de l'unité d'hospitalisation pour adolescents Equinoxe

Mme Dominique LANTIEZ
Proviseur des Lycées Edmond LABBE de Douai

Dr Pauline LEFEBVRE
Pédopsychiatre, praticienne hospitalière et médecin responsable de la Maison des Adolescents CASITA, à l’Hôpital Avicenne de Bobigny

M. Eric LE GRAND
Sociologue, professeur affilié sur les questions de jeunesse à l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP)

Mme Emmanuelle LEPINE
Psychologue, directrice clinique au sein de cabinets spécialisés dans la prévention des risques psycho sociaux

Dr Charles-Edouard NOTREDAME
Pédopsychiatre et chef de clinique universitaire au sein du CHRU de Lille

Mme Morgane SOULIER
Conférencière sur les questions de santé connectée, fondatrice de l’application de santé « Feeleat »

Dr Aurélien VARNOUX
Pédopsychiatre au CMP de l’hôpital Robert BALLANGER d’Aulnay s/Bois
Conseiller technique DIR IDF de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ)

 

 

Calendrier de l’appel à projets 2019

Dépôt des projets : du 8 octobre 2020 au 13 janvier 2021

Présélection des projets : février 2021

Décision communiquée par courrier : courant juillet 2021