Une famille béninoise dans un champ.

Appel à projets 2018

Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest : produire et se nourrir localement

Date limite de dépôt des dossiers : lundi 26 février 2018
solidaritesinternationales@fdf.org

CONTEXTE

Face à la croissance rapide des villes et à une demande accrue de la part des consommateurs urbains qui modifient les rapports ville-campagne, l’agriculture familiale renforce déjà dans nombre d’endroits la capacité d’un pays ou d’une région à nourrir ses populations urbaines par la production locale et le renforcement de circuits courts efficients. C’est la question de son effet amplificateur qui est à soutenir.

Ainsi, les agriculteurs ouest-africains et leurs organisations doivent, avec leurs partenaires de coopération, relever un quadruple défi :

  • garantir la disponibilité d’aliments produits localement ;
  • assurer aux paysans un revenu digne ;
  • répondre aux exigences de gestion durable des ressources naturelles ;
  • influencer les politiques publiques tant au niveau national qu’international.

Le programme Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Pafao) est porté conjointement, depuis 2009, par la Fondation de France et le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI). Il bénéficie d’une contribution de la Fondation JM.Bruneau (sous égide de la Fondation de France) et de l’Agence française de développement (AFD). Seed Foundation participe au volet capitalisation du programme. Le Réseau des organisations paysannes et de producteurs d’Afrique de l’Ouest (Roppa) est membre du comité d’orientation et de suivi.

Le programme soutient ou a soutenu 200 projets depuis 2009 sur la base d’un appel annuel à projets. Il est construit autour de trois piliers complémentaires, qui forment une progression :

  1. soutenir les innovations qui font gagner des parts de marché aux produits locaux (c’est le présent appel à projets) ;
  2. capitaliser pour tirer des enseignements utiles au-delà des projets ;
  3. soutenir la construction de stratégies de changement d’échelle afin que les initiatives réussies ne restent pas marginales mais occupent plus d’espace économique.

En s’alliant avec le Roppa, acteur majeur de plaidoyer, et en permettant l’éligibilité des projets de plaidoyer, le programme articule une démarche offensive au niveau des territoires et des filières (c’est à dire les innovations portées par les projets) à une démarche défensive pour influer sur l’environnement politique et législatif afin qu’il soit plus favorable à l’agriculture familiale durable.

OBJECTIFS

L’objectif général est de promouvoir des initiatives locales de renforcement de l’accès à l’alimentation par une agriculture familiale ouest-africaine viable et durable, d’en partager les acquis à des échelles plus vastes et de contribuer à la documentation de la soutenabilité de ce modèle agricole qui soit susceptible  d’interpeller les décideurs pour une prise en compte de ces enjeux dans les politiques publiques.

Les objectifs spécifiques sont : 

  • d’améliorer et sécuriser la production, la transformation, la conservation et la commercialisation de produits agricoles et en assurer l’accès aux consommateurs urbains et ruraux, notamment aux consommateurs pauvres, par des actions concrètes innovantes ;
  • de partager entre acteurs locaux, nationaux et internationaux, les connaissances acquises à travers les actions concrètes soutenues dans le cadre du programme, et d’en tirer des enseignements globaux ;
  • de produire des documents et argumentaires utiles aux acteurs assurant une veille et interpellation politique.

ETES-VOUS ÉLIGIBLE ?

Cet appel à projet est ouvert aux personnes morales sans but lucratif :

  • • aux organisations paysannes (OP) d’Afrique de l’Ouest ;
  • • aux ONG d’appui actives en Afrique de l’Ouest ou en Europe dans la mesure où elles agissent avec des partenaires locaux ;
  • • aux organismes de recherche et/ou de formation.

Les collectivités territoriales ne peuvent pas être porteurs du projet mais peuvent être partenaire principal.

Important : l’appel est réservé à des propositions d’actions en partenariat formalisé entre une organisation ouest-africaine et une organisation européenne. L’organisation porteuse peut être ouest-africaine ou européenne.

