Spectacle vivant

Portrait de fondation

Portrait de fondation : Daniel et Nina Carasso

Entretenir la vie, enrichir l’esprit

Daniel Carasso a hissé au rang mondial la petite entreprise paternelle… baptisée Danone. La fondation familiale qui perpétue son nom et celui de son épouse Nina s’est assignée une vaste mission : rassasier les corps et les esprits, en soutenant l’alimentation durable et l’accès à l’art.

Il y a des vies si pleines, que leur rayonnement leur survit. Celle de Daniel Carasso débute en 1905 à Salonique. Elle rebondit en 1919 à Barcelone, quand son père commercialise une spécialité de son invention, le yaourt Danone – « Petit Daniel » en catalan, le nom affectueux du fils. En 1929, ce dernier introduit le produit sur le marché français. Suivent les États-Unis. Daniel donne sa carrure à la marque. Infatigable, il continuera de fréquenter l’entreprise après avoir passé la main. En 2009, il meurt âgé de 103 ans, rejoignant son épouse Nina. Marina, leur enfant unique, décide de concrétiser le voeu de son père : « nourrir la planète ». Rassasier les esprits et les corps. En 2010 naît sous l’égide de la Fondation de France la Fondation Daniel et Nina Carasso.

Alimentation durable : encourager la recherche et ses applications

« Marina et sa famille sont très engagés », dit Marie-Stéphane Maradeix, déléguée générale de la fondation. « Daniel Carasso plaçait l’humain au centre des choses. Les siens veillent à ce que le projet respecte cet équilibre. » S’agissant d’alimentation durable, l’affaire exige une approche globale et imaginative. Le Premio Daniel Carasso reflète cette philosophie : remis pour la première fois le 26 novembre dernier, ce prix biennal doté de 100 000 euros récompense un chercheur dont les travaux innovants et pluridisciplinaires offriront à l’alimentation durable des applications concrètes. Dans le même périmètre, la fondation soutient en France la chaire Unesco « Alimentations du monde » de SupAgro Montpellier, le programme d’éducation à l’alimentation « Les vitaminés », porté par Unis-Cité et, en Espagne, le programme Salud Integral. Entre autres…

Un soutien à l’art et à l’artisanat

Quant aux arts, le soutien apporté par la fondation a des racines aussi solides : « si Daniel et Nina adoraient la peinture, la musique était leur grande passion », reprend Marie-Stéphane Maradeix. « Aussi, la fondation soutient l’association Les Orchestres à l’école, qui oeuvre à la popularisation active de la musique. Elle aide aussi la Fabrique Opéra Grenoble, qui ouvre des jeunes scolarisés en zones d’éducation prioritaires à l’art lyrique et à ses métiers, de machiniste à costumière. » L’action Nouveaux commanditaires de la Fondation de France ne pouvait qu’interpeller la jeune et active fondation : celle-ci a soutenu l’installation d’une œuvre de Mathieu Lehanneur dans le service de soins palliatifs du groupe hospitalier parisien Diaconesses Croix Saint-Simon, la restauration par Matali Crasset de l’école bretonne de Trébédan, et le travail de Laurent Pernot honorant les donneurs d’organe à l’hôpital de Saint-Malo. L’humain, toujours, et le goût du beau travail.