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Journées territoriales

Sur le terrain, encourager les échanges entre gestionnaires et chercheurs

26/03/2018

Après une première édition à Brest et Ouessant en 2016, la Fondation de France a invité au printemps 2018 les scientifiques et les responsables politiques, associatifs et économiques sur les bords de la Méditerranée pour débattre de l’avenir du littoral du Golfe du Lion.

Trois jours d’échanges, pour faire le point des travaux de recherche, identifier de nouvelles pistes, mais aussi explorer les solutions concrètes de gestion de ces territoires sensibles. Au programme : présentation des projets financés par la Fondation de France, visites de terrain, rencontres avec les acteurs du tourisme, de l’agriculture, de la pêche ou de la ville… pour inventer, ensemble, des solutions durables.

 

 

    La première édition des Journées Territoriales a eu lieu les 6, 7 et 8 octobre 2016 à Brest et Ouessant, sur le thème : « Quels littoraux pour demain en Bretagne-Loire ? A la rencontre des chercheurs et des acteurs du territoire. »

    Quel avenir pour le littoral du Golfe du Lion ?

    Entre scientifiques, élus, associations, acteurs du littoral, une journée de débats intenses ! Extraits.

    Gilles d'Ettore : priorité à l'expérimentation dans tous les domaines

    « Notre littoral, parce qu’il est peu élevé, est particulièrement touché par le risque de submersion et d’érosion. Nos plages reculent, certaines zones habitées sont menacées… Comment nous adapter ? D’abord bien sûr en agissant sur les causes, et particulièrement sur la diminution de notre dépendance aux énergies fossiles. Mais en attendant, il faut multiplier les expérimentations, dans tous les domaines : l’architecture, l’urbanisme, la réglementation, les modes de vie… tout doit bouger ! Et pour cela, nous avons besoin de fonder nos décisions sur des données fiables. C’est en cela que la coopération entre scientifiques et politiques sera incontournable. »

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    Gilles d’Ettore, maire d’Agde est également président de la Communauté d’agglomération Hérault Méditerranée

    Alexandre Brun : prendre le risque... de coopérer

    « Face au risque de montée des eaux, il y a toujours la tentation d’évoquer des solutions simples et radicales. Imposer un recul massif des habitations, construire des digues pharaoniques… En fait, l’adaptation de notre territoire ne pourra reposer que sur une combinaison de nombreuses interventions. L’essentiel étant de tester, d’innover, de mesurer… En mettant autour de la table les compétences des acteurs politiques, des institutionnels, des scientifiques, mais aussi des habitants des territoires. Coopérer avec ceux qui vivent et qui travaillent ici, être à l’écoute des savoirs du terrain… c’est une révolution pour les experts ! »

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    Alexandre Brun est maître de conférences en géographie à l'université Paul Valery, Montpellier 3

    Jean-Paul Volle : en finir avec le chacun pour soi

    « Pendant des années, les mots clefs sur notre littoral ont été ceux de la conquête et de l’établissement : construction, tourisme, résidences, ports, etc. Aujourd’hui, la prise de conscience du changement climatique change radicalement les représentations. Désormais, les mots clefs sont ceux du risque, de la fragilité, de la sauvegarde… Si les représentations bougent, pour inventer une nouvelle manière de vivre sur ces zones si particulières, nous devons aussi dépasser les réflexes du « chacun pour soi ». Le littoral est sûrement la zone qui a le plus besoin d’intercommunalité : pour penser enfin le littoral comme un bien commun, unique et fragile… que nous devons gérer ensemble. »

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    Jean-Paul Volle est professeur émérite de géographie urbaine et régionale à l’université de Montpellier

    Renaud Dupuy de la Grandrive : ce n'est pas la mer qui nous menace, c'est elle qui est menacée

    « Avec la montée du niveau de la mer, le recul du trait de côte et la multiplication des tempêtes, la mer est de plus en plus vue comme une menace. N’oublions pas que son écosystème constitue  aussi une formidable ressource. Un seule exemple : les herbiers de posidonie, ces bouquets de plantes aquatiques qui tapissent une partie des fonds de notre aire marine. On connaît leur rôle essentiel dans le stockage du carbone, l’oxygénation du milieu marin, la reproduction de nombreuses espèces… On sait moins qu’ils limitent la houle, freinant ainsi l’érosion ! Préserver ces écosystèmes, c’est aussi préserver l’avenir des hommes sur le littoral. »

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    Renaud Dupuy de la Grandrive est directeur du Milieu marin à Agde

    Denis Lacroix : face au doute et à la compléxité... modélisons !

    « Maintenir, sécuriser et développer la présence humaine sur le littoral : c’est une question extraordinairement complexe ! D’abord parce que tout bouge : l’eau, la terre, les hommes. Ensuite parce que les prévisions restent variables. Les scientifiques débattent de l’ampleur et du rythme de la montée des eaux, qui ne sera pas égale selon les sites. Enfin, parce que tout est interconnecté : les phénomènes naturels, les activités humaines, les individus, la collectivité… Et parce que les solutions sont très diverses ! Ainsi, pour avancer collectivement, les scientifiques doivent intégrer cette complexité. D’abord en développant des projet interdisciplinaires : aucune discipline ne peut prétendre apporter seule une réponse fiable à une question aussi complexe. Ensuite en développant la modélisation : pour mieux communiquer avec toutes les parties prenantes,  il faut construire différents scénarios… comme autant d’aides à la décision. »

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    Denis Lacroix est prospectiviste à l'Ifremer, Montpellier