Un couple de personnes agées dans une allée, avec une légende "nous avions aussi envie de léguer à nos enfants un monde meilleur"

Paroles d'expert

Parole d'expert

Tout sur le legs

Trois questions à Pierre-Henri Ollier, délégué grands comptes, relations notaires et testateurs.

 

Quelle proportion de la population française envisage de faire un legs à des organisations philanthropiques ?

Pierre-Henri Ollier : Au sein de la population âgée de 50 ans et plus, environ 4% des personnes ont l’intention de faire un legs et ont déjà pris des dispositions pour cela, et 7% envisagent de le faire. De plus, pour 19% de personnes dans cette tranche d’âge, c’est un projet qui n’est pas dans leurs préoccupations actuelles mais qu’elles n’excluent pas, qui pourraient les intéresser un jour.
 
Au total, ce sont donc 30% des Français en âge de commencer à penser à la transmission de leur patrimoine qui sont potentiellement intéressés par la possibilité de faire un legs à une organisation philanthropique.
 

Quelle place pour le notaire dans un projet de legs ?

P.-H. O. : On constate un important décalage entre les intentions déclarées et la réalité des comportements : un nombre important de personnes pensent être avancées dans leur projet de legs, alors que celui-ci n’est pas du tout concrétisé et que leurs volontés ne sont pas sécurisées.
 
Parmi les personnes qui envisagent de faire un legs à des associations ou fondations, elles ne sont pas plus de 16% à avoir déjà rédigé un testament, et seules 45% envisagent de le faire. Les autres prévoient d’exprimer leurs intentions philanthropiques dans une lettre, ou simplement en en parlant à un proche. Et parmi les personnes qui ont rédigé un testament ou comptent le faire, un tiers d’entre elles seulement prévoient de le déposer chez un notaire pour qu’il soit inscrit au fichier des dernières volontés.
 

Quelles sont les attentes des personnes ayant l’intention de faire un legs à des associations ou fondations ?

P.-H. O. : Ceux qu’on peut qualifier d’ « intentionnistes » sont pragmatiques et exigeants : ils ont des attentes très fortes vis-à-vis des organisations auxquelles ils envisagent de léguer tout ou partie de leur patrimoine. Leurs trois principales préoccupations sont les suivantes :
 
- L'organisation respectera-t-elle mes volontés ? Mon patrimoine servira-t-il la cause ou le projet de mon choix, selon les modalités d'utilisation de mes biens que j’ai choisies ?
- L'organisation est-elle suffisamment solide et pérenne ?
- L'organisation gèrera-t-elle mes biens de façon efficace, sans perte de valeur financière ?
- L’enjeu primordial d’un projet de legs est donc celui de la confiance, dont les organisations bénéficiaires doivent se montrer dignes.