Une vallée népalaise.

Solidarités internationales

Jean-Bernard Véron, membre du comité Solidarités Népal de la Fondation de France

Le Népal après les séismes d’avril et mai derniers : « pas question de baisser les bras !»

 Mission au Népal du 22 au 29 mai 2015

Texte et photos de Jean-Bernard Véron, membre du comité Solidarités Népal de la Fondation de France
 
Katmandou, c’est par là que je suis arrivé au Népal. Une grande ville, vibrante d’activité et où ces deux tremblements de terre n’ont guère laissé de traces, hors quelques bâtiments jetés à bas, principalement dans les quartiers périphériques les plus pauvres. A ceci près toutefois que nombre d’habitants, traumatisés par le second séisme et craignant qu’il y en ait un troisième, choisissent de passer la nuit dehors, même lorsque leur maison est intacte.

En revanche, la situation est toute différente dès que l’on quitte Katmandou pour pénétrer dans les campagnes. Là, c’est un désastre. Je n’en crois pas mes yeux. Ainsi, dans chacun des trois villages du district de Sindhupalchock, proche de l’épicentre du séisme, où je suis allé et qui devraient recevoir une part notable des financements de la Fondation de France, pas un seul bâtiment n’est resté debout.

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Juste cette école, où j’assiste aux discussions entre villageois, représentants d’associations de solidarité, autorités locales et bénévoles venus de la capitale pour prêter main forte. Il y est question de secours apportés aux foyers les plus durement frappés, de reconstruction des maisons, de remise en état des périmètres irrigués. Avec ce leitmotiv : pas question de baisser les bras !

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Ce qui me conforte dans la justesse de ce financement initial que nous avons accordé à ARSOW, une association présente de longue date dans ce district. Et donc, dans un premier temps, des tentes, des produits alimentaires, des kits d’hygiène, la réouverture des pistes, emportées par les glissements de terrain, afin de désenclaver ces villages. Ensuite viendra le temps de la reconstruction. Et de nouveau nous serons aux côtés de ces populations, je veux le croire.

Et pas plus question de baisser les bras pour ces agro-pasteurs de Kabrepalanchock qui ont vu leurs animaux, buffles et vaches, chèvres et poules, broyés par l’effondrement des abris dans lesquels on les tenait. Ce qui me conduit à penser que nous devrons mettre un fort accent sur la reconstitution de ce capital bétail, vital dans ces campagnes.

 

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Et il en est de même avec cette vingtaine de femmes réunies par l’association Jagaran dans le petit village de Vasi. Elles sont assisses à même le sol, je suis assis en face d’elles. Je les écoute expliquer que leur maison n’existe plus, qu’elles manquent désormais de tout, que leurs enfants ont été traumatisés. Je prends des notes, puis leur suggère de préparer une demande de financement que nous étudierons au plus vite. Ce qui fut fait dès mon retour à Paris.

 

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Partout où je suis passé c’est dur, très dur. Mais à écouter ce que disent les uns et les autres, à discuter avec ces associations rencontrées lors de cette mission, ARSOW, Planète Enfants, Enfants du Népal, Sagarmatha, Tewa, pour n’en citer que quelques-unes auxquelles la Fondation a attribué ses premiers financements, j’ai confiance. Confiance dans la capacité de ces populations à surmonter plus vite qu’on ne le croit les effets du désastre.

 

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Il suffit en effet de les voir, alors qu’approche la mousson, bricoler des abris de fortune avec les déblais de leurs maisons, des bouts de planche, des tôles et des toiles, tamiser la poussière des ruines afin de récupérer quelques poignées de semences de blé et de riz, tirer des tuyaux de caoutchouc pour s’approvisionner en eau potable depuis une fontaine publique endommagée par le séisme. C’est la fameuse débrouille népalaise, qui s’appuie sur une vraie solidarité au sein de ces communautés déshéritées et sur un tissu associatif dense et solidement ancré dans ces villages loin de tout. Débrouille qu’il est de notre devoir d’accompagner.

 

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En conséquence, forte de ces constats, désireuse de cibler les plus démunis et conformément à son objectif de « reconstruire la vie » au lendemain des grandes catastrophes, la Fondation de France a décidé de mettre la priorité sur ces campagnes. Grâce aux généreux donateurs qui ont répondu à son appel Solidarité Népal, elle a d’ores et déjà commencé à y déployer une stratégie ambitieuse.

 

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Pour ce faire, la Fondation de France a financé, et continuera de financer en tant que de besoin, cette aide humanitaire dont dépend la survie des populations. Simultanément elle prépare des programmes de plus long terme. Ceux-ci cibleront la reconstruction du bâti, individuel ou collectif, et bien entendu en conformité avec les normes antisismiques grâce aux concours d’architectes experts en la matière. Ils porteront également sur la relance des activités économiques, c’est-à-dire la fourniture de semences, le remplacement du bétail mort, la réparation des périmètres irrigués endommagés, tous investissement qui permettront aux bénéficiaires de reconquérir leur autonomie.

Alors, et alors seulement, nous pourrons nous retirer en étant assurés d’avoir fait notre devoir, celui d’une solidarité qui ignore les frontières.
 

Jean-Bernard Véron
Membre du Comité Solidarité Népal

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