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Après les attentats du 13 novembre 2015 : conjuguer urgence et prévention

Après les attentats du 13 novembre 2015 : conjuguer urgence et prévention

Le 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, de tragiques attentats ont fait 130 morts et des centaines de blessés. Grâce à l’élan de solidarité et de générosité qui s’est manifesté, la Fondation de France a lancé le programme « Ensemble face au terrorisme ». Ses objectifs : répondre aux besoins des victimes et des proches des disparus, et prévenir la radicalisation.

Chiffres clés - Attentats de Paris et Saint-Denis

1 561 284 € collectés
Aide aux victimes : 1000 personnes aidées, 40% des aides et financements réalisés
Prévention de la radicalisation : 1800 jeunes sensibilisés, 60% des aides et financements réalisés

L’aide aux victimes des attentats

Aussitôt après les attentats, la Fondation de France s’est mobilisée pour aider les personnes touchées,  parer aux situations les plus urgentes, mais aussi accompagner les victimes dans leur processus de reconstruction, à plus long terme.

Une aide directe aux victimes

Depuis le 1er janvier 2016, la Fondation de France a répondu aux besoins immédiats de 130 victimes, grâce à un partenariat avec le réseau France Victimes qui centralise toutes les demandes reçues par les associations d’aide aux victimes. Le montant moyen des aides versées s’élève à 2 479 €.

Suite aux attentats, le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme a dû faire face à un nombre de dossiers à traiter sans précédent. La Fondation de France a donc été amenée à soutenir des personnes en situation de détresse, qui étaient en attente d’indemnisation.

La Fondation de France a aussi aidé des personnes directement exposées aux attentats mais qui n’ont pas été reconnues officiellement comme victimes : c’est le cas par exemple des témoins des attentats, des aidants (anonymes, voisins ou professionnels) qui sont intervenus pour secourir les victimes.

C’est aussi le cas des habitants de Saint-Denis, qui ont subi l’intervention du Raid dans leur immeuble, et dont le logement a été détruit puis placé sous séquestre. Ils n’ont pas pu prétendre à l’indemnisation du fonds de garantie, ni au titre de la dégradation de leurs biens, ni au titre de leur traumatisme, ni au titre de leurs blessures physiques pour certains. La Fondation de France a mobilisé une enveloppe de 200 000 € pour leur venir en aide sur le long terme.

Ces aides individuelles et ponctuelles n’avaient pas vocation à compenser le préjudice subi, mais à contribuer à la reconstruction de chacun en fonction de ses besoins prioritaires. Compte tenu de la diversité des situations rencontrées, les demandes d’aide ont été traitées au cas par cas.

Un soutien aux établissements touchés

Un fonds d’appui spécifique aux restaurants et bars touchés lors des attentats a été constitué : participation pour les travaux de reconstruction, installation de plaques commémoratives, prise en charge de soutien psychologique pour les salariés.

Besoins couverts par les aides financières directes

Un accompagnement dans la durée

Soutien psychologique, assistance juridique, réinsertion dans la vie sociale… les besoins des personnes touchées par un attentat ne se manifestent pas toujours juste après l’attaque. Il leur faut parfois du temps pour reconnaître et admettre le traumatisme psychologique, a fortiori pour celles qui sont indemnes physiquement. Quant aux démarches administratives et judiciaires, elles peuvent durer plusieurs années. L’accompagnement des victimes doit donc s’inscrire dans la durée. C’est pourquoi la Fondation de France a contribué à structurer les dispositifs d’aide aux victimes, qu’il s’agisse de renforcer les capacités d’accueil des associations existantes ou d’aider de nouvelles associations à se créer, à l’image de Life for Paris et de 13onze15. Elle s’est engagée à les soutenir pendant trois ans. 

13onze15 et Life for Paris : deux associations créées par et pour les victimes du 13 novembre

13onze15: fraternité et vérité
Savoir et comprendre

Pour l’association 13onze15, il est essentiel de faire émerger toute la vérité sur les attentats du 13 novembre 2015. Elle a collaboré activement à la mise en place de l’amendement de la réforme pénale permettant aux associations de victimes d’attentats d’être dispensées du délai légal pour se porter partie civile. 13onze15 s’est très vite portée partie civile et représente les victimes et leurs proches devant la justice. En parallèle, elle lutte contre le terrorisme et la radicalisation à travers différents réseaux internationaux et contribue aux commémorations et au travail mémoriel.

Life for Paris
Agir pour rompre l’isolement

L’association Life for Paris a été constituée dans les jours qui ont suivi l’attentat du 13 novembre 2015. Elle apporte son soutien aux victimes de ces attaques en leur prodiguant des conseils et une aide personnalisée tout au long de leur parcours de réparation. Elle organise des évènements afin de rompre l’isolement des victimes et de créer des liens de solidarité entre elles. Elle contribue à l’amélioration de leur prise en charge en relayant leurs attentes auprès des instances dédiées. Enfin, elle les représente auprès des tribunaux.

