Des femmes âgées en exercice sportif à la maison ouverte.

Culture & éducation

Sport et santé, un lien connu et reconnu

L’activité physique est une thérapie reconnue scientifiquement. Depuis le 1er mars, le sport peut être prescrit sur ordonnance par les médecins, pour les personnes atteintes d’affection de longue durée (diabète, sclérose en plaques, cancer, etc.). L’association ETAPES, à Lisieux, a entrepris cette démarche en 2015 en proposant de l’aïkicardio : une activité physique adaptée de l’aïkido, pour des femmes en rémission de cancer.

Un accompagnement adapté

35 femmes bénéficient de ce projet, financé par la Fondation de France. La pratique est encadrée par un professionnel formé à l’accompagnement sportif des personnes malades. Ainsi, Yvan Baptiste, éducateur médico-sportif et directeur de l’association, reçoit chaque femme en entretien pour connaître ses antécédents médicaux et sportifs. « En cours, il n’y a que moi qui sais qui est malade. Pendant une séance, je propose 3 ou 4 manières de réaliser les exercices, afin que tout le monde y parvienne ».

Des bienfaits multiples

Les bienfaits de ces séances sont ressentis rapidement, et ils sont multiples : diminution de l’anxiété et des risques de récidive, atténuation des effets secondaires de traitements, amélioration de l’autonomie et de l’estime de soi, et lutte contre l’isolement. « Au début de la rémission, les personnes ressentent un grand vide, se sentent presque abandonnées. Ici, c’est rassurant, on ne les regarde pas comme des malades, on ne parle d’ailleurs pas de la maladie ». Les participants ressentent une baisse de la fatigue et une amélioration de la qualité de vie.

Le projet rencontre un vif succès et compte aujourd’hui une douzaine d’acteurs, issus des secteurs médical et sportif. Un partenariat avec l’hôpital de Lisieux est aussi en cours afin de proposer des séances d’activités physiques adaptées pour les patients.

Des vieilles personnes font du sport.

Corentine L., membre du club

« J'ai commencé les cours d"Aïkicardio en novembre dernier. A l'époque, je cherchais une activité car je ne voulais pas que ma maladie m'oblige à rester dans mon lit tout le temps. Je voulais retrouver le dynamisme de ma vie normale ! J'ai rencontré Yvan et j'ai eu confiance. Il explique très bien et nous aide à progresser à notre rythme. Désormais, j'en fais une fois par semaine, et depuis, j'ai moins mal aux muscles. Mon corps me fait moins souffrir. Pendant les vacances, j'essaie même d'en faire chez moi tant ça me fait du bien ! »

Le sport est le médicament le moins cher

A partir du 1er mars, la mesure du sport sur ordonnance entre officiellement en vigueur. Concrètement, le médecin traitant pourra prescrire une activité physique adaptée aux capacités physiques et au risque médical du patient. Le décret fixe des conditions d’application précises de ce dispositif, comme le niveau de formation et les compétences nécessaires des professionnels encadrant ces patients.

En France, 10 millions de personnes sont atteintes d’une affection longue durée et sont directement concernées par cette mesure. Si la sécurité sociale ne remboursera pas les séances de sport, certaines complémentaires santé ont déjà annoncé qu’elles les prendront en charge.

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