Des petites filles népalaises dans un village ravagé par le séisme.

Urgences

Népal 2 ans : les réalisations soutenues

Les réalisations soutenues durant cette « année 2 » :

Les actions présentées ici illustrent toutes des résultats obtenus durant la seconde année, majoritairement dans des lieux qui avaient été soutenus dès la phase d’urgence.

L’enjeu est de limiter l’exode rural en augmentant les capacités sociales et économiques des familles déplacées et en partant de leurs initiatives. Pour répondre aux besoins, les services fournis aux populations affectées ont largement évolué durant cette seconde année. Par ailleurs, certains villages parmi les plus isolés ont été ajoutés aux projets comme celui de Bothang, au fond de la vallée de Thangpal.

Dans les villages et les vallées soutenus par la Fondation de France, les paysans déplacés dans des abris ont eu besoin de semences et de nouveau cheptel. Ils ont souvent dû privilégier le travail dans leur petite exploitation avant de reconstruire leur maison définitive, et peu de chantiers d’habitat sont engagés. Les récoltes se succédant, elles ont d’abord permis de survivre et offrir aux enfants une alimentation à peine suffisante, puis de vendre les premiers surplus.

Nous constatons à chaque visite une forte logique communautaire qui prévaut en partie sur celle des castes et groupes ethniques. Au-delà des attentes, des dynamiques se créent sur des lieux de vie de fortune, qui relient de 20 à 200 familles. Celles-ci trouvent des solutions solidaires, pratiques, durables. Par exemple, l’effort collectif a permis de reconstruire les canaux d’irrigation et les lieux de stockage, et de sécuriser des sources d’eau potable.

L’essor de cette nouvelle forme d'organisation pourrait limiter l’exode rural et la migration. Les villageois ont maintenant besoin de diversifier leurs ressources économiques, construire une maison antisismique et préparer l’avenir de leurs enfants. Des échanges de pratiques sont menés sur les projets et les liens renforcés entre architectes, ingénieurs et maçons.

Reconstructions collectives et individuelles

Avec 95% de bâtiments totalement ou partiellement détruits dans les districts les plus touchés comme le Sindhupalchok, la reconstruction s’annonçait dès le départ comme un lourd défi qui ne pourrait être relevé que sur plusieurs années. Les contraintes logistiques (enclavement, absence de matériaux autres que ceux tombés sur place), humaines (manque de compétences) et légales (nécessité d’un cadre juridique autorisant les acteurs de l’aide à reconstruire) ont mené à soutenir en année 1 des solutions temporaires puis, en année 2, à financer sans appui public la construction de bâtiments modèles, à usage communautaire. Chaque chantier financé par la Fondation de France est l’occasion pour la communauté d’identifier les technologies possibles, de repérer des maçons et les former.

La reconstruction des maisons individuelles débute à peine. Un an après la catastrophe, l’autorité nationale pour la reconstruction (NRA) a été créée. Elle attribue 3 laks, soit environ 3 000 euros par maison, par un système de « cash for work » versé en 3 tranches aux familles, après contrôle de la conformité du travail accompli à des modèles officiels. Le système se rôde encore en cette seconde année et les populations trouvent des solutions que la Fondation de France encourage.

A Kiul dans le Sindhupalchok, à 1 650m d’altitude dans la vallée d’Helambu, un centre communautaire a vu le jour, porté par 128 familles de l’ethnie Yolmo. En attendant les subsides de l’Etat pour reconstruire leur maison, ces familles ont mis leur énergie et leurs fonds en commun pour améliorer le quotidien et préparer l’avenir : achat de terres pour reconstruire en plus sûr, activités agricoles et mise sur le marché.

Plus bas dans la même vallée, un habitant s’est inspiré des techniques traditionnelles de reconstruction d’un centre communautaire pour construire une maison antisismique en pierres récupérées localement, renforcées de chaînages en béton. Astucieux, il l’a fait visiter comme modèle à ses voisins intéressés.

Résilience [1] des populations

Dans un pays où les catastrophes naturelles de moyenne ampleur s’égrènent hélas au rythme annuel, comme les glissements de terrain qui ont déjà repris en période de mousson, mieux connaître les risques et s’y préparer est un maître mot pour les communautés villageoises. Les centres communautaires reconstruits serviront d’abris en cas de besoin, tandis que les maisons individuelles réutilisent des matériaux durables qui limiteront les dégâts humains en cas de séisme.

A Narbanda Paty dans le district de Kavré, un troisième centre communautaire allie acier et bambous pour réduire les coûts et offrir à la population un abri suffisamment résistant en cas de séisme de même ampleur.

Photo bien choisie du centre à Narbanda Paty, district de Kavré, route Jerokilo – Melamchi

D’une crise peuvent naître des idées nouvelles ; Dans la vallée de Thangpal, dans le Sindhupalchok, une diversification durable des ressources agricoles est engagée. Certains se lancent dans la culture des abeilles avec les conseils d’un agronome, d’autres dans l’élevage de chèvres, de cochons ou de poissons de lac. La vente des surplus produits sur les marchés, pur nourrir les villes, sera un enjeu des prochaines années.

Les moyens humains ont été renforcés avec la formation de maçons et des formations aux techniques agricoles et artisanales génératrices de nouveaux revenus.

 

Renforcement de la société civile népalaise et soutien direct aux associations locales possédant une longue expérience dans la région.

Une aide répartie dans le temps, sur 4 années, pour accompagner une reconstruction durable du pays.

Un appui à l’ensemble des régions touchées mais un effort concentré sur une  zone particulièrement dévastée du district de Sindhupalchok.

 

[1] La résilience communautaire est la capacité d'une communauté de continuer à vivre et se développer après un traumatisme ou une catastrophe. Une communauté résiliente est donc un groupement de personnes organisé pour s'adapter rapidement au changement, surmonter un traumatisme, tout en maintenant sa cohésion

Des principes clairement énoncés :

La Fondation de France s’appuie systématiquement sur des partenaires locaux et leurs connaissances, mais aussi sur la pugnacité des groupements de paysans encore peu organisés.

Elle accompagne les ONG népalaises dans la reconstruction par du soutien technique et des échanges d’expériences.

Elle leur permet de tirer des enseignements pour l’avenir par des études de capitalisation.

Les femmes participent massivement aux projets.

L’équité dans la redistribution entre les groupes de populations fait l’objet de discussions démocratiques dans le cadre de comité de villages.

>  vidéo de Marie Lecomte Tillouin, membre du comité Solidarité Népal,  en conclusion de sa visite de mars 2017 / Martin

Des choix réaffirmés :

Pour limiter l’exode rural lorsqu’il mène à plus de précarité en ville, la Fondation de France poursuit les trois axes prioritaires d’intervention affirmés dès la première année.

La relance économique pour des sources de revenus plus variées et durables.

La reconstruction durable des habitations des Népalais les plus vulnérables, en veillant à améliorer la qualité et la sécurité des constructions tout en respectant l’architecture locale.

L’appui psycho-social pour retisser les liens sociaux, en particulier envers les enfants.

L’accent est mis sur des activités utiles aux personnes les plus vulnérables, sur des projets prévoyant une bonne coordination avec les autorités locales et sur des actions visant des zones peu couvertes par l’aide internationale.

> Video de Jit Ram Lama, Pdt de ARSOW, mars 2017.