Portraits de philanthrope

Franck Dargent

24/05/2019

Survivre, c’est donner

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Le tsunami de décembre 2004 en Asie du Sud-Est a emporté ses beaux-parents, son épouse et deux de ses trois enfants. Pour trouver l’énergie de survivre et élever son dernier fils, Franck Dargent a créé la Fondation Rainbow Bridge, qui vient en aide aux populations après une catastrophe naturelle.

Son visage vous est peut-être familier car il est, aujourd’hui encore, régulièrement sollicité par les médias pour témoigner du drame qui a endeuillé l’Asie du Sud-Est, le tsunami du 26 décembre 2004. En vacances en Thaïlande, il a perdu là-bas sa famille entière, à l’exception de l’un de ses fils qu’il a réussi à sortir des flots. De retour à Paris, il crée la Fondation Rainbow Bridge : « J’avais besoin de me prouver que j’étais encore capable de faire, de donner, d’avoir d’autres pensées que celles qui me ramenaient constamment à la catastrophe. »

Imaginée notamment avec l’aide du Crédit agricole (pour lequel il travaillait), de L’Oréal qui employait sa femmes et d’Accor, propriétaire de l’hôtel où il résidait, Franck Dargent fonde la Fondation Rainbow Bridge dès septembre 2005. Il en confie la gestion à la Fondation de France, qui continue aujourd’hui de le conseiller. « Le premier projet est venu par un lien d’amitié avec le Pr Alain Patel, membre de l’association médicale franco-asiatique. L’objectif : rénover et équiper l’Hôpital de la mère et de l’enfant, dans le sud de la Birmanie ». Cet engagement dure jusqu’à aujourd’hui et reste à ses yeux l’un des plus marquants : « il a constitué une sorte de remboursement moral aux populations côtoyées alors. Je pense notamment à ce Thaïlandais qui nous a sauvé, mon fils et moi, en nous donnant une échelle pour nous réfugier en haut de la charpente de l’hôtel », poursuit Franck Dargent.

Une autre initiative, menée en partenariat avec l’association nippone Emergency Network, témoigne quant à elle de la volonté de recréer le lien avec le Japon où Franck a vécu dix ans avec sa famille. Après le tsunami qui a frappé le pays en mars 2011, le projet consistera à entourer les personnes les plus âgées, oubliées par les autorités. « Beaucoup avaient perdu leur maison et se retrouvaient en grande détresse, avec un taux de suicide effrayant. Nous avons construit des abris temporaires, organisé un suivi psychologique… »

Franck Dargent poursuivra ce type de soutien au plus près des populations, dans la région du Tamil Nadu, au sud-est de l’Inde, où les stigmates du tsunami de 2004 sont encore visibles. Là aussi, les objectifs se veulent très concrets : aides les plus fragiles, les populations hors castes et les enfants notamment, apporter de l’eau potable, équiper les villages de sanitaires, former les populations en matière de filtrage de l’eau ou de traitement des déchets.

D’autres types de soutien se profilent mais Franck Dargent devra pour cela trouver de nouveaux subsides. « Mes partenaires historiques offrent désormais une aide plus ponctuelle et je dois solliciter de nouveaux dons. Le sujet du financement est crucial et je compte m’y consacrer entièrement. Pour tous ceux que j’aide, et pour le souvenir de ceux que j’ai perdus. »