Paysage de la région alsace

Portrait de fondation

Portrait de fondation : Passions Alsace

Solidarité, éducation, santé-recherche, environnement-biodiversité, culture : avec un budget limité, la fondation territoriale créée par Guillaume d’Andlau couvre - et couvre bien - ces divers secteurs d’intervention. En effet, elle limite son action à une région, l’Alsace, et cible parfaitement ses soutiens.​

Depuis sa sortie de Sciences-Po, le trajet de Guillaume d’Andlau est marqué par l’humanitaire. Il a passé trois ans au Laos sous le drapeau des Nations-Unies puis séjourné au Rwanda avec la Croix-Rouge. En 2000, il pose ses valises en Alsace, dont il est originaire. Il s’y investit à titre bénévole, en créant une association pour mettre en valeur une ruine castrale : aujourd’hui, 20 000 personnes en profitent chaque année. Le lieu est devenu un espace de création contemporaine et de formation destinée aux jeunes.

Au plus près des besoins du territoire

Cette expérience fait office de prototype car elle amorce la création de la Fondation Passions Alsace : « Je voyais que nombre de petites associations faisaient des choses formidables, mais avaient du mal à trouver des financements, faute de visibilité et de notoriété. De l’autre côté, des personnes souhaitaient soutenir des projets menés sur un territoire qu’ils aiment et veulent aider. Or, ces personnes ne font pas forcément confiance à ces petites associations dont la cause les touche, mais qu’elles ne connaissent souvent que par ouï-dire. » À la fin des années 2000, Guillaume d’Andlau rencontre des responsables de Community Foundations - autant dire de fondations territoriales. Le modèle, né à Cleveland en 1914, a essaimé dans beaucoup de cultures fédérales. Son principe : mobiliser les énergies et les ressources philanthropiques d’un territoire pour les mettre au service de celui-ci. Un concept d’outil collectif, pérenne et structurant, qui peut parfaitement servir l’Alsace. En 2008, sa mère, malade d’Alzheimer, est transférée dans un centre. Il décide d’affecter à la création d’une fondation la part qui lui revient de la vente de son appartement. Si ce capital ne permet que le lancement de l’aventure, il cristallise une volonté de pérennisation. En 2009, la Fondation Passions Alsace voit le jour, sous l’égide de la Fondation de France, car celle-ci « a valeur d’évidence » et « sa réorganisation géographique accroît son efficacité. »   

« Chacun a envie d’être acteur de ses dons »

Pour échapper au communautarisme, Passions Alsace soutient les associations alsaciennes agissant à l’international, particulièrement en Afrique. D’un autre côté, au sein d’une fondation territoriale, la multiplication des catégories de projets ne risque-t-elle pas d’entraîner une dilution ? Guillaume d’Andlau répond : « Même si je crée des fondations thématiques, je ne vais pas révolutionner l’approche de l’autisme ou du chant choral : je n’en ai pas les moyens. Mais les 135 000 euros que nous collectons annuellement nous permettent d’aider 35 projets variés, à hauteur de 1 500 à 3 000 euros chacun. Fournir des bureaux à une école burkinabé, faire découvrir le vol en ULM à des accidentés de la vie, suffira pour que ces projets fonctionnent. Notre force, c’est la capacité d’écoute du terrain. » Passions Alsace s’appuie sur une palette de partenaires d’entreprise implantés localement, et bénéficie de solides relais médiatiques, que facilite son activité régionale. 

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