L’École de la générosité : encourager les actions solidaires et collectives chez les jeunes
Depuis 2011, l’École de la générosité (anciennement École de la philanthropie) a pour mission de favoriser l’engagement solidaire auprès des jeunes publics. Longtemps portée par la Fondation de France, l’initiative est accompagnée depuis 2024 par France générosités. Rencontre avec Chloé Laudereau, sa déléguée générale.
Quelle est la mission de l’École de la générosité ?
L’École de la générosité est une association qui a pour but de sensibiliser les enfants du CP au CM2 à l’empathie, l’altruisme et la citoyenneté active à travers la réalisation d’un projet solidaire mené en classe. Pour cela, nous proposons un outil pédagogique clef en main, à destination des enseignants, qui s’inscrit dans le cadre du programme d’Education Civique et Morale. L’objectif : encourager le pouvoir d’agir des enfants en leur donnant l’occasion, aux côtés d’acteurs associatifs locaux, de vivre une première expérience de solidarité et d’engagement qui soit un marqueur joyeux de leurs premiers pas de citoyen.
En quoi consiste concrètement ce programme ?
Nous mettons à disposition des enseignants du CP au CM2 des ressources pédagogiques qui permettent d’aborder 6 grandes causes d’intérêt général : accès aux soins et à la santé, à l’éducation, à l’art et à la culture, préservation de la biodiversité, respect des droits humains et lutte contre l’exclusion et la pauvreté. Un premier travail est mené auprès des enfants sur les compétences psychosociales comme l’empathie, le partage, la coopération. On propose des activités où les élèves apprennent à se mettre à la place de l’autre, à lire les émotions des camarades et à mieux les comprendre pour pouvoir y apporter des réponses adaptées.
Chaque classe choisit ensuite la cause qui lui tient à cœur, puis rencontre une association locale qui agit sur cette problématique afin qu’ils construisent ensemble un projet solidaire. Il peut s’agir d’opérations de collectes, de rencontres avec des personnes isolées ou en situation de handicap, ou encore d’actions de sensibilisation (organisation d’événements, créations d’affiches, etc…). L’École de la générosité se veut une passerelle entre le monde de l’éducation et celui des associations.
Depuis 2024, L’École de la générosité est accompagnée par France générosités. Qu’est-ce que cela a changé ?
Notre ADN reste le même : faire naître chez les enfants le goût et le pouvoir d’agir. Le rapprochement avec France générosités donne un nouvel élan à la démarche en impulsant son essaimage pour que davantage d’enfants et d’enseignants puissent vivre cette expérience.
De manière concrète, France générosités nous apporte un soutien financier ainsi qu’un appui opérationnel. En nous donnant accès à son réseau d’associations, le syndicat nous permet d’enrichir notre base d’associations partenaires qui vont à la rencontre des élèves partout en France.
Ainsi, nous avons élargi notre champ d’intervention : alors que le programme ne concernait auparavant que les classes de CM1 et CM2, nous nous adressons désormais aux enfants du CP au CM2. A la rentrée scolaire 2024-25, le nombre de classes mobilisées a doublé, passant de 100 à 200. Pour cette année scolaire 2025-2026, elles sont désormais à plus de 300. Cette augmentation permet de toucher 6 600 enfants actuellement.

Est-ce que la générosité s’apprend ?
Bien sûr ! De nombreuses études le prouvent. L’une d’elles, menée à l’université de Birmingham en 20171, montre qu’un enfant sensibilisé à des comportements altruistes ou de solidarité avant l’âge de 10 ans a deux fois plus de chance de les reproduire à l’âge adulte qu’un autre enfant qui n’aurait pas eu la même expérience. Agir pendant cette période de développement, où la capacité d’empathie est très forte, est donc essentiel pour ancrer des comportements d’altruisme, de solidarité, d’engagement dans des actions collectives et citoyennes.
À plus court terme, le travail sur les compétences psychosociales permet aux enfants d’améliorer la manière d’interagir avec les autres, mais aussi la connaissance des émotions, la confiance en soi, la coopération ou encore la communication non violente. Une enquête interne menée auprès des enseignants ayant mis en place notre programme révèlent qu’ils sont 62 % à déclarer que les élèves coopéraient davantage en classe et qu’il y avait moins de moquerie entre eux.
À un moment où la société est de plus en plus polarisée et où les jeunes souffrent de solitude, encourager les actions solidaires et collectives n’a jamais été aussi important, à la fois pour renforcer le lien social et pour favoriser le développement et le bien-être des enfants.
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