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World Giving Report 2026 : les acteurs de l’intérêt général sous pression

28 septembre 2026

Après une première étude publiée au mois de juin dressant un état des lieux de la générosité à travers le monde, le deuxième volet du World Giving Report 2026, coordonné par la Charities Aid Foundation, analyse les défis rencontrés par les acteurs de l’intérêt général dans 33 pays. Réalisée en partenariat avec la Fondation de France, la partie française de l’étude alerte sur la santé du secteur associatif, pris en étau entre crise des financements et hausse continue des besoins. Malgré ce contexte difficile, les acteurs de l’intérêt général font preuve d’une réelle capacité à trouver des solutions et à travailler ensemble.

Le pessimisme grimpe au sein des acteurs français de l’intérêt général : 78 % d’entre eux jugent aujourd’hui le secteur en mauvaise santé, soit plus du double de la moyenne mondiale (34 %), et dix points de plus qu’en 2025, selon le rapport « Charity insights – France » du World Giving Report 2026 qui vient d’être publié.

« Cette année, les résultats montrent un secteur associatif français soumis à une forte pression, ressentie plus durement que dans la plupart des autres pays », observe Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France.

Derrière ce constat, une préoccupation centrale : la viabilité financière, citée par 66 % des personnes interrogées en France comme leur principal défi. « Il ne s’agit pas d’une préoccupation passagère, mais d’un problème structurel, étroitement lié à la baisse des subventions publiques et à un contexte politique incertain », précise Axelle Davezac.

Un modèle de financement peu flexible

Ces inquiétudes sont notamment liées au modèle de financement du secteur. En France, 96 % des soutiens reçus par les acteurs interrogés proviennent du territoire national, contre 77 % à l’échelle mondiale. De plus, le secteur français est particulièrement dépendant des financements publics : 70 % des acteurs français interrogés déclarent recevoir des aides de l'Etat, contre 41 % dans le monde.

A cette dépendance s’ajoute une flexibilité limitée. Une majorité des acteurs français (68 %) déclare en effet bénéficier de fonds fléchés qui ne peuvent être utilisés que pour un projet donné ou une cause spécifique. La proportion reste élevée, même si elle est en légère baisse par rapport à 2025, où elle atteignait 72 %. L’étude précise que pour une majorité d’organisations, il est plus facile d’atteindre ses objectifs lorsque la part des financements fléchés ne dépasse pas 50 %. « Ce constat doit conduire les soutiens des associations à réfléchir à leurs pratiques », précise Axelle Davezac.

Des besoins sociaux en hausse

Ces tensions budgétaires interviennent alors que les besoins auxquels répondent les acteurs de l’intérêt général ne cessent d’augmenter. En France, 68 % des organisations déclarent avoir enregistré une hausse des demandes au cours des douze derniers mois. Par ailleurs, elles sont 62 % à anticiper la poursuite de cette progression en 2027.

Cette évolution semble plus difficile à absorber en France qu’ailleurs : 39 % des acteurs interrogés considèrent qu’il est difficile de gérer l’augmentation de la demande, contre 30 % à l’échelle mondiale.

Pour autant, les difficultés rencontrées ne semblent pas remettre en cause la mobilisation du secteur. « Les défis auxquels le secteur associatif français est aujourd’hui confronté tiennent aux ressources dont il dispose, et non à un manque de volonté ou à une diminution de l’engagement en faveur de l’intérêt général. Les équipes restent pleinement engagées mais se battent aujourd’hui contre des difficultés multiples », rappelle Axelle Davezac.

Une forte capacité à coopérer

Malgré les difficultés, l’étude met en lumière la forte capacité de coopération au sein du secteur associatif français. 70 % des acteurs interrogés jugent en effet que les acteurs de la société civile travaillent bien ensemble, contre 66 % à l’échelle mondiale. La concurrence entre structures, notamment pour l’obtention de financements, est également moins souvent perçue comme un frein à cette coopération. Elle est citée par 13 % des organismes interrogés en France, contre 23 % dans le monde.

La coopération se retrouve également dans les attentes exprimées à l’égard des fondations et des autres partenaires du secteur, et notamment au rôle que ces derniers peuvent jouer au-delà du soutien financier. 56 % des organisations interrogées en France souhaitent être davantage accompagnées pour développer des réseaux et nouer des partenariats. Lorsqu’elles sont invitées à préciser avec qui elles aimeraient davantage collaborer, les entreprises arrivent en tête, juste devant les fondations et les autorités administratives.

Une préoccupation ressort également de l’étude : 52 % des acteurs français interrogés jugent qu’ils sont trop sollicités par les fondations qui les soutiennent, notamment sur la mesure d'impact, même lorsque celle-ci n'est pas toujours réalisable pour 42 % d’entre eux (contre 29 % à l’échelle mondiale).

La mesure d’impact connaît néanmoins une évolution encourageante au sein des associations : alors qu’en 2025, 44 % des acteurs français interrogés estimaient ne pas communiquer efficacement sur leur impact, cette proportion est désormais ramenée à 28 % (contre 52 % à l’échelle mondiale).

« Quand on cherche à comprendre ce qui aiderait vraiment les acteurs de l’intérêt général, leurs réponses sont claires et concrètes : ils demandent surtout de l'aide pour développer leurs réseaux, et que les fondateurs les sollicitent un peu moins. Ce sont des attentes réalistes et à notre portée », conclut Axelle Davezac.

Retrouvez le rapport Charity insights - France (en anglais)

Retrouvez le rapport Charity insights (en anglais)

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