QUELLES SONT LES ACTIONS RECEVABLES ?

Le programme soutient des projets qui prennent en compte l’une et l’autre des deux thématiques suivantes :

• connecter agriculture familiale et marchés / promouvoir le « consommer local » : comment l’agriculture familiale locale peut-elle approvisionner les marchés domestiques et nourrir les villes - grandes et moyennes - et les agglomérations rurales ? Comment peut-elle concurrencer les produits importés et reconquérir une part des marchés urbains ? Comment favoriser le « consommer local » ? Comment la population rurale peut-elle vivre correctement d’une activité agricole familiale ? Comment producteurs, transformateurs, commerçants et consommateurs peuvent-ils s’organiser pour améliorer les réponses aux besoins des uns et des autres ?

• développer des pratiques d’agriculture durable / des systèmes alimentaires durables : développer une agriculture durable permet-il de répondre au défi de nourrir les villes par l’agriculture familiale, aujourd’hui et à l’horizon 2050 ? Comment l’agriculture familiale peut-elle s’adapter au changement climatique ? Comment peut-elle contribuer à la préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, que ce soit dans ses phases de production, de transformation ou de commercialisation ?

Précision : le programme Pafao sélectionne les projets qui prennent en compte la durabilité environnementale. La durabilité recherchée tend vers un idéal agroécologique, et ne peut en aucun cas s’assimiler aux formes de « durabilité agricole » à base de glyphosate et d’OGM, par exemple.

L’appel 2018 cible exclusivement les innovations spécifiques à la connexion avec les marchés de masse. En 2018, seuls seront sélectionnés les projets démontrant une réelle capacité à mettre en œuvre des innovations répondant au questionnement prioritaire suivant : Comment dépasser les marchés de niche ? Que ce soit au travers des achats institutionnels ou via des actions visant à toucher un nombre significatif de consommateurs des catégories moyennes et pauvres, voire très pauvres.

Au sein des dossiers reçus et répondant au questionnement prioritaire de 2018, le comité d’attribution privilégiera les projets :

  • dans lesquels sont prises en compte les leçons d’actions (antérieures ou en cours) réalisées sur des thèmes similaires ou sur le même territoire ;
  • dont le positionnement par rapport à d’autres d’acteurs (par exemple : organisations paysannes, organisations d’appui nationales ou étrangères, autorités locales, services de l’État, acteurs du secteur privé, associations de consommateurs, media, organisations internationales, bailleurs, etc.) est explicité ou qui – lorsque cela se justifie - s’articulent avec eux.

Les projets visant principalement l’acquisition d’équipements ou d’intrants ne seront pas financés par ce programme.

QUELS CRITÈRES DE SÉLECTION ?

Après avoir vérifié que le projet répond bien à la question prioritaire de 2018, le comité de présélection se prononcera au regard des critères suivants :

  • la recevabilité administrative (dossier complet, correctement rempli et accompagné des pièces jointes demandées, fichiers bien nommés et dans les formats demandés, montant de la subvention et durée des projets, etc.) ;
  • l’éligibilité des porteurs, des partenaires et du projet ;
  • la pertinence de l’innovation (ou des innovations) mise(s) en œuvre dans le projet et visant à permettre aux produits d’une agriculture familiale durable d’accéder aux marchés de masse, urbains et ruraux, ou aux achats institutionnels ;
  • la qualité du projet (impact sur l’agriculture familiale et sur l’accès à l’alimentation en ville,
  • la prise en compte d’expériences antérieures ou de l’action d’autres acteurs sur le même sujet et/ou sur le même territoire ;
  • la faisabilité : adéquation du budget et du planning, cohérence entre l’objectif général, les objectifs spécifiques, les activités projetées, les résultats attendus et les indicateurs de ces mêmes résultats, cohérence du budget estimatif et du montage financier, etc. ;
  • la prise en compte du changement d’échelle des innovations (anticipation de la pérennisation de l’action en vue de son grandissement économique, capitalisation, diffusion et valorisation, réplication, plaidoyer, etc.).

