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Fondations abritées

Portrait de fondation : Fédération Française du Bâtiment

Un coup de pouce aux oubliés du travail

Quand le bâtiment va, tout va ? Oui, si ses actifs retroussent aussi leurs manches pour faciliter la remise en selle des sans-emploi. Lancée par la Fédération Française du Bâtiment, cette fondation sous égide de la Fondation de France cible l’éducation, la formation, l’insertion – jouant le grand nombre et le suivi.

Aider les laissés pour compte du travail à se réinscrire dans la vie active : c’est le but limpide et ambitieux de la Fondation de la FFB, la Fédération Française du Bâtiment. Lancée en 2005, cette jeune structure repose sur des assises séculaires, puisque la généalogie de la FFB remonte à 1904. Pourquoi cette initiative ? « Notre Fédération aime bien montrer l’exemple », répond avec un sourire Gérard Laurent, exmembre du Comité exécutif de la FFB et président de la Fondation. « Plus sérieusement, et sans même évoquer le compagnonnage, les métiers du bâtiment reposent sur les valeurs d’entraide et de transmission des savoirs. Avec 57 000 adhérents – dont 42000 artisans – la FFB regroupe les deux tiers du chiffre d’affaires et des effectifs salariés de la profession. Nous avions donc tout pour faire profiter de ce levier économique les personnes en déshérence sociale, en mettant l’accent sur l’éducation et la formation. Le passage à l’acte s’est fait très rapidement ».

Chef de chantier

Aujourd’hui, la Fondation a plusieurs cordes à son arc. Chaque année, outre environ 50 000 € de dons, elle bénéficie de 400000 € accordés par la FFB. Ses instances centrales (un comité consultatif où la profession est bien représentée et un comité exécutif où elle se trouve délibérément minoritaire) ont un fort ancrage local. La Fondation s’appuie sur le maillage serré de sa Fédération-mère, avec des « pilotes » oeuvrant au plus près du terrain pour repérer, suivre et accompagner les projets jusqu’à leur achèvement. Elle compte, parmi ses relais, les Groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification et l’École supérieure des jeunes dirigeants du bâtiment : chaque promotion de cette institution, créée par la FBB mais indépendante, doit présenter à la Fondation un projet collectif, intégré au cursus de formation et correspondant à ses critères : « Nous finançons, ils conduisent et s’imprègnent ainsi de nos valeurs », explique Gérard Laurent. Odette Repellin, membre de la Commission technique de la Fondation, ajoute : « Nous ne proposons pas à nos interlocuteurs des thématiques délibérées. À partir du moment où un projet concerne l’aide à l’emploi, il est éligible ».

Formation et terrain

Avec une aide plafonnée à 15 000 € par projet, la Fondation FFB a choisi de jouer le nombre. Ses interventions ciblent l’amont du problème – la lutte contre l’illettrisme et la formation à l’informatique sont deux postes qu’elle couvre particulièrement – même si les interventions plus concrètes, telle la fourniture de scooters pour assurer une mobilité professionnelle, ne sont pas ignorées. De 2006 à 2010, elle a épaulé 176 dossiers dans 71 départements du territoire national, et donné un coup de pouce décisif à plus de 8000 personnes.

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