Portrait

Emmanuelle Lépine : psychologue

22/12/2020
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Emmanuelle Lépine est psychologue et bénévole au sein du comité Santé des jeunes de la Fondation de France depuis 2016. Portrait

L'itinéraire intrigant ­d'Emmanuelle Lépine dévoile une personnalité aussi étonnante qu’attachante. Le parcours de cette psychologue clinicienne de 54 ans trouve sans doute quelques inspirations dans ses racines familiales. Son arrière-grand-père était le préfet de police Lépine, inventeur du concours du même nom. Son grand-père fut l’inventeur du vaccin contre la poliomyélite. Son père fut lui aussi préfet et sa mère militaire.

Emmanuelle a débuté par des études de criminologie et a intégré en 1995 la préfecture de police de Paris. Elle se spécialise dans la gestion des stress post-traumatiques. Il lui revient de prendre en charge le suivi psychique des forces de l'ordre amenées à intervenir sur des scènes de crime ou lors des attentats. Elle passe dans le même temps une dizaine d'années à la maison d'arrêt de Pontoise. Elle se soucie des mineurs incarcérés et met en place des thérapies familiales adaptées.

Mère d'un garçon de 12 ans, elle réside désormais en Charente mais continue à se déployer sur de multiples fronts. Elle est consultante en gestion de crise. Elle aide les directions des entreprises à faire face aux situations complexes rencontrées par les salariés. Au sein de la Fondation de France, elle a rejoint voici quatre ans le comité d’experts sur la santé mentale des jeunes. Et elle est aussi partie bénévolement sur le terrain.  Après le cyclone Irma, les travailleurs sociaux comme les personnels de santé de l'île de Saint-Martin devaient faire face à la fois aux drames collectifs qu'il leur appartenait de prendre en charge, comme aux difficultés personnelles qui les touchaient comme tous les autres habitants.

Au début de la crise sanitaire, ­Emmanuelle Lépine, habituée à l'urgence des situations, reconnaît avoir été très sollicitée. Au sein du comité Covid de la Fondation de France, elle a étudié des projets qui allaient de l'achat de tablettes en Ehpad, pour permettre le maintien du lien entre les résidents et leurs familles, aux aides pour les populations encore plus fragilisées que d'ordinaire, comme les gens du voyage ou les travailleuses du sexe. Emmanuelle Lépine avait une connaissance lointaine de la Fondation de France avant de s'y impliquer. Elle dit : « Je voyais ça comme une organisation prestigieuse, un peu distante, soutenant des projets très élaborés ». Quatre ans de compagnonnage lui permettent de revoir son jugement : « J'ai découvert une vraie implication, faite de générosité et d'attention, avec beaucoup de bienveillance et d'intelligence des situations ». Elle ajoute : « Les collaborateurs de la Fondation de France sont des spécialistes et ont à cœur de nous accompagner dans notre mission ». Et de conclure, en une pirouette souriante : « Ce qui est très confortable… ».