Contre le décrochage scolaire, mieux vaut prévenir que guérir.

Portrait de fondation

Fondation pour l’Égalité des chances à l’École

23/02/2017

Agir contre le décrochage scolaire

Depuis 1993, la Fondation pour l’Égalité des chances à l’École (FÉÉ) poursuit un but clair : réduire le nombre de jeunes quittant sans qualification le système éducatif. Sachant que les actions les plus efficaces prennent place en amont, la Fondation soutient dès le cours préparatoire une palette d’interventions impliquant de multiples acteurs et mêlant le terrain à la recherche.

 

Chaque année, en France, le décrochage scolaire touche de 120 000 à 150 000 jeunes. Ce handicap marquera leur vie, mais aussi la société : selon une étude du Boston Consulting Group diligentée par le ministère de l’Éducation nationale en 2013, un jeune qui quitte le système scolaire sans qualifcation coûte à la société environ 230 000 euros de plus qu’un jeune diplômé au cours des quarante ans de sa vie active.

S’appuyer sur l’expérience éducative et sur la recherche fondamentale

« Pourquoi attendre l’âge du collège pour intervenir ? » demande Benoît Vissac, délégué général de la FÉÉ, la Fondation pour l’Égalité des chances à l’École, créée en 1993. « Nous estimons que chaque année, 100 000 enfants sortent du cours préparatoire avec de graves lacunes en lecture et en écriture. Sur ce nombre, 80% décrocheront tôt ou tard. Il faut traiter le problème à la racine. En termes d’apprentissage, les compétences cognitives et sociales se forgent très tôt. Cette conscience constitue sans doute notre premier élément distinctif. »
Second caractère distinctif de la FÉÉ : elle soutient des actions prenant à la fois appui sur l’expérience éducative pratique et sur la recherche scientifque. L’implication des parents, premiers alliés de la réussite de l’enfant, est déterminante. « Le rôle de la FÉÉ se conjugue à celui des enseignants, des autres intervenants scolaires, sociaux ou culturels, des élus et des équipes de réussite éducative des municipalités », ajoute Benoît Vissac. 

Développer la confiance et la motivation des enfants

Les fers de lance de l’action de la FÉÉ sont les clubs Coup de Pouce Clé, implantés dans les communes sur décision du maire, à qui il revient de réunir l’essentiel de leurs fnancements. En début d’année de CP, les enseignants repèrent les enfants les plus fragiles dans l’apprentissage de la lecture, simplement parce qu’il leur manque les soutiens sociaux ou familiaux essentiels à leur réussite. Quatre soirs par semaine, dans un local mis à disposition par l’école, ces enfants, par groupe de cinq, se retrouvent pour une heure trente autour d’un animateur professionnel formé par l’association Coup de Pouce. Il les accompagnera au long de l’année scolaire. « Il ne s’agit pas de donner des cours de rattrapage », précise Benoît Vissac, « mais d’aborder l’apprentissage à travers des activités ludiques autour de l’écrit, selon des angles différents de ceux de l’école. Progressivement, les enfants développent leur confance et leur motivation et prennent goût à la lecture. » 

Autre originalité : le Coup de Pouce Clé demande aux parents une implication quotidienne. Il leur est demandé d’aller chercher leur enfant à l’école, de parler avec lui de ses activités, de lui prodiguer des encouragements. Au début de l’opération pour une signature de contrat et à la fin pour une remise de diplôme, une cérémonie réunit tous les acteurs, familles, animateurs, enseignants et élus, le plus souvent en mairie, pour signifer l’engagement de tous en faveur de la réussite de l’enfant. 

« Des innovations sont venues enrichir notre action », ajoute Benoît Vissac. « Voici dix ans le Prix des premières lectures. Plus récemment, des programmes expérimentaux prenant appui sur les avancées de la recherche scientifque et visant à prévenir les échecs scolaires précoces : l’un axé sur les mathématiques et la culture scientifque au CE1, l’autre sur le langage en grande section de maternelle. » Aujourd’hui, dans 246 villes  françaises, 2 210 clubs Coup de Pouce mis en place dans 1 300 écoles donnent le goût d’apprendre plus de 11 000 élèves.