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Une découverte sur le déplacement des cellules cancéreuses

Nadia Elkhatib, chercheuse à L'Institut Gustave Roussy de Villejuif,  a découvert que les cellules cancéreuses sont capables de se déplacer au moyen de sorte de pinces. Elle a reçu pour ses travaux le Prix des Sœurs Lucie et Olga Fradiss 2017.

Comment migrent les cancers

Comme de petites pinces. Les cellules cancéreuses sont capables de s’accrocher à leur environnement pour mieux se déplacer. Elles s’échappent ainsi de la masse tumorale où elles sont apparues pour progresser dans le corps via le système sanguin et former un nouveau foyer cancéreux. Cette découverte éclaire d’un nouveau jour le processus menant aux métastases, cette complication du cancer qui a un effet négatif sur le déroulement et le pronostic de la maladie. Depuis 1964, les scientifiques avaient identifié de petits replis, des sortes d’invaginations, à la surface des cellules cancéreuses. C’est par ces puits recouverts de clathrine ou PRCs, comme on les appelle, que ces cellules s’approvisionnent en nutriments comme le fer. Grâce à des techniques de fluorescence, Nadia Elkhatib et ses collègues ont réussi à démontrer sur des cellules d’un cancer du sein connu pour son haut pouvoir métastatique que les PRCs sont aussi capables de s’agripper aux fibres qui les entourent. Aussi étonnant que cela paraisse, le puits pince la fibre afin de s’ancrer dans son environnement et pouvoir lentement se déplacer. Ces travaux ouvrent la voie à l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques afin de limiter la dissémination du cancer dans l’organisme. Certes, Nadia Elkhatib, dont plusieurs proches ont été touchés par cette maladie, voulait travailler à la lutte contre le cancer. Mais elle n’avait pas prévu de devenir chercheuse, ce qui rend sa découverte, réalisée avec plusieurs collègues et publiée dans Science, d’autant plus précieuse. Titulaire d’un BTS, elle a commencé par être laborantine. Entrée à l’Institut Curie, elle a passé un diplôme d’ingénieur et c’est à la suite d’une rencontre avec un scientifique « fascinant » lors d’une journée porte ouverte, qu’elle s’est finalement spécialisée vers la recherche. « Je pensais que cette activité était extrêmement compliquée, il m’a montré qu’elle m’était accessible », se réjouit-elle.