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Urgences

Les missions sur le terrain

 
Dès le 10 septembre, la Fondation de France a envoyé une mission à Saint-Martin. Depuis, deux chargées de mission se trouvent aux Antilles, entre la Guadeloupe et Saint-Martin, et nous font part de la situation sur place. 

Mardi 19 septembre 2017

Deux chargées de mission de la Fondation de France, Mélanie Hubault et Karine Meaux, se trouvent actuellement en Guadeloupe frappée en ce moment par l'ouragan Maria. Si Maria a causé des dégâts limités en Martinique, l'ouragan a très durement touché la Dominique et nous suivons avec attention la situation en Guadeloupe.

Mélanie Hubault, en charge de l’aide aux victimes pour la Fondation de France témoigne : « A l’aéroport de Pointe-à-Pitre, où notre partenaire France Victimes prend en charge les évacués de Saint-Martin, nous remarquons la très grande diversité sociale des personnes évacuées : touristes ou résidants, entrepreneurs, médecins ou artisans, les rapatriés ont quitté l’île aussi parce qu’ils avaient tout perdu ou que la peur a été si grande qu’ils éprouvent le besoin de se « ressourcer » quelques semaines loin du lieu du drame. On a recensé plus de 60 nationalités d’origine, dont une grande partie d’Haïtiens, très présents sur Saint-Martin. Toutes les personnes qui le souhaitent sont recensées pour un départ vers Paris ou la Martinique avec la mise en place à l’arrivée à Paris de billets SNCF vers leur point de chute désiré. Ils sont inscrits sur une liste d’attente avec des critères d’urgences : mineurs isolés (par exemple en vacances scolaires à Saint-Martin chez un parent divorcé), personnes malades, femmes enceintes, enfants en bas âge, …. Certains, considérés comme moins prioritaires vont attendre plusieurs jours avant d’être rapatriés gratuitement en métropole.

France Victimes en première ligne pour diagnostiquer les situations et les référer vers les services compétents.
 

Guadav, association guadeloupéenne membre du réseau France Victimes, assure l’accueil des sinistrés depuis le début de l’opération.
 


Briefing de l’équipe de France Victimes avant l’arrivée du prochain vol en provenance de Saint-Martin.
 


Le Pôle Caraïbes regroupe plusieurs services d’accueil et d’accompagnement des victimes saint-martinoises à Pointe-à-Pitre.

 

Lundi 18 septembre 2017

Une deuxième mission, dédiée à la préparation de l’ouverture d’un espace d’accueil des sinistrés se rend sur place pour une semaine. Elle est bloquée en Guadeloupe par l’arrivée de l’ouragan Maria et se rendra à Saint-Martin (260 km de la Guadeloupe) dès que possible (mardi ou mercredi). Elle rencontrera les associations locales encore présentes pour appuyer la reprise de leurs activités au bénéfice des populations.

A court terme, nous nous attachons à faciliter la mise en place d’un soutien juridique, psychologique et social, en lien avec l’association Trait d’Union à Saint-Martin.

Nous recherchons également des partenaires pour mettre en place des activités éducatives pour les enfants et les jeunes.

A plus long terme, nous cherchons les partenaires pour lancer des initiatives de relance économique, pour ceux qui ont perdu leur emploi en plus de leur maison, et éviter que s'accentuent les fractures entre les différentes communautés de l’île.

Deux architectes accompagnent la mission à Saint-Martin, pour évaluer la situation et préparer la phase de reconstruction, tout en apportant aux habitants des conseils sur la réhabilitation et la construction de bâtiments adaptés aux conditions climatiques et géologiques de l'île.

De retour de mission, Claire Boulanger et Anne Lescot témoignent :

La situation reste très difficile sur place, il y a encore beaucoup de difficultés logistiques : très peu d'électricité, de gros problèmes d'accès à l'eau, des communications qui restent très difficiles... La question du logement se pose de façon critique : de nombreuses familles ont tout perdu et certaines ont pu trouver des solutions d'hébergement temporaire chez des amis, tandis que d’autres ont trouvé refuge sur leur lieu de travail. Personne n'a été épargné et les solutions de fortune deviennent difficiles à tenir. Il fait très chaud, les eaux stagnantes favorisent la prolifération des moustiques, des épidémies de gastro-entérite apparaissent et de nouveaux ouragans arrivent.

Le manque de logements pose également de gros problèmes pour les secours : il est difficile de trouver des solutions d'hébergement pour ceux qui arrivent sur l'île, ou des lieux permettant de déployer des antennes d'aide aux victimes de l'ouragan. 

Nous avons passé la semaine dans les sous-sols de l'hôpital, sur des matelas à même le sol dans un tout petit local en travaux, en restant le plus autonomes possibles pour ne pas peser sur les équipes. Nous tenons à rendre hommage au courage et au dévouement de tout les personnels de l'hôpital : ils sont nombreux à avoir tout perdu dans l'ouragan, parfois à avoir dû évacuer leurs familles, mais ils restent fidèles au poste et très solidaires les uns des autres malgré la fatigue et les nerfs qui lâchent, pour rester présents auprès des habitants de l'île.

