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FNAF 2026 : ensemble pour l’intérêt général

6 novembre 2026

Le 15 octobre dernier, le Forum National des Associations et Fondations (FNAF) a fêté ses 20 ans au Centquatre, à Paris. Au cœur de cette édition anniversaire, la crise traversée aujourd’hui par le secteur associatif, confronté à d’importantes difficultés financières, à l’augmentation des besoins sociaux et au recul des libertés associatives. Dans ce contexte, quelles solutions pour soutenir les associations et préserver la vitalité démocratique à laquelle elles contribuent. La Fondation de France était présente aux côtés de nombreux acteurs de l’intérêt général pour tenter d’apporter des réponses à ces questions.

Fondations, associations, coopératives, visiteurs… près de 5 000 participants, 130 exposants et 280 intervenants ont participé à la 20e édition du FNAF. En ouverture de la journée, Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France, Claire Thoury, présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE), et Benoît Hamon, président d’ESS France, ont rappelé le rôle essentiel des acteurs de l’intérêt général pour la cohésion et l’innovation sociales.

« Depuis 20 ans, l’engagement n’a jamais faibli. Les fondations et les associations sont présentes chaque jour, au service de toutes les causes, malgré des moyens publics en berne et des enjeux qui se massifient et se complexifient, a souligné Axelle Davezac. Mais aujourd'hui, l’enjeu dépasse la seule question financière et concerne la place que notre société accorde au secteur non lucratif. Il faut que les pouvoirs publics reconnaissent pleinement ce que les associations et les fondations apportent à l’intérêt général ».

Un constat partagé par Benoît Hamon, qui a alerté sur « le recul du service public et le manque de moyens des acteurs privés de l’intérêt général », alors que la pauvreté demeure un enjeu majeur en France.

Le rôle des fondations, au-delà du financement

Comment les fondations adaptent-elles leur action et leur positionnement pour répondre aux grands enjeux contemporains ? Cette question a réuni autour d’une table ronde Alexandre Giraud, directeur de l’Action philanthropique à la Fondation de France, Elsa Da Costa, directrice générale d’Ashoka, Aurélie Joubin, coprésidente de la Commission des acteurs de l’ESS, et Jean-Baptiste Renard, membre du comité de pilotage de l’Initiative Racines.

« La philanthropie est le laboratoire des nouvelles politiques publiques : elle permet d’accompagner les innovations sociales qui contribuent à l’intérêt général et qui sont ensuite reprises par les pouvoirs publics », a insisté Elsa Da Costa.

De son côté, Alexandre Giraud est revenu sur l’évolution du positionnement de la Fondation de France : « La crise du Covid-19 a fait évoluer notre stratégie vers une philanthropie plus collective, afin de renforcer l’impact de nos actions dans un monde en plein bouleversement. Aujourd’hui, la Fondation de France agit à la fois comme soutien financier et facilitateur, en animant tout un écosystème. Pour répondre à des enjeux de plus en plus complexes et imbriqués et mener des actions réellement transformatrices, nous sommes convaincus qu’il est nécessaire de faire travailler ensemble associations, fondations, institutions et personnes concernées ».

Une dimension collective qui s’illustre notamment dans les actions mises en œuvre pour aider les associations fragilisées par la baisse des financements publics : la Fondation de France se mobilise en soutenant des dispositifs collectifs tels que « Prev’asso », porté par le Mouvement associatif, « Trajectoire », porté par France Active, ou encore le programme « Traversées », porté par le Kiif.

Soutenir une information libre : un enjeu démocratique et philanthropique

Autre temps fort du forum, la table ronde « Informer librement : un nouveau combat d’intérêt général ? », réunissant Axelle Davezac, Julia Cagé, professeure d’économie à Sciences Po, Eeva Nordstrom, directrice du pôle fondations actionnaires chez Prophil, et Edwy Plenel, cofondateur de Mediapart. Alors que l’écosystème médiatique est soumis à des tensions économiques, technologiques et politiques qui fragilisent sa capacité à remplir ses fonctions démocratiques essentielles, les échanges ont porté sur le rôle que les acteurs de l’intérêt général peuvent jouer pour le soutenir.

« L’information est un bien public et le droit de savoir un droit fondamental », a rappelé Edwy Plenel en introduction, la qualité de l’information et l’accès à des faits vérifiés étant indispensables à un débat démocratique éclairé.

