Portrait de fondation : Bernard et Marie Haquette

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Portrait de fondation : Bernard et Marie Haquette

Partager sa chance

Dans le Nord, lorsqu’ils se croisent, un ancien manutentionnaire et son patron à la retraite peuvent s’arrêter pour bavarder : ils sont du même endroit. Outre la solidarité et la valeur du travail, le sens du territoire partagé sous-tend cette fondation familiale dont les créateurs passent les rênes à leur fils.

Bernard et Marie Haquette ont créé Bernard SA à Bondues, près de Tourcoing, en 1970. Une entreprise de vente à distance comme le Nord sait en susciter – à ceci près que Bernard SA était la première à viser le marché des professionnels, non celui des particuliers. Son savoir-faire et la qualité de son service clientèle lui valurent en 1993 la première certification ISO 9003 européenne du secteur. « Jeune homme, j’y ai travaillé l’équivalent d’une petite année », se souvient Thomas Haquette, fils des deux entrepreneurs. « Je suis passé par tous les bureaux, et j’ai surtout porté des cartons ! Dans le Nord, un rejeton d’industriel doit faire ses armes de la façon la plus douloureuse possible. Mon père avait des valeurs fortes : labeur, écoute, responsabilité envers le personnel. Si bien que dans l’entreprise, le turnover était faible et la fidélité, mutuelle. Aujourd’hui, lorsque je croise dans la rue un ancien des entrepôts, nous avons des choses à nous raconter. Le contact ne s’est jamais rompu. Nous sommes du même endroit. »

Soutenir les initiatives locales

En 1997, Bernard et Marie Haquette vendent leur entreprise et quatre ans plus tard, le 30 novembre 2001, naît la fondation qui porte leur nom. Le revenu d’un portefeuille d’actions acquis grâce à la vente assurera son fonctionnement. Sa zone d’opération ? Le Nord, naturellement. Pour cette nouvelle aventure, les fondateurs misent encore sur la proximité qui a si bien servi leur entreprise. L’amour et la connaissance d’un territoire sont, ils le savent, les meilleurs garants d’une action efficace. Le moteur de l’affaire ? On pourrait parler de l’acquittement d’une dette. « Mon père a beaucoup travaillé », explique Thomas Haquette. « Il a pris des risques. Il s’est montré créatif. Mais il estime aussi avoir eu de la chance. Il a jugé légitime de restituer une partie de ses fruits à ceux qu’elle avait oubliés. » Les thèmes d’intervention sont calqués, comme il se doit, sur les préoccupations des bâtisseurs : aide aux personnes en difficulté pour Bernard Haquette. Promotion de l’enseignement et lutte contre l’illettrisme pour son fils Thomas. Enfin, santé et amélioration des conditions d’accueil en milieu hospitalier pour leDr Mortier, une amie de la famille très impliquée dans la Fondation.

Le Nord généreux

Si l’ampleur de la structure ne lui permet de soutenir annuellement qu’un nombre réduit d’initiatives, celles-ci sont toujours en harmonie avec son propos. Et pour décupler l’efficacité de ses actions, la Fondation table aussi sur l’effet domino : dans le Nord, note Thomas Haquette, « les gens se connaissent bien, et un geste en faveur d’une cause suscite aussitôt d’autres dons… Quant à notre Fondation, sa pratique de la proximité lui permet de soutenir et donc de mettre en valeur des associations utiles et dynamiques, mais trop peu visibles pour bénéficier d’un financement public. »

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