Recherche & innovation

Pierre-Yves Ancel, grand Prix de la recherche 2019

24/06/2019

Le sujet de la prématurité mobilise la Fondation de France depuis les années 70. La grande prématurité ne concerne que 1 % des naissances… mais 25 % des handicaps d’origine périnatale. Aujourd’hui, ce combat prend notamment la voie des études épidémiologiques. Le grand Prix de la recherche médicale 2018 a été attribué à l’équipe de Pierre- Yves Ancel pour son étude qui suit l’ensemble des 4 500 enfants nés prématurément en 2011.

Une cohorte pour améliorer la prise en charge des enfants prématurés

Les chiffres sont impressionnants. Alors que la grande prématurité ne concerne que 1 % des naissances, elle représente 50 % des décès néonataux et 25 % des handicaps d’origine périnatale.

En réaction, la prise en charge de ces nourrissons a connu d’importantes évolutions ces dernières années. Ainsi il peut être prescrit des corticoïdes à la future maman pour mieux préparer le bébé à la naissance par exemple. « Les bénéfices de ces nouvelles pratiques sont avérés, mais quel est leur effet sur le plus long terme ? », se demande Pierre-Yves Ancel.

C’est pour répondre à cette question que l’épidémiologiste a créé Epipage-2 avec la communauté des obstétriciens et des pédiatres. Il s’agit d’une cohorte composée de tous les enfants nés prématurément au cours de l’année 2011 en France. Grâce aux questionnaires que remplissent régulièrement leurs parents et aux visites médicales que passent leurs enfants, il est possible de savoir comment les 4500 bébés suivis ont grandi et se sont développés.

L’une des nombreuses études réalisées grâce à cette cohorte a par exemple montré que la survie des prématurés extrêmes, c’est-à-dire nés à cinq mois de grossesse (22 à 25 semaines d’aménorrhée), était en France nettement inférieure à celle d’autres pays. Les membres de plusieurs sociétés savantes vont prochainement produire des recommandations afin de faire évoluer la prise en charge de ces nourrissons dans le but d’améliorer leur survie sans augmenter le risque de handicap.

« Epipage-2 a permis de montrer que les handicaps moteurs et sensoriels des enfants prématurés en général étaient en baisse en France, indique Pierre-Yves Ancel. Quant aux difficultés cognitives (langage, raisonnement, capacités d’adaptation, etc.), elles font l’objet d’une étude spécifique en cours. »

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