Portrait

Patricia Rousseau, référente pour les bourses aux jeunes sans soutien familial dans le Nord

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Patricia Rousseau était assistante sociale, puis a travaillé pour l’Éducation nationale. Très engagée aux côtés des jeunes en difficulté, elle est depuis quatre ans la référente pour les bourses aux jeunes sans soutien familial dans le Nord.

D'abord, ça l'a un peu étonnée de devoir rédiger une lettre de motivation pour rejoindre la Fondation de France. À l'aube de sa retraite, Patricia Rousseau ne voyait pas pourquoi elle devrait passer un entretien pour faire du bénévolat. Elle l’a fait et s'en trouve fort aise. « Cela m'a fait comprendre que la seule bonne volonté ne suffit pas. Je trouve tout à fait mon compte dans cet engagement. On est dans le soutien, dans la bienveillance, dans l'altruisme. Entre les intervenants, il n'y a pas d'enjeux de pouvoir. » Elle ajoute : « Cela dit, c'est très pro. Les participants sont de haut niveau et l'exigence est élevée. Parfois, vous avez l'impression de vous retrouver à nouveau dans une entreprise. Surtout depuis que beaucoup de réunions se font en vision, ce qui limite les échanges personnels » Et de ponctuer, tout sourire, avec cet humour qui ne la quitte pas : « Mon mari me dit souvent que ça m'occupe plus qu'un mi-temps. Mais sans être payée… ».

Intervenant sur le terrain dans le nord de la France, Patricia Rousseau est référente pour les bourses aux jeunes sans soutien familial. Cela consiste « à donner un coup de pouce à un projet d'insertion professionnelle ou à une poursuite d’études ». La bourse permet de prendre en charge le coût d’une formation ou de l’inscription à des concours d’accès aux grandes écoles (ingénieurs, commerce). Mais cela peut aussi permettre à un jeune de passer son permis de conduire, qui peut être essentiel pour trouver un emploi, ou l'achat d'ordinateurs pour le travail en distanciel ou de mallettes pour des coiffeurs ou des bouchers. Elle en dit : « C'est l'un des seuls programmes de la Fondation où on aide individuellement des jeunes en difficulté, alors qu’il s’agit souvent de projets collectifs ».

Patricia Rousseau appartient à une de ces familles d'industriels du Nord, frottée de catholicisme social. Son père dirigeait une entreprise textile à Tourcoing. Ses frères étaient destinés à reprendre les rênes d'une activité qui finira par disparaître. Très inspirée par sa mère, une des premières femmes élue au conseil municipal de sa ville, Patricia Rousseau a fait des études d'assistante sociale. Elle a occupé un premier poste dans un hôpital, puis a rejoint le Conseil général comme assistante sociale polyvalente : « Il s'agissait d'accompagner les familles de la naissance à la fin de vie ». De Lille au département de l'Aisne, d'Amiens à Arras, et même pendant quelque temps en Martinique, elle profite des mutations de son mari, directeur de magasins Leroy-Merlin pour faire évoluer sa carrière. Mère de trois enfants, elle devient formatrice à l'école du service social. Puis, bifurque vers le milieu scolaire où elle sera bientôt responsable départementale. Dans les lycées et collèges, elle développe la prise en charge de la toxicomanie, de l'absentéisme ou des abus sexuels. Elle croise d'ailleurs une première fois la route de la Fondation de France qui organise alors une campagne contre les violences dans les écoles.

La retraite venant, elle aurait pu se contenter de se consacrer à ses huit petits-enfants, d'améliorer son classement au tennis, de faire de la marche nordique et du voilier, ou de terminer la lecture du dernier Goncourt qui l'a laissée « perplexe ». Mais elle se félicite d'avoir fait acte de candidature et rejoint la Fondation de France.