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Covid-19

Pour organiser le télé-travail…les soignés aident les soignants !

26/06/2020

Avec l’épidémie du Covid-19 et le confinement, beaucoup de professionnels du soin et du médico-social se sont trouvés démunis, lorsqu’il a fallu assurer la continuité de la relation avec leurs publics. Le numérique est vite apparu comme la solution.… à condition de maîtriser ces outils ! A Bordeaux, ce sont des jeunes souffrants de troubles psy, accompagnés par l’association Le Nom Lieu, qui ont développé des « tutos » pour aider les soignants !

Spécialisée dans les métiers du numérique, l’association Le Nom Lieu accompagne les jeunes atteints de troubles psychiques afin de faciliter leur insertion sociale et professionnelle. « Dès le lendemain du confinement, l’un des jeunes que nous suivons, déscolarisé depuis un an, nous a envoyé une vidéo pour expliquer aux professeurs comment continuer à enseigner à distance », raconte Violette Aymé, créatrice du Nom Lieu. Nous avons saisi la balle au bond ».

Les jeunes, impliqués dès le départ

Rapidement, l’association se tourne vers les structures médico-sociales, qui n’ont pas d’outils adaptés ni de formation au numérique. La première semaine, c’est une notice sous forme de document PDF pour aider à mettre en place le travail à distance qui est diffusée. La semaine suivante, des vidéos « tutos » sont mises à disposition pour apprendre à utiliser ces outils de travail (outils collaboratifs, de visio-conférence, etc.). Puis, l’association développe un appui technique par téléphone afin de paramétrer les outils informatiques du personnel. Enfin, elle suit les structures professionnelles via un forum d’entraide, créé pour l’occasion. A chaque étape, les jeunes ont été au cœur de la démarche.

« Atteints de troubles psychiques graves pour certains, ces jeunes ont développé de solides compétences autour du numérique. Ils sont à l’aise avec ces outils, et sont les meilleurs ambassadeurs pour sensibiliser au numérique et aux nouvelles manières de travailler ». Grâce à ce dispositif, plus d’une dizaine de structures ont été accompagnées et sont encore suivies dans le développement de leurs outils numériques. « Mais ce que je retiens surtout, c’est la transformation des relations entre les jeunes et les professionnels, un nouveau regard des uns sur les autres », conclut Violette Aymé.

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Un projet accompagné pas-à-pas

L’association, créée en 2016, est déjà bien implantée sur son territoire. Et la Fondation de France a suivi la croissance de son projet, pas à pas : en 2017, Violette Aymé reçoit une bourse Déclics Jeunes pour crééer son association, trouver un local, investir dans du matériel informatique, développer un réseau, etc. Deux ans plus tard, le projet a évolué et c’est le programme Maladies Psychiques qui prend le relais, pour soutenir l’accompagnement des jeunes atteints de troubles psychiques vers l’emploi.  « Il y a une réelle volonté d’empowerment auprès de ces jeunes, de leur faire reprendre confiance en eux en leur donnant l’occasion d’être utiles à la société, explique Mélanie Hubault, responsable du programme Santé des jeunes. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé pendant le confinement : ce sont les jeunes qui ont pris les devants, et le rapport des compétences a été inversé ».

Aujourd’hui, c’est la Fondation Sophie Rochas, abritée par la Fondation de France qui a répondu à son appel. « Enfin, le jury Santé des jeunes de la Fondation de France a décidé d’un coup de pouce supplémentaire pour pérenniser le projet dans le cadre de l'alliance Tous unis contre le virus, pour permettre le développement du projet et sa pérennisation », explique Mélanie Hubault.

Pour faire grandir ce projet, tout le réseau et le collectif de la Fondation de France s’est rassemblé. Un bel exemple de mobilisation pour Le Nom Lieu qui a su développer une solidarité « à front renversé » !