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Rencontres de l'alimentation durable : mobiliser l'intelligence collective pour nourrir le monde

18/02/2019

Pour la 2e édition des Rencontres de l'alimentation durable1, la Fondation Daniel et Nina Carasso a réuni près de 700 acteurs du secteur le 29 janvier à Paris autour du thème « Partager les expériences, inspirer la transition ». Objectif ? Favoriser les échanges, croiser les regards, explorer de nouvelles voies pour co-construire l’avenir de nos systèmes agricoles et alimentaires.

En matière d’alimentation, les problèmes sont à la fois trop complexes et trop urgents pour tout attendre d’un seul acteur, qu’il soit scientifique, associatif ou politique. « C’est pourquoi nous avons pensé ces rencontres comme un dispositif favorisant le partage de connaissance, d’expériences concrètes, la confrontation d’approches complémentaires et la mise en relation des acteurs », explique Marie-Stéphane Maradeix, déléguée générale de la Fondation Daniel et Nina Carasso.

Partager la connaissance

A l’heure du big data, chaque producteur, distributeur, consommateur est producteur de données : informations produits, état des cultures et interventions réalisées, volumes de ventes, etc. Ces informations, agrégées, peuvent permettre de construire de nouveaux services : services logistiques mutualisés, conseils sur mesure sur les interventions culturales à effectuer, applications guide d’achat ! C’est l’une des pistes présentées lors des nombreuses conférences consacrées aux enjeux d’avenir. Par exemple sur les coopérations entre entreprises et société civile, sur les futurs possibles de notre alimentation, ou encore sur les idées reçues sur l’alimentation durable. Et pour casser les silos et permettres aux centaines de participants d'échanger les points de vue, un espace de networking a été créé pour faciliter les rencontres avant, pendant et après l’événement.

Passer à l’acte

De nombreuses initiatives collectives et structurantes, portées par des têtes de réseaux et des think tanks, ont été présentées : insertion, économie circulaire, agriculture urbaine, valorisation des bio-déchets, numérique et circuits courts, restauration collective, accès à une alimentation saine pour les plus précaires, etc. Des exemples concrets d'exploration des systèmes alimentaires plus durables et respectueux de l’environnement ! Parmi ces initiatives, le Mouvement pour une Agriculture du Vivant, qui réunit ceux qui croient en l'agroécologie, a insisté quant à lui sur l'importance de renforcer les connaissances sur l'agroécologie, la création et la conversion de filières de production et l’acculturation aux avancées concrètes issues de l’Agriculture du Vivant. « Tout part du sol. Nous devons nous préoccuper de la santé de nos sols, de notre santé, des territoires vivants qui nous portent », explique Arnaud Daguin, porte-parole du mouvement.

Relier les mondes

Comme pour tous les grands sujets de société, les artistes sont aux avant-postes pour partager leur vision et leur interprétation du monde. Devenue un véritable enjeu de civilisation, l'alimentation intéresse aussi la sphère culturelle et tout au long de la journée, expériences artistiques et culinaires, vidéos, documentaires... ont permis de sortir du cadre, d’expérimenter et de changer de regard.

Entre autres, l’exposition « Quand les artistes passent à table – Leurs regards sur l’alimentation », financée par la mission Développement durable du ministère de la Culture, présentait le travail et la réflexion de 15 artistes contemporains autour de six thématiques : manger, acheter, modifier, cultiver, élever et préserver, passant de la chaîne alimentaire à la chaîne de création. Dans un autre registre, les ateliers interactifs « Kepler 2080, Graines de conflits », organisés par trois étudiants du master en Arts Politiques de Sciences-Po, ont permis aux participants nouveaux colons d'une planète devant assurer la subsistance des prochaines générations  de se projeter dans le rôle d'acteurs d'une agriculture en devenir.
 

Dans ce bouillon d’échanges, une certitude : la transition agroécologique, indispensable pour parvenir à un modèle d’alimentation durable, suppose la coopération de l’ensemble des acteurs : producteurs, consommateurs, distributeurs, associations, chercheurs, élus et agents publics territoriaux et nationaux, artistes… tous peuvent agir concrètement pour accélérer la transition vers une alimentation durable !


1 Les 2e Rencontres de l’alimentation durable ont été organisées par la Fondation Daniel et Nina Carasso, en partenariat avec l’ADEME, AgroParisTech, la Chaire Unesco Alimentations du Monde, Montpellier SupAgro, l’INRA, l’Universitat Politècnica de València et la Banque des Territoires.

La Fondation Daniel et Nina Carasso

Créée en 2010 en hommage à Daniel Carasso, fondateur de Danone, et à son épouse Nina, la fondation agit en France et en Espagne. Elle révèle, soutient, accompagne et relie les femmes et les hommes qui osent regarder et construire le monde autrement dans les domaines de l’Alimentation Durable et de l’Art Citoyen. Sur la thématique de l’Alimentation Durable, la Fondation accompagne actuellement plus de 180 projets qui font émerger des pratiques plus durables de la graine au compost, pour permettre un accès universel à une alimentation saine, respectueuse des personnes et des écosystèmes.

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La parole à

Guilhem Soutou, Responsable de l’axe alimentation durable de la Fondation Daniel et Nina Carasso
 
« Nous voulons montrer que la transition agroécologique et alimentaire est possible. Notre objectif ? Faire avancer les solutions plus rapidement que les problèmes. Quand je vois la richesse des initiatives, le bouillonnement de créativité sur le terrain : cela donne confiance en l’avenir ! »