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Journée mondiale des droits de l’enfant

Quand la philanthropie s’engage aux côtés des enfants

19/11/2019

Donner aux enfants et aux jeunes les clefs pour grandir et trouver leur propre voie : c’est l’esprit qui anime les programmes et les actions « enfance » de la Fondation de France et des fondations qu’elle abrite. Focus sur deux aventures exemplaires.

Il y a 30 ans, les Nations unies adoptaient la Convention internationale des droits de l’enfant, qui marque un basculement : l’enfant n’est plus seulement un être vulnérable à protéger, mais une personne à part entière, qui doit accéder à l’éducation et participer aux décisions qui le concernent. Le 20 novembre 1996 est créée la Journée mondiale de défense et de promotion des droits de l'enfant.

De la protection à l’émancipation : cette nouvelle perspective est aussi au cœur des actions engagées par la Fondation de France. Car, au-delà d’une convention, il s’agit de passer des droits à la réalité. L’enfance mobilise notre communauté philanthropique depuis la création de la Fondation de France, pour lutter contre les déterminismes et faire en sorte que chaque enfant trouve sa place dans la société (voir encadré). Depuis quelques années, l’un de nos axes d’action se concentre sur l’accès à la culture et à la citoyenneté afin que les enfants développent leur créativité, s’approprient des savoirs et des techniques, s’exercent à penser et à débattre.

La culture, c’est vital !

Considérer la culture comme un besoin fondamental, un « ingrédient » incontournable pour se construire, c’est la philosophie qui anime les Maisons des enfants de la Côte d’Opale, soutenues par la Fondation de France depuis 2014. Fortes de la devise « Rien n’est joué d’avance », elles accueillent des enfants et adolescents de 6 à 16 ans malmenés par la vie, qui ont vécu dans un environnement familial instable, parfois maltraitant. Ils y sont placés sur une décision de justice.

À Outreau, à Saint-Martin-Boulogne, à Wimille, où se trouvent les maisons, la culture n’a rien accessoire : elle est le centre de gravité du projet pédagogique, du projet de vie. Pour Emmanuel Paris, directeur adjoint de l’établissement, « ces enfants qui vivent des ruptures avec l’environnement familial ont besoin de se situer dans le temps et dans la société. Ils ont aussi besoin de (re)construire leur confiance en eux. Les découvertes culturelles et les pratiques artistiques permettent à la fois cet ancrage dans l’histoire et dans l’espace, et le développement de leur créativité. » 

À son arrivée, chaque jeune choisit l’une des maisons, toutes associées à une thématique : maison du cirque, de la danse, de la musique, des découvreurs… Le champ de son choix sera son terrain d’activités les lundis et jeudis soir après l’école. Ces activités impliquent de se confronter à un cadre, à une discipline, pour progresser individuellement mais aussi pour participer à une création collective. Car au fil de l’année, tous les enfants se retrouvent pour construire ensemble un projet – qui a cette année une dimension patrimoniale, puisqu’il s’agit de reconstruire à l’identique une charrette du XIVe siècle – et préparer le spectacle public de fin d’année autour d’un thème commun.

« La culture est aussi une occasion d’ouverture des maisons vers le territoire, précise Emmanuel Paris. Chaque mois, nous accueillons des artistes, et les enfants assistent à des spectacles, découvrent des musées… Ils développent un "savoir-être" et un "savoir-vivre" : savoir faire silence, rester concentré sur la durée, apprécier la qualité d’une création et pouvoir en parler de manière argumentée. »

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© Mecop

 

Une ville à hauteur d’enfants ?

Dans le sud de Vaulx-en-Velin, la ville bouge ! Et tout particulièrement dans Le Carré de soie, un quartier de la première couronne de l’Est lyonnais. Transformation de friches industrielles, réhabilitation des logements sociaux dégradés, requalification des espaces publics et des circulations… le territoire est en pleine mutation. Un contexte qui a inspiré Ebulliscience, une association lyonnaise dédiée à la diffusion de la culture technique et scientifique auprès des jeunes. Avec leur nouveau projet baptisé Ludopolis –  Ma ville en jeu et enjeux ! l’équipe de médiateurs se propose de faire découvrir l’urbanisme aux enfants du quartier, et de leur donner toute leur place dans le projet de rénovation. 

Cinq classes de CP de quartiers prioritaires sont engagées dans une aventure qui durera trois ans, accompagnées par l’association Chic de l’archi et par le plasticien Jean-Marc Jacob. Au menu de la première année : des ateliers artistiques et des balades urbaines, des rencontres avec des professionnels des métiers du bâtiment et des visites de chantier, des ateliers scientifiques et techniques sur le son, l’équilibre, les échelles, le plan, la géométrie, la propriété des matériaux, la lumière… En deuxième année, les enfants seront co-organisateurs et intervenants d’un forum sur la place de l’enfant dans la ville. La troisième l’année verra le développement d’un fablab au sein des écoles concernées, dédié à la conception et à l’aménagement d’un espace.

« Au-delà des apprentissages, ce projet fait de la ville un terrain de citoyenneté des enfants, souligne Blandine Dejean, responsable du programme. Les enfants découvrent qu’avant d’être des constructions, la ville est une idée qui occupe une place immense dans les imaginaires collectifs et sollicite tous les sens. Le projet a également pour but de faire entendre leur voix, leur vision du quartier aujourd’hui et demain. Et favoriser ainsi un "vivre ensemble" qui reconnaisse à chacun d’entre eux une place juste. »

Pour l’enfance, depuis 50 ans

Le combat de la Fondation de France en faveur des enfants a débuté dès sa création, avec le lancement en 1970 de la Croisade des cœurs : une vaste opération de collecte pour la création d’établissements d’accueil des enfants lourdement handicapés.

Aujourd’hui, la cause des enfants mobilise plus de 9 M€, au profit de plus de 500 projets. Des projets choisis et suivi par les fondations abritées (400 projets, 6M€) et par les programmes « enfance » de la Fondation de France (140 projets, 3 M€), structurés autour de cinq priorités :

- accompagnement des familles en difficulté

- accès aux arts et aux sciences

- organisation de séjours de vacances pour des enfants malades ou handicapés

- financement de bourses pour les études, le permis de conduire ou un logement...

- accès aux soins pour les jeunes en situation de grande vulnérabilité psychique.

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