Bannière de la soirée de la recherche médicale 2016.

Fondations abritées

Prix Jacques Monod : Etienne Maisonneuve

Quand les bactéries entrent en dormance

Chaque année, 13000 personnes décèdent en France d’une infection par un germe devenu multi-résistant. Dans ces cas, les antibiotiques ont perdu leur efficacité, ce qui pose un problème de santé publique majeur. «L’un des mécanismes par lequel les bactéries perdent leur sensibilité aux antibiotiques est la persistance, explique Etienne Maisonneuve: elles entrent en dormance et deviennent ainsi transitoirement tolérantes aux médicaments».

Connu depuis 70 ans, le phénomène n’a été compris que récemment. «Nous avons réussi à rendre fluorescentes ces cellules persistantes afin de mieux les étudier», ajoute Etienne Maisonneuve. Le chercheur a découvert qu’elles produisaient plus de guanosine pentaphosphate que la vaste
majorité des bactéries. Et que c’est bien cette substance qui induisait la persistance, par toute une cascade d’événements moléculaires complexes qu’il a réussi à décrire chez la bactérie Escherichia coli. 

Cette voie d’activation semble commune à un grand nombre d’espèces bactériennes: les entérobactéries, les pseudomonas, largement impliquées lors d’infection nosocomiales, ou encore chez la bactérie responsable de la tuberculose. 

«Nous disposons maintenant de cibles pour tenter d’inhiber la persistance bactérienne et ainsi réduire la tolérance aux antibiotiques», se réjouit Etienne Maisonneuve qui, à 35 ans, a monté sa propre équipe de recherche.

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Etienne Maisonneuve

  • Chercheur CNRS • Laboratoire de chimie bactérienne, à Marseille (LCB,CNRS / Aix Marseille Université)
  • Équipe « Rôle de la réponse stringente dans la tolérance bactérienne aux antibiotiques »

​La Fondation Jacques Monod

La Fondation Jacques Monod a été créée en 1979 par Jacqueline Bernard à la mémoire de ce chercheur, lauréat en 1965 du Prix Nobel de médecine. Elle décerne chaque année un ou plusieurs prix à de jeunes chercheurs ayant entrepris des travaux portant sur les aspects moléculaires des régulations cellulaires. 

Présidé par le Pr Agnes Ullmann, professeur honoraire à l’Institut Pasteur, le jury de ce prix est composé de chercheurs reconnus, dont certains ont travaillé avec Jacques Monod. Cette année, les prix sont dotés de 8000 euros chacun.