La Fondation Riom Terre d’Auvergne fête ses 10 ans
Créée en 2016 pour soutenir le développement culturel et patrimonial de Riom et renforcer l’attractivité du territoire, la Fondation Riom Terre d’Auvergne (RTA) a accompagné chaque année entre 20 et 25 associations pour un montant de plus de 700 000 euros en une décennie.
À l’origine du projet, un constat partagé par ses fondateurs : celui d’un territoire riche d’une histoire et d’un patrimoine remarquables. Ancienne capitale d’Auvergne, à seulement 15 kilomètres au nord de Clermont-Ferrand, la ville de Riom perdait son dynamisme. « Il nous a semblé essentiel de travailler sur son rayonnement pour recréer une dynamique locale et attirer de nouveaux habitants », explique Anne-Marie Vernin, présidente de la fondation.
La culture comme levier d’action
Pour relever ce défi, la Fondation RTA a fait le choix d’agir par le biais de la culture vivante et du patrimoine : « La culture constitue un moyen de faire se rencontrer des publics très différents et de créer du lien. C’est aussi un levier neutre, et apolitique », souligne Michel Vernin, cofondateur.
Depuis sa création, la fondation accompagne des associations qui proposent une programmation culturelle variée mêlant musique, poésie, chansons françaises, théâtre, expositions, cinéma ou encore valorisation du patrimoine.
Au-delà du soutien financier, elle a tissé des relations de proximité avec les associations, qu’elle accompagne dans la durée. « En soutenant les associations sur plusieurs années, nous leur donnons de la visibilité et de la confiance dans leurs actions. L’attractivité se construit dans le temps », insiste Anne-Marie Vernin.
Cette relation de confiance permet également d’encourager l’émergence de nouveaux acteurs. « Nous ne soutenons pas uniquement des associations déjà bien implantées. Nous cherchons aussi à faire émerger de nouvelles initiatives », précise Michel Vernin.
L’enjeu de la communication
Depuis 2021, la fondation a renforcé son action auprès des associations en développant de nouveaux outils d’accompagnement. Un rendez-vous annuel convivial a été instauré afin de favoriser les échanges, voire des collaborations entre associations, et chaque membre du comité exécutif suit désormais deux à trois associations afin de discuter plusieurs fois dans l’année de leurs besoins et des difficultés qu’elles peuvent rencontrer.
L’un des défis identifiés par la fondation concerne la fréquentation des événements organisés par les associations, souvent faible. « Nous avons compris qu’un des enjeux était celui de la communication. Nous les aidons désormais à gagner en autonomie sur ces sujets », explique Anne-Marie Vernin.
La fondation a ainsi lancé en 2024 sur les réseaux sociaux l’initiative « Cœur de Culture Riom », destinée à renforcer l’information sur les événements culturels programmés. Elle a également proposé aux associations des ateliers de formation afin qu’elles puissent développer leurs propres outils et valoriser elles-mêmes leurs événements.
Des projets emblématiques au service du territoire
Au fil des années, la fondation a accompagné le développement de plusieurs initiatives qui contribuent aujourd’hui à l’identité culturelle du territoire. Parmi elles, la salle de concerts « La Puce à l’Oreille », devenue un acteur majeur des musiques actuelles dans la région, le festival Piano à Riom, maintenant reconnu internationalement, ou encore StreetXPression, à l’origine des fresques monumentales de street art dans l’ancienne manufacture des tabacs de Riom.
Elle soutient également des initiatives valorisant la culture traditionnelle et régionale, comme l’association Les Brayauds, qui œuvre à la transmission des musiques et danses auvergnates auprès de tous les publics, notamment les plus jeunes, en organisant des bals, des concerts, des festivals et des cours de musique. La fondation participe au soutien d’un orchestre « oral » à l’école, sans solfège, sur des instruments spécialement créés pour les enfants de CM1 et de CM2.
Après dix ans d’existence, la fondation souhaite renforcer l’autonomie des associations, en réduisant leur dépendance aux financements publics. Elle les invite à réfléchir à long terme sur leur dépendance aux soutiens publics. Elle envisage également la mise en œuvre de projets d’envergure capables de positionner durablement Riom sur la scène culturelle régionale, en croisant différentes disciplines : street art, musique, sculpture, arts visuels, etc.
Parallèlement, elle entend poursuivre son engagement en faveur du patrimoine. Après avoir mis en lumière l’histoire et l’architecture d’une vingtaine de maisons privées de Riom, elle souhaite contribuer à la réflexion sur la reconversion de sites emblématiques du centre historique, comme l’ancienne maison d’arrêt de Riom. Le bâtiment, où a notamment été emprisonné l’ancien ministre de l’Education nationale du Front populaire et résistant Jean Zay, pourrait ainsi devenir un lieu mémoriel et culturel.