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Life for Paris : pour que la vie continue

Découvrez l'interview de Caroline Langlade, ancienne présidente de « Life For Paris », une association pour « réparer les vivants » qui s’est créé juste après les attaques terroristes du 13 novembre 2015 à Paris.

Permettre à l'art d'avoir le dernier mot

Depuis 2010, l’artiste plasticien Olivier Terral développe des créations-empreintes ayant vocation à laisser une trace multidimensionnelle. D’abord dédiée aux malades hospitalisés, cette approche artistique a trouvé une résonnance auprès des victimes marquées à jamais par la violence de l’attentat. Avec le soutien de la Fondation de France et de l’association Life for Paris, Olivier Terral a coordonné la production d’une œuvre collective réalisée progressivement, au gré des rencontres. Cela a permis de fédérer toute une communauté, victimes et non victimes, pour construire un message collectif et positif, pour démontrer que les personnes blessées continuent à vivre et à construire ensemble, sans renier ce qui les a marqués à vie. L’œuvre invite chacun à se questionner sur l’empreinte laissée par l’attentat, afin que l’art ait le dernier mot sur la barbarie.

Agir pour demain en prévenant la radicalisation

À ce jour, l’ensemble des fonds collectés à la suite des attentats de Paris et Saint-Denis ont été engagés. La Fondation de France a initié plusieurs projets visant à prévenir la radicalisation. Elle a décidé de poursuivre son action en intégrant ce type de projets à son programme Éducation.

Développer l’esprit critique des collégiens

Comment prévenir la radicalisation ? Pour les experts, une grande partie de l’endoctrinement s’effectue chez les 11-15 ans, l’âge des années collège, de la découverte d’Internet et des réseaux sociaux. Une période où se combinent fragilité et curiosité, propices aux discours radicaux.

L’objectif des actions de prévention : développer l’esprit critique des jeunes face aux médias et aux raccourcis véhiculés par les réseaux sociaux. Les adolescents doivent pouvoir prendre du recul, apprendre à vérifier leurs sources d’information, à réfléchir à leur rapport au numérique. L’une des priorités : la déconstruction des « théories du complot » et la production de messages positifs.

La Fondation de France soutient :

  • des projets qui mobilisent des collégiens, avec l’implication d’équipes éducatives ;
  • des projets qui apportent aux enseignants des supports pédagogiques innovants pour développer l’esprit critique des élèves, et mieux décrypter et utiliser les supports numériques.

Entre les lignes : faire la part entre le vrai et  le faux de l’info

Parmi les projets de prévention de la radicalisation soutenus par la Fondation de France, Entre les lignes fait figure de précurseur. Créée en 2010 par Sandra Laffont, journaliste à l’Agence France-Presse (AFP), cette association sensibilise les jeunes à l’importance des sources d’information. 

« L’attentat contre Charlie Hebdo a constitué un basculement dans l’esprit des journalistes, se souvient-elle. Depuis, beaucoup ont envie de transmettre leurs valeurs, celles de la liberté de la presse et de la liberté d’expression. Former des lecteurs, auditeurs, internautes exigeants s’est imposé comme une nécessité. » Avec un réseau d’une cinquantaine de journalistes bénévoles de l’AFP, rejoints par une cinquantaine de journalistes du Monde, l’association intervient aujourd’hui dans des collèges et lycées autour d’ateliers consacrés à la caricature, à l’interprétation des images ou au pluralisme de l’information. Montage et fake news sont également au programme. « En atelier, je leur fais comparer les journaux de TF1, France 2, Europe 1 et RFI, pour qu’ils cernent les choix de sujets, la hiérarchie de l’information et les modes de traitement. »  Lors de ces interventions, des contre-vérités rejaillissent régulièrement, et constituent l’occasion de contextualiser avec l’aide des professeurs. « L’esprit critique et la lutte contre les théories du complot, en filigrane de tous nos ateliers, constituent deux vecteurs puissants pour éviter le repli sur soi et la radicalisation. »

Interview

Marc Hecker, expert du terrorisme, chercheur à l’Institut français des relations internationales et membre du comité dédié à la prévention de la radicalisation de la Fondation de France.

 

Quel est votre rôle au sein du comité Ensemble face au terrorisme ?

J’apporte mon expertise sur les processus de radicalisation que j’étudie depuis plusieurs années. Nous avons déjà organisé deux réunions, l’une pour sélectionner les projets, l’autre pour étudier les premiers résultats obtenus. C’est un espace d’échanges et de discussions où chacun apporte son regard sur ce sujet sensible.

Lire l'interview

Merci !

À l’ensemble des donateurs – particuliers, entreprises, artistes… – qui nous fait confiance à travers le monde. Leur geste a été déterminant pour aider les victimes et leur famille, et pour agir préventivement contre la radicalisation.

Aux experts bénévoles engagés à nos côtés, et dont la réactivité nous a permis d’aider les victimes dans des délais très brefs.

 À télécharger

Le bilan des deux ans


 

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