La solitude des jeunes : Les associations rhônalpines se mobilisent

Centre-Est

Les associations rhônalpines se mobilisent pour prévenir la solitude des 15-30 ans

L’étude sur la solitude des 15-30 ans menée par la Fondation de France révèle que, loin des idées préconçues, ce phénomène frappe également les jeunes. Pour prévenir et lutter contre celui-ci, les associations rhônalpines se mobilisent et mettent en place des leviers d’actions avec le soutien de la Fondation de France Centre-Est. Ces initiatives de proximité agissent sur de multiples facteurs, tels que la question de l’accès au logement, de l’insertion professionnelle, de la sociabilité, etc.

 

Des projets associatifs qui luttent contre la solitude des jeunes en Rhône-Alpes

Du sport pour rompre l’isolement

Ain (01) - Association Départementale de Sauvegarde de l'Enfant à l'Adulte de l'Ain

Alors que la pratique d’une activité sportive régulière est facteur d’ouverture aux autres et de développement aussi bien physique que psychique, de plus en plus de jeunes filles issues de quartiers populaires n’ont que très peu accès au sport et ce malgré une demande exprimée. Manque de mobilité, défiance des familles à les laisser sortir « seules »…  Davantage que l’effet de quartier, c’est le cercle familial dans lequel elles évoluent qui constitue le principal frein. Partant de ce constat, l’ADSEA 01, association de protection de l’enfance et de l’adulte vulnérable intervenant sur le département de l’Ain, a souhaité prendre en compte leur souhait et leur donner les moyens de s’émanciper. « Leur choix s’est porté sur la pratique du football, nous avons donc mis en place un partenariat avec le club féminin de Miribel afin d’amener les filles à des entraînements hebdomadaires et de permettre leur participation à plusieurs tournois et stages dans l’année », indique Aline Perret, coordinatrice au sein de l’ADSEA 01. « Au-delà de la logistique, un important travail de médiation auprès des familles a été nécessaire pour laisser plus d’autonomie à leurs filles. »

Au terme de l’année, les résultats sont plus que satisfaisants : les jeunes filles ont repris confiance en elles et ont renoué avec une vie sociale. Cette ouverture dans la sphère familiale et aux autres via la pratique d’un sport marque une première étape dans leur travail d’émancipation, afin qu’elles puissent s’ouvrir à l’avenir sur d’autres projets.

 

La sous-collocation : un dispositif adapté à la réalité des jeunes

Rhône (69) - URCCLAJ Rhône-Alpes

Qu’ils soient en études, en formation, en apprentissage ou en prise d’emploi, les jeunes adultes sont confrontés à de nombreuses problématiques dans leurs premiers pas vers l’autonomie. La première d’entre elles réside dans la constitution du dossier de location. Les propriétaires exigent des locataires des documents aussi nombreux que variés : cautions, garants, certificats, bulletins de salaire des parents, etc. L’offre locative ordinaire ne répond pas à la situation de mobilité (recherche d’un appartement temporaire et meublé) et au manque de ressource de ce public. En outre, cette étape de leur vie correspond également à un moment où ils laissent derrière eux le logement familial et sa sécurité.

Bien consciente des difficultés rencontrées par ces jeunes, l’URCCLAJ Rhône-Alpes, qui fédère des associations de la région œuvrant pour l’accès au logement et l’autonomie des jeunes, a mis en place un réseau de logements en sous-collocation situés près des centres névralgiques, des lieux d’apprentissages et d’emplois de la région. Offrant des logements rapidement accessibles, aux loyers attractifs, avec des démarches administratives assouplies, ce dispositif vient rompre l’isolement des jeunes.

« Pour poursuivre leurs objectifs de carrière, ces jeunes s’installent dans des régions qu’ils ne connaissent pas, laissant derrière eux famille et amis : cela fait beaucoup à assumer » indique Myriam Suchetet, Secrétaire générale de l’URCCLAJ. « En intégrant une collocation, ils rencontrent de nouvelles personnes et se dotent de moyens d’avancer sereinement ». Fort du succès remporté par ce modèle, l’URCCLAJ évalue aujourd’hui la possibilité d’étendre ce programme à d’autres collocations dans la région et de mettre en place des partenariats directement avec les entreprises, écoles et centres de formation pour développer des « offres packagées. »

 

Le bail glissant : les premiers pas vers l’autonomie

Isère (38) - Conseil Habitat Jeunes

Elles sont jeunes, âgées de 18 à 30 ans, mamans, disposent de peu de revenus et sont souvent isolées par la séparation ou le manque de soutien familial. Leur point commun : elles souhaitent apporter confort et sécurité à leur foyer et gagner en autonomie, dans un environnement immobilier qui s’enfonce dans la crise et où les bailleurs sont de plus en plus réticents à donner leur bien immobilier en location. Pour les aider dans leur quête, le CHJ a mis au point un dispositif d’offres d’hébergement en sous-location avec glissement du bail. L’objectif est d’une part, de rassurer le bailleur, mais aussi de permettre au ménage de gagner son autonomie et de s’insérer durablement dans un logement. « Le bail glissant s’est avéré être un outil pertinent, adapté à ce type de public, puisque la quasi-totalité des foyers a pu devenir locataire en titre à l’issue de la période d’occupation en sous-location » indique Thierry Hubert, Directeur de Conseil Habitat Jeunes.

Fort de ce succès, le CHJ, qui œuvre en Isère pour l’intégration des jeunes dans la société en utilisant l’outil logement comme un vecteur d’insertion, a souhaité développer ce dispositif en s’adressant également aux jeunes en études ou faisant leurs premiers pas dans la vie active, qui rencontrent des difficultés à accéder à la location. « Aujourd’hui, notre approche est plus personnalisée et adaptée aux souhaits de chacun. Nous ne proposons plus d’offre d’hébergement mais travaillons, avec les futurs locataires qui ont porté leur choix sur un bien, a développé l’outil bail glissant directement avec le bailleur. Cela permet aux locataires de ne pas avoir un lieu de vie imposé et de réussir leur intégration au sein d’un quartier, dans un bien qu’ils ont eux-mêmes choisi », rajoute Thierry Hubert. 

 

 

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Plus de 2 millions de jeunes isolés ou socialement vulnérables

La solitude des jeunes est une réalité : l’étude 2017 montre que 6 % des jeunes n’ont aucun « réseau de sociabilité » et 12 %ne peuvent compter que sur un seul de ces réseaux - famille, amis, voisins, collègues, camarades de classe… - avec lesquels ils passent régulièrement du temps au-delà du simple « bonjour ».

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Derrière les chiffres, une réalité complexe et douloureuse

L’isolement social est souvent le résultat d’un enchaînement d’événements, parfois dès l’enfance. Parmi les nombreux facteurs qui semblent favoriser la solitude figurent le départ du domicile parental, l’absence de relation amoureuse, les mauvaises conditions de logement ou de moyens de transports, la mauvaise santé.

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