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Portrait de fondation

Portrait de fondation : Un monde par tous

Des projets pilotes au service du bien commun

Comme son nom l’indique, la Fondation Un monde par tous encourage l’engagement et l’action collective dans un projet de citoyenneté universelle. Elle se démarque du « pour tous » de l’assistanat. Droits de l’homme, non violence, auto-organisation des exclus, durabilité : depuis 1996, la Fondation Un monde par tous est un soutien d’initiatives originales et réfléchies.

En 1975, Patrick Lescure reçoit un très important héritage. Ce fils d’un industriel bourguignon commence à aider les causes proches de sa sensibilité, non violente et progressiste, dont le magazine Politique Hebdo. Il se lie avec l’un de ses fondateurs, le philosophe et sociologue Paul Blanquart. Il aide aussi l’Institut des droits de l’Homme du barreau de Montpellier, créé par l’avocat François Roux, lui-même proche de l’ambassadeur Stéphane Hessel. En 1995, lorsque Patrick Lescure décide d’instituer une fondation sous égide de la Fondation de France, il réunit ces compagnons.

En rupture avec la globalisation

« Il ne s’agissait pas de suppléer aux défaillances de l’État social », rappelle Paul Blanquart. « Mais de fonder un projet en rupture avec la logique de globalisation : elle scinde l’humanité entre ceux qui sont partout chez eux et ceux qui ne le sont nulle part ». Cinq piliers d’action sont définis : droits de l’homme, culture de paix, auto-organisation des exclus, aide aux personnes au bord de l’effondrement, visée d’un autre type de développement. « Des axes indissociables », poursuit Paul Blanquart. « Nous ne soutenons la construction d’une école, par exemple, que si le projet vient des intéressés et contribue à la démocratie. Aider n’est pas seulement nourrir, c’est permettre de se mettre debout ».

Le bouche à oreille comme filtre

La Fondation Un monde par tous finance ainsi annuellement une centaine d’initiatives, pour un budget de 650 000 . Telle cette structure d’aide en urgence aux défenseurs des droits de l’homme, à même de les exfiltrer dans un pays voisin et de mettre leur famille en sécurité. Tels ces groupes non-violents, qu’un financement global – et non plus individuel – a encouragés. Ou cette association vouée à la recherche et à la diffusion d’expérience en biodiversité cultivée. Ici, ni site Web, ni appels à projets : les demandes de soutien arrivent via le bouche à oreille, ou sont relayées par la Fondation de France. Grâce à ce filtre, presque toutes celles qui sont débattues se révèlent pertinentes. « La même convergence marque nos séminaires », constate Patrick Lescure. « Des porteurs de projets très différents y échangent de façon profonde. » De l’aîné Stéphane Hessel (94 ans) au cadet François Roux (61 ans), le quatuor a voulu rajeunir en intégrant Émilie Deudon (32 ans), que sa vision, ses études axées sur la paix et la résolution des conflits, ou ses missions internationales préparaient à la tâche. Ce qui a frappé la jeune femme chez ses collègues ? « Ils relient les concepts et les situations concrètes en une fraction de seconde. Ils sont humbles. Nos trajets ne sont pas les mêmes,mais nous tombons d’accord sur les projets dans 95%des cas ». Une souplesse, une intelligence et un goût du risque qu’Un monde par tous entend garder longtemps.