Association 432A à Briançon qui lutte contre la déscolarisation des jeunes

Portrait de fondation

Portrait de fondation : Financière de l’Échiquier

« Pour faire grandir »

Avec les revenus de leur société de gestion, ils auraient pu « accumuler des œuvres d’art ». Ils ont préféré agir solidairement, en faveur de personnes en difficulté sociale et professionnelle . Comment une entreprise bâtie autour d’un noyau familial et une fondation active peuvent puiser aux mêmes valeurs.

En 1991 Christian Gueugnier et Didier Le Menestrel fondent Financière de l’Échiquier, une société de gestion à capitaux privés. Ils sont bientôt rejoints par Bénédicte Gueugnier, épouse du premier et sœur du second. Leur méthode procède de leurs valeurs communes : préférer la rencontre humaine à la lecture des fluctuations sur écran, et investir par confiance, jamais par panurgisme. Ce credo les fera décoller en 2000, lors de l’explosion de la bulle Internet : ayant peu investi dans les Nouvelles Technologies - qu’ils cernaient mal - ils sortent debout du krach. Aujourd’hui, Financière de l’Échiquier compte 85 collaborateurs qui possèdent 45% de son capital. « Les valeurs de partage sont très ancrées en nous », dit Bénédicte Gueugnier. « Elles s’étaient d’abord exprimées par des dons philanthropiques. Désormais, nous avions la sérénité et les moyens nécessaires pour forger un outil qui nous contraindrait à nous positionner et à agir

Des interventions de terrain

En 2004, Stéphane Toullieux, le DG, propose l’idée d’une fondation. Le placement sous égide de la Fondation de France, outre la notoriété et le label de qualité de celle-ci, permet à la structure de s’alléger des contingences pour se consacrer à l’aide aux publics en difficulté, sociale ou professionnelle. Les interventions se font par principe au plus près du terrain. Bénédicte Gueugnier, directrice de la Fondation Financière de l’Échiquier, illustre ce choix : « Si une association de jardins solidaires a besoin d’un tracteur, nous l’aidons. Si elle entend embellir son siège social, nous disons non. » Outre la motivation, le sérieux et l’impact exigés en général des porteurs ou des projets, la fondation attend une autre qualité : l’enthousiasme communicatif. « Donner envie est fondamental pour tisser un lien fructueux. La relation ne s’arrête pas à l’échange d’un dossier et d’un chèque. »

Une fondation liée à l’entreprise

Aujourd’hui, de la formation d’aides-soignantes à cette bergerie du Vaucluse où des personnes dépendantes retrouvent le goût de vivre, les 25 initiatives soutenues annuellement reçoivent en moyenne 15 000 à 30 000 euros. Le budget de la Fondation, 500 000 euros par an, est assuré par un fonds que gère Financière de l’Échiquier. Une façon de lier encore les deux entités. Comme l’est la possibilité offerte au personnel de l’entreprise de solliciter la fondation si une cause lui tient à coeur. Comme la présence de la fondation sur les présentations PowerPoint montrées aux prospects de la Financière de l’Échiquier. Ou comme le rôle de parrains joué par certains collaborateurs auprès des jeunes boursières résidant à la Maison Échiquier . Bénédicte Gueugnier conclut : « Avec cette fondation, nous voulions faire grandir d’autres personnes. Au bout du compte, c’est elle qui nous a aidé à grandir. »