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Journée mondiale de lutte contre le Sida

Une action globale pour lutter à la fois contre la pandémie de VIH et de Covid-19

L’année 2020 a été marquée par la pandémie de Covid-19, qui a particulièrement impacté les personnes vulnérables parmi lesquelles celles vivant avec le VIH : difficulté d’accès aux soins, rupture de traitements, perte de revenus… Pour faire face à ces deux pandémies, la Fondation de France a choisi de concentrer ses actions sur la sensibilisation au coronavirus et sur l’accompagnement des personnes les plus à risques face au VIH et à la Covid-19.

Sensibiliser et protéger les populations vulnérables

Les travailleuses du sexe sont particulièrement vulnérables face à la crise de la Covid-19. « Elles représentent un public précaire car ce sont des personnes qui n’ont aujourd’hui plus de revenus. Elles n’ont pas toutes accès à l’information sur le coronavirus et sont prêtes à prendre plus de risques que d’habitude, y compris le risque d’une exposition plus importante au VIH, pour gagner de quoi se nourrir et payer les loyers », explique Tiraogo Birba, directeur exécutif de l’association Liaison Universelle pour le Bien-être des enfants et des Jeunes (ALUBJ), soutenue par la Fondation de France.

Ce sont les raisons qui ont poussé les membres de cette association qui agit au Burkina Faso, à concentrer spécifiquement leurs actions sur cette population. Elle a ainsi créé des outils pédagogiques de prévention, mis à disposition de gels hydro-alcooliques, etc., tout en continuant d’agir sur la prévention du VIH.

Soutenir dans leur vie quotidienne les personnes les plus touchées par la Covid-19 et par le VIH

L’association ALUBJ propose également des aides alimentaires, toujours à destination des travailleuses du sexe, obligées de se confiner. Ainsi, des denrées alimentaires de première nécessité leur ont été distribuées ces derniers mois.

En parallèle, en République Démocratique du Congo, Rainbow Sunrise Mapambazuko a mis en place un dispositif complet pour accompagner les personnes les plus vulnérables. « Nous avons choisi de soutenir cette association […], qui apporte une aide (logement, secours alimentaire, équipements de prévention…) aux populations LGBTI, déjà marginalisées, qui ont vu leur situation se dégrader brusquement à cause de la crise sanitaire », explique Karine Pouchain, responsable du programme « Sida, santé et développement ».

Ce projet repose sur trois grands axes d’action : aide alimentaire, distribution de matériel de protection et prévention (masques, gel, etc.), et aide au logement. Cette multiplicité d’actions se justifie par le fait que les populations LGBTI vivent, tout comme les travailleuses du sexe, essentiellement de l’économie informelle mise à mal lors de l’épidémie de Covid-19. De plus, comme aux premiers jours de l’épidémie de VIH/Sida, la communauté LGBTI est souvent désignée comme responsable et vecteur de la Covid-19. Ces deux éléments entrainent l’expulsion de nombreux locataires se retrouvant alors sans domicile en plein contexte de crise sanitaire mondiale.

Poursuivre les soins des personnes vivant avec le VIH

Les mesures barrières et le confinement mis en place pour lutter contre la propagation de la Covid-19 engendrent des difficultés pour les personnes atteintes du VIH/Sida à venir chercher leurs traitements. La peur d’être contaminé par la Covid-19 notamment, empêche ces personnes de se déplacer dans les centres de santé. Pour pallier ces difficultés, Action Santé pour Tous (AST), soutenue par la Fondation de France depuis de nombreuses années au Togo, propose aux personnes vivant avec le VIH des visites à domicile depuis mars 2020 afin d’éviter toute rupture de soins. Ces visites permettent également de sensibiliser à la Covid-19 et aux gestes barrières et de distribuer des kits alimentaires de première nécessité.

Pour faire face à la pandémie de Covid-19, ces associations ont dû s’adapter rapidement pour permettre la continuité de leurs actions. « Cette crise met en lumière le rôle majeur des structures communautaires dans l’organisation et la mise en œuvre rapide d’une solidarité agissante. Une solidarité qui appelle à créer des systèmes de protection sociale véritablement inclusifs et à renforcer des systèmes de santé dans lesquels les communautaires ont une vraie place ; Un changement de paradigme en somme », conclut Mach-Houd Kouton, membre du comité « Sida, santé et développement », et par ailleurs conseiller du Directeur régional Afrique de l’ouest et du centre à l’ONUSIDA.

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