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Portrait de fondation

Portrait de fondation : Raja-Danièle Marcovici

« En l’honneur de toutes les femmes »

A seize ans, Danièle Marcovici rejoint sa mère dans la petite société que celle-ci a créée, et la métamorphose en un empire européen. L’énergie qu’elle nomme modestement sa « chance », cette bâtisseuse la met désormais au service d’autres femmes. Profil d’une fondation et d’une fondatrice en parfaite harmonie.

On ne devient pas fondatrice par hasard. Derrière les moyens et la vision qui ont permis à Danièle Marcovici de concrétiser son voeu, il y a une histoire personnelle : « Ma mère a été mon mentor. À ses yeux, gagner sa vie était la clé de l’autonomie d’une femme. Elle a voulu que j’apprenne un métier ». Les dix ans que la jeune femme passe donc sur le terrain pour le compte de la petite société maternelle - Raja, cartons et emballages - l’ouvrent au monde. En 1976, elle introduit le marketing et la vente par correspondance dans l’entreprise. Elle en prend la direction en 1982. Aujourd’hui, Raja revendique un chiffre d’affaires annuel de 410 millions d’euros et possède des filiales dans 14 pays d’Europe.

Une récompense adaptée

Deuxième clé : la conscience du statut des femmes. Durant les années 70, Danièle Marcovici s’implique dans les mouvements féministes : « Je me souviens de ces déjeuners où j’étais seule face à des hommes, quand le ‘vous, les féministes…’ sonnait comme une insulte ». C’est plus tard, quand elle aura donné sa carrure à Raja, qu’elle décidera d’intervenir de façon concrète. Jean-Marie Bruneau, autre ténor de la vente par correspondance, lui fournit l’étincelle : « Nous étions professionnellement en contact et je le respectais beaucoup. Qu’il ait créé une fondation sous égide de la Fondation de France m’a mise sur les rails ».

Surexposition dosée

C’est pourquoi depuis 2006, la Fondation Raja-Danièle Marcovici soutient des actions éducatives, sociales, médicales et culturelles en faveur des femmes, avec les moyens de son ambition : « En 2017, notre budget annuel frôle les 1,5 million d'euros. Il nous a permis d’aider 48 projets dans 19 pays, et de les accompagner dans le temps. Une majorité intéresse la France, mais l’Afrique de l’ouest, l’Asie et l’Amérique latine font partie de nos zones d’intervention », explique Benjamin Kapelusz, responsable de cette Fondation dont il porte le quotidien sur ses épaules: « On peut citer en vrac le microcrédit, la formation aux métiers du bâtiment en Île-de-France et de l’hôtellerie au Pérou, ou la prise en charge de personnes ayant subi la torture ». Que Benjamin Kapelusz soit le fils de Danièle Marcovici ne doit rien au hasard: « Je n’en parle pas souvent, explique cette dernière, mais il s’agit d’assurer une transmission, une pérennité ». Quant aux retombées au sein de l’entreprise, elles sont réelles : « Les femmes travaillant chez nous sont fières des actions de la Fondation », assure Laurence Hagège, directrice de la communication de Raja et membre du comité exécutif de la Fondation. « Mais nous sommes à peu près à parité, et nous nous gardons bien vis-à-vis des hommes de tout déploiement féministe intempestif ». Quant à Danièle Marcovici, elle conclut: « Toute ma vie, travailler sur le terrain m’a passionnée. J’adorerais aller plus souvent à la rencontre de ces femmes que nous soutenons. Je n’en ai pas le temps. Benjamin s’implique à ma place ».

Site de la Fondation Raja-Danièle Marcovici