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Habitat partagé : le logement au service du lien social

3 février 2026

Vieillissement de la population, augmentation du nombre de personnes en situation d’isolement et de vulnérabilité, crise du logement… Pour répondre à ces différents enjeux, l’habitat partagé présente de nombreux atouts. La Fondation de France et plusieurs fondations abritées se mobilisent pour accompagner des initiatives qui proposent une autre forme de vivre-ensemble.

En 2025, en France, 11 % des personnes se trouvent en situation d’isolement relationnel, sans aucun réseau de sociabilité*. Cet isolement touche plus fortement les personnes les plus vulnérables : personnes âgées, en situation de handicap ou de précarité… Pour recréer du lien, les habitats partagés apparaissent comme une solution particulièrement pertinente. Ces logements d’un nouveau genre combinent espaces privatifs et communs pour permettre à des personnes aux situations et profils variés de partager un toit et de rompre leur solitude.

« Qu’il s’agisse d’habitats intergénérationnels, de logements réunissant des personnes en situation de handicap et des personnes valides ou de lieux accueillant des personnes en situation de précarité, ces initiatives apportent des réponses à de nombreux enjeux : lutte contre l’isolement, inclusion sociale, revitalisation territoriale, pouvoir d’agir des habitants… Cette transversalité explique l’intérêt croissant de nombreuses fondations abritées pour les projets d’habitat partagé », précise Patrice Cieutat, responsable de fondations à ancrage territorial à la Fondation de France.

Depuis plus de 20 ans, la Fondation de France agit pour faire du logement un levier en faveur de l’inclusion sociale, des territoires et de l’environnement. En 2012, elle a soutenu l’association Habitat et Humanisme Rhône qui propose à Lyon des solutions d’habitat partagé pour les jeunes actifs, les personnes en situation de handicap et les seniors notamment. Autre projet soutenu dès 2018 : la construction d’un habitat partagé intergénérationnel, solidaire et écologique dans la Drôme par l’association Ecoravie. Dans la continuité, elle a lancé en 2021 l’expérimentation « Habitats partagés et solidaires » pour soutenir davantage de projets de ce type sur différents territoires.

L’habitat partagé est une solution très pertinente pour accompagner les personnes en situation de vulnérabilité, mais pas uniquement : il s'adresse également à la société tout entière en apportant des réponses à plusieurs grands enjeux contemporains. La transition écologique par exemple : grâce à la mutualisation des espaces et des équipements qu'il permet, il se présente comme un mode d'habitation d'avenir, plus sobre et durable. »

Moncef Labidi, ancien membre du comité inter-programmes « Habitats Partagés et Solidaires »

Rompre l’isolement et recréer du lien social

L’un des apports majeurs de l’habitat partagé est de lutter contre l’isolement relationnel. Si la mixité sociale, privilégiée par ces dispositifs, permet une richesse des échanges, elle nécessite aussi d’être organisée pour que chacun puisse trouver sa place parmi les autres. L’intégration des résidents peut commencer en amont avec des temps d’échanges, des « périodes d’essai » et même des logements de transition pour expérimenter progressivement la vie collective. Des règles co-construites avec les résidents contribuent au vivre-ensemble, ainsi que la présence d’un salarié ou d’une équipe de bénévoles pour animer le quotidien.

Soutenue par la Fondation de France et la Fondation Castorama, l’association L’Esperluette favorise l’inclusion des personnes en situation de handicap. Elle a lancé à Toulouse « Envol’Toit », un projet d’habitat partagé pour accueillir dans dix logements sociaux adaptés des personnes avec et sans handicap, de différentes générations, aux parcours de vie et aux situations socioéconomiques variés.

La fondation soutient également le projet d’habitat intergénérationnel de l’association Cohabilis, qui permet à des seniors d’accueillir au sein de leur domicile des jeunes de moins de 30 ans en échange d’une présence bienveillante ou d’une contrepartie financière modeste. « Les projets d’habitat partagé reposent sur une véritable dynamique de transmission, d’intégration et de mixité sociale. Ils s’appuient sur la conviction qu’on s’apporte tous quelque chose les uns les autres. Cette idée est très importante pour nous. En 2027, la mixité sera d’ailleurs au centre des projets que nous soutiendrons », précise Fanny Rochart, déléguée générale de la Fondation Castorama.