Nous nous sommes rendues dans certains des quartiers les plus défavorisés de l'île : Sandy Ground, Quartier d’Orléans…où l'information circule difficilement. Il y a un vrai besoin d’aller au contact de la population, d’investir les quartiers, et d'y déployer des équipes en capacité d’accompagner les plus fragiles. La situation s'améliore peu à peu, et les habitants de l'île recommencent à respirer, mais les difficultés restent immenses et ne disparaîtront pas avec le départ des premiers secours. Il faudra affiner l'analyse des besoins et mettre en place des solutions adaptées aux réalités de Saint-Martin, avec des habitants qui ont été nombreux à nous dire combien ils étaient attachés à leur île, et déterminés à la reconstruire.

 

 

Dimanche 17 septembre

La Fondation de France s'appuiera sur des partenaires locaux pour constituer des équipes mobiles qui iront à la rencontre des populations vulnérables dans les quartiers les plus populaires.

 


Pour permettre aux personnes ayant perdu leur emploi, notamment les professionnels du tourisme, la Fondation de France recherche les partenaires en capacité d’employer et d’encadrer des personnes pour des contrats de courte durée. Un moyen pour les victimes de participer à l'effort de nettoyage et de reconstruction contre un salaire.

 

Vendredi 15 septembre 2017

Les membres de l’équipe mobilisée par la Fondation de France sillonnent les quartiers populaires, comme Sandy Ground ou Quartier-d'Orléans à Saint-Martin, permettant de se rendre compte de la réalité de la situation sur le terrain : trottoirs jonchés de débris (béton, gravats, arbres, meubles, portes...), maisons entièrement ravagées côtoyant d’autres intactes…

Ils rencontrent les représentants des associations de quartier, les personnels des hôpitaux et les autorités locales pour mettre en place les actions les plus efficaces. Ils vont également à la rencontre des habitants. Les témoignages de ces derniers montrent des situations très contrastées : entre une mère de trois enfants dont l’appartement est intact et qui a surtout besoin d’eau, et un cadre de santé dont la maison a été totalement soufflée qui est hébergé à l'hôpital tout en y travaillant.

« C’est très dur. Les gens sont traumatisés. Il va y avoir de gros besoins en suivi psychologique, juridique et social. Nous rencontrons des personnes en situation de très grande précarité. », témoigne Claire Boulanger depuis Saint-Martin, experte Solidarités nationales de la Fondation de France.

 

Solidarité Antilles

Des personnes sinistrées tentent de récupérer des objets dans les décombres de leur maison détruite.

 

Solidarité Antilles

Des distributions de nourriture sont organisées dans l'île, ici au port de Marigot dans l'ouest de Saint-Martin.

Jeudi 14 septembre 2017

Le sous-préfet François de Kerever confirme la prochaine ouverture de 6 cellules d’accueil. France Victimes, avec le soutien de la Fondation de France, pourra bientôt y dispenser des aides matérielles ainsi que de l’accompagnement juridique, social et psychologique. La Fondation de France souhaite, par ailleurs, encourager la création d’équipes mobiles pour aller à la rencontre des personnes en situation de grande précarité. Au-delà de l’aide aux victimes qui se met rapidement en place, l’aide va s’articuler autour de deux grands piliers : la réhabilitation des habitations et la relance économique. 
 

Mercredi 13 septembre 2017

Tandis que la télé locale parle de jeunes déjà au travail pour déblayer les débris, nourris par les restaurateurs du coin, nos correspondantes rencontrent les partenaires potentiels (associations de quartier, hôpitaux, autorités locales…) et sillonnent les quartiers – Concordia, Sandy Ground…- à la rencontre des habitants. Elles nous adressent les témoignages de personnes confrontées à des situations très contrastées.

Catherine est mère de trois enfants. Elle attend dans la rue une distribution d’eau. Une voiture de pompiers passe et fait une distribution éclair de quelques packs d’eau. Catherine ne fait pas partie des rares personnes à avoir été servies. « Je n’ai plus que quatre bouteilles d’eau pour moi et mes trois enfants. On n’a pas besoin de nourriture, on avait fait des stocks en prévision de l’ouragan. Moi ce dont j’ai besoin, c’est de l’eau. Je m’en suis bien sortie : l’appartement est intact, j’ai le téléphone, j’ai même internet, mais je n’ai pas d’eau ». Edgard, cadre de santé semble plus éprouvé : « j'ai tout perdu, ma maison a été soufflée. Il n'y a plus que les murs nus. J'étais réfugié dans un réduit. Mais ce qui me touche le plus, c’est de voir tous ces gens qui n'ont plus rien, avec des enfants parfois très petits. Au moins moi j'ai encore mon travail, j'ai pu trouver refuge à l'hôpital où je suis aussi hébergé depuis le cyclone. Pour moi c'est une thérapie de pouvoir aider les autres. Pardon pour cette émotion, mais pendant plusieurs heures j'ai vu la mort de près. Heureusement ma famille n'était pas ici. Beaucoup d'amis en Guadeloupe et en métropole nous viennent en aide. J'en suis réduit à leur demander de m'envoyer des sous-vêtements, du dentifrice et du déodorant. Au moins rester propre, ça m'aide à tenir debout.» Quant à Mickael et Brigitte, ils ont décidé de quitter l’île. « Pour nous, Saint-Martin, c’est fini. On part au Canada. J’ai fait des choses que je ne me serais jamais cru capable de faire. On a été obligés de se défendre contre les pilleurs, je connaissais certains d’entre eux, c’est dur... »

