Photo de famille à la fondation Carnot.

Fondations abritées

Portrait de fondation : Carnot

Des valeurs appliquées à la philanthropie

Outre le Carnot organisateur des armées de l’an II, le Carnot pionnier de la thermodynamique, le Carnot président de la République assassiné, cette lignée a engendré une moisson d’élus, de grands commis, de scientifiques, d’industriels. Une excellence que la Fondation Carnot parachève.
« S’appeler Carnot ? Cela peut être lourd. On apprend très jeune que les devoirs priment sur les droits. Qu’il faut respecter son nom. Celui-ci éveille les remarques: presque toutes les villes de France ont leur rue Carnot. Mais l’on s’y habitue vite », dit Gaëtan Carnot. Cet « ingénieur ayant mal tourné », comme il le note en souriant, a mené une brillante carrière de financier, sans s’enflammer pour l’histoire de ses aïeux : « Mon père, Lazare Carnot, fut un grand industriel. Il traquait chez les bouquinistes les témoignages familiaux, et mon désintérêt le désespérait. Je lui ai promis qu’un jour je reprendrai le flambeau, en regardant plutôt vers le futur ».

Se tourner vers l’avenir

En 1990, au décès de leur père, Gaëtan propose à ses deux sœurs de vouer une part de l’héritage à une fondation à sa mémoire. Elle cultiverait l’histoire des Carnot et ferait vivre leurs valeurs. Il confie les documents amassés par son père à l’Académie François Bourdon, où chacun peut les consulter : « Partager, rendre public… Là est l’esprit révolutionnaire ».
La Fondation Carnot naît en 1996, sous l’égide de la Fondation de France. « Les points d’application philanthropiques de cette structure sont en harmonie parfaite avec les convictions des personnes qu’elle met à l’honneur », souligne Frédéric Bérard, chargé des Fondations enseignement supérieur et recherche à la Fondation de France.
« Qu’il s’agisse de science ou de culture, ses interventions sont ajustées, et marquées par le souci d’excellence ». Ainsi, Polytechnique. Si le Carnot de l’an II compte parmi ses fondateurs, les bourses de la fondation sont réservées aux X qui prennent la voie d’un Ph.D scientifique dans une université étrangère : « Il faut favoriser l’excellence française à l’international », insiste Gaëtan Carnot. « Et encourager la recherche, trop délaissée. Elle est source de satisfactions fantastiques ». Un efficace réseau de mentors accompagne les boursiers (lire ci-dessous).
Mêmes appuis et mêmes exigences pour les post-doctorants scientifiques de l’université de Bourgogne, choisie pour sa qualité et par fidélité aux racines : Nolay, le berceau des Carnot, est à 60 km de Dijon. Quant aux conservateurs et restaurateurs diplômés de l’Institut national du patrimoine, des bourses les encouragent à mener à l’étranger une recherche de haut niveau, toujours pour s’enrichir, toujours pour porter la France hors de ses frontières.

Un projet de famille

Outre sa sœur Marie-Cécile Sauvy, Gaëtan Carnot est épaulé dans cette œuvre par ses trois enfants.
Isabelle veille à l’administratif, au site internet et au blog.
Lionel, de formation scientifique, suit les boursiers.
Stéphane, financier, gère avec son père les ressources de la Fondation, dont le « patrimoine modeste » se targue d’un rendement annuel de 10 %.
Mentors ou cousins, tous les tenants de l’aventure le sont sous l’étendard du pur bénévolat.
« La demande en temps est énorme, mais le bénéfice circule dans les deux sens », conclut Gaëtan Carnot. « Les boursiers nous apportent autant que nous leur apportons ».