L'association Cohabilis, soutenue par la Fondation Castorama, met en place des colocations entre seniors et jeunes de moins de 30 ans. © Jos.LH - Cohabilis

Répondre à des besoins spécifiques

Certains projets d’habitat partagé peuvent constituer une alternative entre domicile ordinaire et établissements médico-sociaux pour accompagner des personnes aux besoins spécifiques. Dans le village de Thomery par exemple, la Maison des Cultures, soutenue par la Fondation de France et les Fondations Périal et Mind Switchers, accueille au sein d’une grande maison dix personnes âgées ayant des troubles cognitifs, avec un accompagnement individualisé. Deux chambres situées au rez-de-chaussée ont été spécialement aménagées pour des personnes à mobilité réduite. Toutes les chambres sont louées vides afin que les résidents puissent les aménager à leur convenance et se sentir vraiment chez eux. L’association va également ouvrir cette année à Thomery une colocation pour huit jeunes adultes en situation de handicap.

Le projet Les Colibris, porté par l’association Amélie La Vie et soutenu par la Fondation MMA Solidarité, accueille quant à lui des personnes ayant subi des lésions cérébrales. Le lieu dispose d’équipements domotiques innovants : des miroirs connectés permettent de donner des informations sur le suivi de la journée et de tout contrôler de manière simple.

« L’habitat partagé constitue un axe important de l’action de la fondation. Ces projets couvrent toutes les régions et offrent aux résidents un cadre de vie plus autonome, au plus près d’une vie ordinaire. Ils peuvent ainsi devenir un véritable tremplin vers un retour à un habitat standard », assure Béatrice Villedieu, chargée de gestion administrative et technique à la Fondation MMA Solidarité.

Soutenu par la Fondation Henri Baboin-Jaubert / Générations solidaires, le projet Solidair’Aidants répond aux besoins liés à la perte d’autonomie de personnes âgées vivant en milieu rural. Cette colocation innovante permet aux seniors d’être accompagnés 24h sur 24 par une équipe de professionnels, entourée par les aidants des familles mais aussi des bénévoles. Pensée par un collectif d’aidants, la maison de plain-pied adaptée à des personnes en situation de handicap, située à Duerne, accueille huit seniors dans des chambres individuelles. Laurent Repelin, président de la fondation, l’assure : « L’habitat partagé est bénéfi que pour la santé psychique de nos aînés, pour respecter leur volonté d’indépendance et pour continuer à leur donner une place dans la société. »

Un ancrage territorial fort

La réussite des projets d’habitat partagé repose également sur leur ancrage territorial. En proposant des activités et des espaces ouverts aux habitants du quartier, ces initiatives favorisent la rencontre, l’inclusion et le changement de regard sur les publics accueillis. Et souvent, ils contribuent à redynamiser le tissu économique local.

Soutenu par la Fondation de France, le Village de François rassemble dans l’ancienne abbaye Sainte-Marie du Désert, à proximité de Toulouse, des personnes en situation de fragilité, des familles, de jeunes actifs ou encore des retraités. Grâce au développement d’activités économiques au cœur du Village, notamment l’ouverture d’une épicerie accueillant un relais-colis, le projet crée du lien entre les résidents et l’extérieur. En offrant des débouchés aux producteurs locaux, il favorise la redynamisation économique du canton.

Valoriser le patrimoine architectural local est un autre moyen d’ancrer durablement un projet d’habitat partagé dans un territoire. L’association la Houlette, par exemple, soutenue par la Fondation Castorama, prévoit de réhabiliter l’ancienne Maison des Sœurs de la Charité à Bègles afin d’y accueillir des personnes vivant avec un handicap mental. Le bâtiment accueillera une salle polyvalente ouverte sur le quartier, des bureaux et des salles d’activités dédiés à la vie associative.

*Étude Solitudes 2025 de la Fondation de France

Le collectif Lien social agit pour développer les solidarités et le dialogue afin de renforcer la cohésion sociale. Initié en 2024 par la Fondation de France, il réunit des représentants de fondations abritées, des acteurs associatifs ainsi que des experts sociologues et universitaires. Le collectif soutient des initiatives pour répondre à 2 objectifs prioritaires :

1. Permettre à chacune et chacun de trouver et prendre sa place au sein de la société, en accompagnant les plus vulnérables notamment confrontés à des ruptures de parcours et à des situations d’isolement.

2. Nourrir la capacité à vivre, faire et décider ensemble, en promouvant le dialogue, l’engagement citoyen, l’accès à une information fiable et la préservation de la démocratie et de la vie associative.