Partageant la même préoccupation sur les impacts démocratiques de l’affaiblissement de l’écosystème informationnel, Axelle Davezac a exposé comment la Fondation de France se mobilise sur cet enjeu depuis plusieurs années : à la fois par la production d’études, réalisées par l’Observatoire Philanthropie & Société, mais aussi en soutenant de nombreuses initiatives pour favoriser l’accès à une information fiable, indépendante, pluraliste et intelligible pour tous. « Pour préserver la démocratie, il est fondamental de renforcer l’indépendance des médias et d’encourager l’engagement citoyen. Nous agissons en particulier auprès des jeunes pour les aider à comprendre le fonctionnement des institutions, à décrypter l’information et à exercer leur esprit critique. À l’heure où les usages numériques brouillent parfois les frontières entre faits, opinions et fausses nouvelles, l’éducation aux médias constitue un levier essentiel pour favoriser une citoyenneté éclairée ».

Préserver la démocratie est aussi un enjeu crucial pour la philanthropie elle-même : « C’est le cadre démocratique qui reconnaît à l’action philanthropique son caractère d’intérêt général et donc la rend possible. S’il n’existe plus, alors la philanthropie ne peut plus intervenir légitimement », a rappelé Axelle Davezac.

À l’heure où les défis du secteur sont multiples et où les enjeux sociaux, environnementaux et démocratiques se complexifient, cette 20e édition du FNAF a rappelé combien les associations et les fondations sont indispensables pour répondre aux besoins, faire émerger de nouvelles solutions et renforcer la cohésion sociale. Mais leur action ne peut perdurer sans un environnement favorable, une pleine reconnaissance de leur contribution à l’intérêt général et des moyens à la hauteur des enjeux.

Associations et fondations : bâtir des relations de confiance

À l’occasion d’une table ronde animée par Edith Geahel, responsable du pôle fondations familiales et de particuliers à la Fondation de France, deux binômes association-fondation ont été invités à partager leur vision pour construire des partenariats durables : d’une part, Patricia Jung-Singh, fondatrice de la Fondation Terra Symbiosis, et Caroline Rossi, coordinatrice de l’association Ide-ô ; d’autre part, Nathalie Chanteloup, coordinatrice stratégique au sein de la Fondation Axtom Entrepreneurs et Territoires, et Victoire Cuvelier, directrice adjointe des partenariats privés au sein de l’association Sport dans la Ville. Leurs témoignages ont montré comment des relations de confiance solides permettent de renforcer durablement l’impact des actions au service de l’intérêt général.

La Fondation Terra Symbiosis et l’association Ide-ô ont développé un partenariat pour renforcer le lien entre les enfants et la nature. Au départ, la fondation a soutenu le projet « REP dans la nature », mené par l’association pour rendre l’expérience de la nature accessible aux élèves des écoles et collèges de réseaux d’éducation prioritaire. Grâce à ses échanges avec la Fondation Terra Symbiosis, Ide-ô a apporté une nouvelle brique à ce projet : la formation des équipes pédagogiques. L’association et la fondation ont également coorganisé les Rencontres Enfance et Nature en Haute-Savoie. « Avec Caroline, nous avons la même casquette dans l’organisation de cet événement. Cela a vraiment renforcé la dimension partenariale de notre relation », a souligné Patricia Jung-Singh. Pour Caroline Rossi, cette coopération a aussi permis de faire émerger une dynamique collective inattendue à l’échelle du territoire autour de ces enjeux, se concrétisant par la naissance d'un réseau départemental d'éducation à la nature.

A renseigner
Deux binômes fondation-association ont témoigné de leur coopération réussie à l'occasion d'une table ronde « Associations et Fondations : bâtir des relations de confiance ».

De son côté, la Fondation Axtom Entrepreneurs et Territoires accompagne l’association Sport dans la Ville dans le cadre de son programme « Entrepreneurs dans la ville ». L’objectif : soutenir des entrepreneurs âgés de 20 à 35 ans issus de quartiers prioritaires dans la concrétisation de leurs projets. Au-delà du soutien financier, la fondation a choisi d’impliquer directement ses collaborateurs qui participent aux jurys de sélection et prennent part à l’accompagnement des jeunes au sein de l’association.

Une même conviction s’est dégagée des échanges : la confiance entre association et fondation se construit dans la durée, par l’écoute, le dialogue, la connaissance mutuelle et une responsabilité commune. « Nous avons autant besoin l’une de l’autre. Il y a une véritable logique d’apprentissage commun, et les remontées du terrain de l’association changent la façon dont nous construisons nos soutiens au sein de la fondation », a résumé Patricia Jung-Singh.

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