Bannière de la soirée de la recherche médicale 2016.

Fondations abritées

Prix Sœurs Lucie et Olga Fradiss : Prix partagé par Nathalie Droin et Jane Merlevède

Les effets d’un médicament anticancéreux

Comment se fait-il que le traitement principal contre la leucémie myélomonocytaire chronique, un cancer grave aussi appelé LMMC, agisse avec succès sur 40% des patients et pas sur les autres ? Pour répondre à cette question, Nathalie Droin et Jane Merlevède ont mis en œuvre les techniques les plus récentes d’analyse génétique à Gustave Roussy, à Villejuif, près de Paris.

Nathalie Droin a conçu et mis en œuvre les protocoles d’analyse génomique des cellules de patients et Jane Merlevède a réalisé l’analyse informatique des données obtenues par séquençage à très haut débit. « Pour la première fois, nous avons obtenu une vue globale de tout le génome des cellules des patients atteints de LMMC afin d’identifier les mutations en cause et leur évolution », décrit Jane Merlevède.

Chez les patients pour qui il se révèle efficace, le médicament (appelé agent déméthylant) modifie la façon dont 500 gènes s’expriment au sein des cellules touchées par la maladie. Chez les autres patients, dits « non-répondeurs », l’effet du traitement est bien moindre : seuls une soixantaine de gènes voient leur expression changer.

Pour les chercheuses, cela signifie que le médicament n’a pas en lui-même la capacité d’éliminer les cellules tumorales. Il agit uniquement en modifiant la manière dont leurs gènes s’expriment, c’est-à-dire au niveau épigénétique.
Le résultat est important car il ouvre des pistes pour améliorer les thérapeutiques futures : « Il faudra associer un agent cytotoxique, c’est-à-dire capable de tuer les cellules cancéreuses, à l’agent déméthylant, pour augmenter leur efficacité », explique Nathalie Droin.

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Nathalie Droin et Jane Merlevède

Nathalie Droin

  • Biologiste moléculaire, chargée de recherche Inserm
  • Unité Inserm « Hématopoïèse normale et pathologique »

Jane Merlevède

  • Bioinformaticienne
  • Post-doctorante en cancérologie au sein de l’équipe « Nouvelles thérapies anticancéreuses » du Laboratoire de vectorologie et thérapeutiques anticancéreuses, Gustave Roussy

La Fondation Lucie et Olga Fradiss

Créée en 1993, la Fondation Lucie et Olga Fradiss attribue chaque année trois prix récompensant des travaux, d’une part, dans le domaine de la recherche médicale – en cancérologie et en cardiologie – et, d’autre part, en histoire de l’art. Le prix Sœurs Lucie et Olga Fradiss, remis cette année dans le cadre de la soirée de la recherche médicale de la Fondation de France, est décerné à un chercheur français ou une équipe de cancérologie fondamentale, en partenariat avec Gustave Roussy. 

Le lauréat de ce prix, doté de 23000 euros, est désigné par un jury composé d’au moins sept cancérologues et présidé par le Pr Jean Feunteun, professeur des universités à Gustave Roussy.