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Portrait de fondation

M Foundation : du mannequinat à la philanthropie

Entre le monde des top models et l’émancipation des femmes, l’écart n’est pas si grand. Il suffit d’investir dans la cause son coeur et ses valeurs. En 2015, c’est ce qu’ont fait Sylvie et Pascal Grincourt, les patrons de l’agence de mannequins Mademoiselle Agency. Ils ont créé leur fondation, la M Foundation. Une aventure exemplaire, à contre-courant des préjugés.

L’agence de mannequins Mademoiselle Agency existe depuis 1995. Peu après, une soeur et un frère, Sylvie et Pascal Grincourt, y ont fait leur entrée, pour en prendre les commandes en 2005. À l’occasion des 20 ans de cette agence de taille moyenne à gestion familiale, le projet de lancer une fondation est né, soufflé par Eric Berseth, ami de longue date et fondateur du cabinet de conseil Philanthropy Advisors.

L’expression d’une générosité

« Pascal a dit ʻʻouiˮ tout de suite », sourit Sylvie Grincourt. « J’ai été plus réservée. L’agence dévore notre temps. Mais l’idée de développer une activité généreuse l’a emporté. » L’un et l’autre avaient déjà la fibre philanthropique.
Pascal est un voyageur : le monde de la mode veut des mannequins aux physiques typés, qu’il faut débusquer aux quatre coins du globe. L’un des pays qui fournit le plus fort contingent des mannequins de l’agence est le Brésil. Pascal s’y est souvent rendu, gagnant par là une vraie compréhension de ses problèmes. Chez Sylvie, c’est par l’accompagnement que s’exprime la générosité : « les filles arrivent à Paris, loin de leur famille, loin de leurs amis », dit-elle. « Mon rôle est quasi maternel. Il faut veiller à l’hébergement, à la santé, au moral, à l’alimentation, avancer un peu d’argent de temps en temps… et aussi aider à grandir : beaucoup de ces jeunes filles venues du fin fond des campagnes brésiliennes, serbes ou ukrainiennes deviennent en cinq ans de véritables femmes d’affaires. »

L’émancipation des femmes et la protection des enfants

Le choix de la Fondation de France pour structure abritante s’est imposé de lui-même, comme celui des causes à défendre. L’agence accompagnant des femmes, il était logique de  s’impliquer dans l’émancipation sociale et économique de celles-ci. Et puisque beaucoup des mannequins sortent à peine de l’adolescence, le souci de l’enfance allait de pair. Au Cambodge, la M Foundation soutient le ChildSafe Movement, initiative portée par l’ONG Friends International visant à protéger enfants et adolescents vulnérables des violences ou de l’exploitation dont ils peuvent être victimes. Avant cela, c’est au Brésil que la M Foundation a mené sa première action. Elle soutient Rede Asta, une ONG aidant les femmes marginalisées à prendre leur autonomie – économique, sociale et psychologique – par le biais de l’artisanat. Rede Asta met à leur disposition des locaux, des matériaux, les conseils de designers et un réseau de distribution. La Brésilienne Ana Rotili, mannequin de l’agence et ambassadrice de la M Foundation, explique : « Rede Asta n’est qu’une étape du processus, visant à   amener ces femmes à voler entièrement de leurs propres ailes. Il s’agit vraiment d’empowerment. » La jeune M Foundation a bien d’autres projets. Ainsi, elle va financer un projet d’aide à l’orientation d’adolescentes issues de quartiers populaires en France ou encore un bus d’urgence gynécologique et obstétrique dont les maraudes couvrent le nord de Paris. Les mannequins de Mademoiselle Agency, touchées par la situation des migrants et des sans-papiers, ont pesé dans ce choix. « Ce milieu professionnel se caractérise par sa  sensibilité, sa réactivité et sa visibilité », note Pascal Grincourt. « Il est facile d’y faire jouer les relations, de mobiliser les personnalités. Si l’on désire servir une cause, c’est un énorme avantage. »

 

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