QUELLES MODALITÉS DE SOUTIEN ?

Afin d’inciter les demandeurs à développer des partenariats diversifiés, notamment locaux, le programme Pafao ne financera pas l’intégralité d’un projet (maximum 80 %). Les plans de financement mentionneront les autres partenaires financiers sollicités et/ou acquis, ainsi que la part d’autofinancement prévue.

Deux types d’initiatives seront soutenus :

  • des projets de courte durée (un an), pour un montant accordé de 10 000 à 15 000 euros ;
  • des projets pluriannuels (maximum trois ans), pour un montant, sur l’ensemble de la période, d’un maximum de 50 000 euros pour trois ans (versés par tranche annuelle au vu de l’avancement du projet).

Les projets financés peuvent être des volets bien spécifiques de programmes plus vastes, en cours ou nouveaux. Ils peuvent avoir démarré avant le dépôt du dossier mais seules les dépenses postérieures au 1er janvier 2018 seront financées par le programme et présentées dans le budget joint à la demande de subvention. Les actions financées doivent démarrer avant le 31 décembre 2018.

COMMENT RÉPONDRE ?

Le dossier, complété en français ou en anglais, est à envoyer par mail uniquement à l’adresse suivante : secr.aea@cfsi.asso.fr (fichier Word, accompagné du fichier Excel pour les budgets et des annexes demandées). L’envoi se fera en plusieurs mails dont chacun aura un poids maximum de 8 Mo.

La date limite de réception du dossier par mail est fixée au lundi 26 février 2018.

Les dossiers seront instruits par le secrétariat du programme assuré par le CFSI.

Toute question relative à cet appel à projets, et restée sans réponse après une lecture attentive des lignes directrices, peut être posée par mail uniquement à : secr.aea@cfsi.asso.fr

 

 

Carte des projets soutenus

Découvrez un exemple de projet soutenu

Le Comité d’experts

Le comité d’experts qui évaluera les projets est composé de spécialistes et/ou acteurs de la coopération internationale.

Président :

Jean-Louis VIELAJUS
Ancien Président de Coordination Sud et ex-délégué général du Comité Français pour la Solidarité Internationale.

Membres :

Stéphanie  DANIEL-GENC
Administratrice civile, Conseiller-Expert Crises et Enjeux Humanitaires (Ministère de la Défense – Direction générale des relations internationales et de la stratégie).

Valérie NICOLAS
Conseillère aux Affaires internationales et à la Coopération bilatérale et décentralisée à l’Association des Régions de France (ARF), anciennement directrice de centres culturels internationaux dans le secteur public et associatif.

Bérengère QUINCY
Ex-Ambassadrice de France au Danemark et Représentante permanente de la France auprès de l’Office des Nations unies à Vienne et de l’AIEA, l’OTICE et l’ONUDI, Ambassadrice en mission pour la préparation de la Conférence climat (COP 21) de Paris 2015.

Charlotte SCHNEIDER
Chef de projet Réfugiés et Migrants à la Ville de Paris. Ex-coordinatrice du Pôle Urgence de l’ONG Action contre la Faim, ex-responsable de programmes d’urgence et post-urgence  (Haïti, Afghanistan).

Hubert COCHET
Professeur à AgroParisTech - Département des Sciences Economiques, Sociales et de Gestion - U.F.R Agriculture comparée et développement agricole.

Régis KOETSCHET
Diplomate, ancien Ambassadeur délégué pour les relations avec la société civile et les partenaires à la Direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats du Ministère des Affaires étrangères et européennes.

Jean-Bernard VERON
Economiste, Ex-responsable de la cellule « prévention des crises et sortie de conflit » à l’Agence Française du Développement (AFD), rédacteur en chef de la revue Afrique Contemporaine.