Mardi 12 septembre 2017

Tandis que dans le nord-est de l’île, des témoins nous signalent que les secours ne sont pas encore sur place et que les habitants doivent assurer eux-mêmes leur propre sécurité, Claire Boulanger experte Solidarités nationales de la Fondation de France témoigne : « C’est très dur. Les gens sont traumatisés. Il va y avoir de gros besoins en suivi psychologique, juridique et social. Nous rencontrons des personnes en situation de très grande précarité, mais nous constatons aussi qu’il y a beaucoup de personnes qui n’ont aucune existence juridique, qui ne sont comptabilisées nulle part. Nous allons nous rendre très vite dans les quartiers les plus fragiles pour aller à leur rencontre. »

A Saint-Martin, on estime que près de 70% des logements ont été détruits.

 

La plupart des bâtiments publics est inutilisable.

 

Retrouver du réseau téléphonique est un véritable défi.

 

Lundi 11 septembre 2017

Claire Boulanger, experte Solidarités nationales à la Fondation de France et Anne Lescot, chargée de missions Urgences nous livrent leurs premières impressions, quelques heures après leur arrivée à Marigot.

« Peu de personnes sur les routes en dehors de celles, très nombreuses qui essaient de passer le barrage de l’aéroport pour partir.

Nature complètement brûlée, odeurs : tantôt égouts, tantôt putréfaction (cadavres d’animaux ?)

La route est entièrement déblayée entre l’aéroport et Marigot, en revanche les trottoirs les bas-côtés sont jonchés de débris (béton, gravats, arbres, meubles, portes....)

Les chiffres recueillis ici : 95 % du territoire impacté et 60 % de maisons détruites. Effectivement il est étonnant de constater qu'on observe, dans le même voisinage, des maisons entièrement ravagées et des maisons intactes (maisons en béton, et certains toits en tôle ayant très bien résisté alors que d’autres se sont envolés). »

 

Dimanche 10 septembre 2017

« L'équipe de la Fondation de France part aujourd'hui, pour étudier la possibilité de créer une antenne en coordination avec les associations et collectivités locales", rappelait dimanche matin Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France sur BFM TV et LCI. Cette antenne a pour mission d'accueillir les victimes, de les informer sur les différentes aides (soutien juridique, social, psychologique...), et d'évaluer les besoins immédiats et à moyen terme des personnes (relogement ou réparation, perte d'emploi / d'outil de travail...). »

Axelle Davezac a également souligné le très bel élan de générosité qui s'est exprimé depuis 2 jours, en rappelant à quel point les dons étaient essentiels. 

Les situations des victimes sont en effet très différentes : à Saint-Martin, le taux de chômage est proche de 30 %, des milliers de personnes vivent avec un niveau de revenus très faible. Certaines personnes ont vraiment tout perdu, et ne sont pas assurées pour leur logement. Ce sont ces populations les plus fragiles que la Fondation de France aidera en priorité.

Enfin, il ne faut pas sous-estimer les conséquences et les traumatismes psychogiques de ces personnes, qui viennent de vivre des jours de chaos suite au passage d'Irma. Les ONG et associations de terrain accompagnent les victimes sur ce plan également. « Les dommages ne sont pas seulement matériels, ils peuvent être très lourds aussi sur le plan psychologique, et empêcher les personnes de se reconstruire. »

La Fondation de France ne gère ni les dons matériels ni les propositions de bénévolat.

Pour des raisons d’efficacité, de rapidité et de coût, il est préférable de faire un don financier. En effet, les coûts liés à la collecte et la redistribution d’aides matérielles sont très élevés. La Maison de Saint-Martin a créé une page Facebook dédiée pour répondre aux propositions d’aide matérielle notamment.

Vignette soirée Antilles France 2

Soirée exceptionnelle de solidarité avec les Antilles sur France 2.
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Autres modalités de dons

-  soit par chèque bancaire libellé à l’ordre de  Fondation de France - SOLIDARITE ANTILLES

à renvoyer à l'adresse :
Fondation de France - SOLIDARITE ANTILLES
BP 22 - 75008 Paris

- soit par téléphone :
0 800 500 100 (numéro gratuit)

- soit par SMS :
envoyez Antilles10 au 92333 (don de 10€)

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