Des jeunes en fauteuil aux côtés de jeunes et d'accompagnateurs valides

Portrait de fondation

Portrait de fondation : MMA

Trente ans de grandes actions discrètes

En symbiose parfaite avec l’entreprise qui l’a suscitée, la Fondation MMA a été l’un des tremplins du handisport en France. Elle a permis l’industrialisation de matériels qui changent la vie des personnes en fauteuil. Portrait d’une structure aussi performante que peu connue du grand public.

En 1983, le Directeur général des Mutuelles du Mans proposa de saluer le centenaire d’une société du groupe en instituant une fondation. Elle incarnerait la fibre mutualiste. Elle prolongerait une vision d’entreprise. Rien d’étonnant que le premier champ d’application de la Fondation MMA ait été le handicap moteur, corollaire de l’accident. André Auberger, qui fut président national de la Fédération française Handisport et l’un de ses piliers, raconte : « En 1983, Handisport était confidentiel, mais la Fondation MMA nous a offert spontanément son aide. Fauteuils de basket, d’athlétisme, vélos, matériel de tir à l’arc… Et des minibus aménagés pour le transport des personnes. Pour nous, c’était un appui fondamental ».

Les innovations encouragées

En trente ans, la Fondation MMA a soutenu 1 500 projets, aidant 15 000 bénéficiaires. Reconnue dans l’univers du handicap, elle reçoit 120 dossiers par an. Une centaine d’entre eux est présentée au jury. Sur le lot, 70 ou 80 font l’objet d’une décision favorable et se partagent le budget annuel, environ 500 000 euros. Son équipe compacte – 15 retraités souvent issus de l’entreprise, auquel se joint le directeur en titre de la marque – peut s’appuyer sur le réseau du groupe. C’est sans doute cette proximité qui permet à la Fondation MMA de mettre en œuvre une belle réactivité entrepreneuriale : « Des ergothérapeutes bretons avaient conçu l’Hippocampe, un fauteuil roulant révolutionnaire, adapté au sable, à la neige et à l’eau », raconte Michel Ridou, président de MMA Solidarités, association coiffant la fondation. « Nous avons financé une présérie de dix exemplaires. Depuis 2004, l’Hippocampe est en production, et même distribué sur le marché américain. » Le Deltavision, ancêtre des systèmes de commande oculaire qui changent la vie des tétraplégiques, a reçu le même soutien, tout comme Handi’Chiens, association offrant aux personnes en fauteuil des compagnons entraînés et fiables.

Un périmètre d’actions élargi

« Certes, nos engagements se sont diversifiés », poursuit Michel Ridou. « Ils abordent l’expression culturelle. Qu’il s’agisse pour des personnes handicapées de monter sur scène avec des valides, ou d’accéder aux jeux d’un grand orgue. » Un équipement facilite l’accès à la Bibliothèque sonore de Paris. Le handicap psychique ou cognitif fait désormais partie du périmètre de la fondation : celle-ci s’intéresse notamment au développement des groupes d’entraide mutuelle, rendus possibles par la loi de 2005 et permettant à des personnes souffrant de handicaps mentaux de prendre en charge un projet commun. Enfin, le voyage étant l’une des raisons d’être de cette fondation d’entreprise, voici deux initiatives qui laissent la part belle au rêve : le trimaran de croisière de l’association Voile au large, et le planeur à commandes manuelles intégrales dont est désormais équipé le Centre aéronautique de Beynes (Yvelines). Bon vent !

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