Un chercheur avec une éprouvette devant une machine.

Interview

Pr Catherine Barthélémy, professeur émérite du CHU de Tours

Professeur émérite au CHU de Tours, pédopsychiatre, physiologiste, Catherine Barthélémy fait partie de l’équipe Autisme de l’Unité Inserm 930. Elle a développé dans les années 90, avec le Pr Lelord et le Dr Laurence Hameury, la Thérapie d’Echange et de Développement (Ted). Ancienne présidente du comité Autisme de la Fondation de France, elle est en charge de la coordination de la Recherche sur l’Autisme en France.

Portrait de Catherine Barthélémy.

Comment avez-vous été amenée à vous intéresser à l’autisme ?

Ma vocation pour la médecine, et plus particulièrement la pédiatrie, s’est manifestée très tôt. Ma rencontre avec le Professeur Lelord au cours de mes études de médecine m’a orientée vers la pédopsychiatrie, l’autisme et la recherche sur le comportement et le cerveau.

Sur quoi portent vos recherches ?

Elles portent sur deux axes. Le premier consiste en la mise au point de tests, questionnaires, échelles... permettant de décrire et de mesurer, si possible, les caractéristiques du comportement et de la pensée des personnes souffrant d’autisme. Le second s’intéresse aux interventions précoces, basées sur les thérapies par le jeu, et aux effets positifs de celles-ci sur le fonctionnement cérébral.

Quels sont les enseignements concrets ?

Toutes les recherches en cours apportent des éclairages indispensables à tous les « praticiens » de l’autisme pour prévenir des malentendus sur leur comportement. Par exemple, on pense qu’ils sont « agressifs » alors qu’ils ont mal, ou encore qu’ils sont indifférents alors qu’ils n’ont pas les bons décodeurs cérébraux pour comprendre l’autre.

Quels sont les espoirs pour les autistes et leurs proches ?

A partir du moment où l’autisme est détecté très tôt, le cerveau, doué d’une grande malléabilité, restaure des fonctionnalités (comme apprendre à parler par exemple). L’espoir repose donc sur la précocité du repérage et de l’orientation vers des soins spécifiques (activation, approches adaptées aux jeunes enfants). L’autre espoir, bien sûr, est de trouver un jour la molécule qui aide le système à mieux fonctionner.

Quel conseil donneriez-vous aux parents ?

Dès que les parents ont un doute, il est important qu’ils aillent voir leur médecin de famille. Aujourd’hui, les pédiatres sont sensibilisés à l’autisme et n’hésitent plus à mettre des noms sur les choses. Le médecin peut donc être le premier prescripteur pour passer un audiogramme, faire un examen physique complet, etc. Enfin, si le médecin paraît ne pas réagir, il faut avoir recours à des spécialistes.