L’École de la philanthropie : la rentrée des philanthropes en herbe

Point de vue

L’École de la philanthropie : la rentrée des philanthropes en herbe

Philanthro-quoi ? Pour un enfant, la philanthropie peut paraître un gros mot. Et pourtant. Lorsque l’École de la philanthropie intervient dans les classes ou pendant les temps périscolaires, les enfants se transforment vite en philanthropes convaincus. Inutile d’attendre le jour de ses 18 ans pour devenir un citoyen attentif au monde qui l’entoure, et actif.

C’est le constat que porte et défend l’École de la philanthropie. Projet incubé par les Fondations Edmond de Rothschild en 2011, l’École de la philanthropie devient une association loi 1901 l’année suivante. En 2016, la Fondation de France a rejoint l’aventure. Apprendre aux enfants de huit à onze ans à agir pour l’intérêt général, dans et hors de l’école : telle est la mission de l’École de la philanthropie. Le programme pédagogique de l’association permet de sensibiliser plus de 2 000 enfants par an. Avec la participation active des enseignants et des animateurs, tout l’enjeu est de développer le potentiel d’empathie et l’altruisme actif des plus jeunes. Parce que la philanthropie n’est ni innée, ni réservée aux plus âgés et aux plus aisés, l’École de la philanthropie apprend aux enfants à s’intéresser à celles et ceux qui ont besoin de soutien, et à leur environnement, qu’il soit proche ou lointain.

Ce dispositif innovant s’articule en deux étapes pour associer apprentissage théorique et mise en action. Les enfants découvrent d’abord les grands enjeux qui touchent notre société, développent leur esprit critique et choisissent une action à mener auprès d’une association, afin de mettre en œuvre de façon très concrète leur philanthropie. Le programme amène ainsi ces philanthropes en herbe à réfléchir par eux-mêmes, à se poser des questions de société et à ouvrir leur regard sur l’autre en devenant des citoyens engagés. Si nous souhaitons que les enfants contribuent à transformer positivement la société, nous devons éveiller très tôt chez eux le goût de l’autre, l’envie d’engagement. L’empathie, la coopération, la gestion de projet ou encore la confiance en soi sont des compétences qu’il faut stimuler et développer.

Même si l’empathie est bien innée, comme le confirme Sylvie Chokron, chercheur en neurosciences et directrice de recherches au CNRS, qui fait partie du Collège des experts de l’École de la philanthropie. « Les recherches actuelles démontrent que le bébé naît avec l’envie naturelle d’aider. L’apprentissage de l’empathie à l’école est une manière de renforcer ces acquis naturels à travers des mises en situation qui vont aider l’enfant à déplacer son centre d’intérêt vers l’autre. »

C’est cette expérience éducative que propose l’École de la philanthropie en partenariat avec la Ligue de l’enseignement – Fédération de Paris et le réseau Môm’artre. De nombreux enseignants de primaire qui travaillent avec nous sont ravis de cette expérience, qui permet aux enfants de trouver un nouveau cadre d’épanouissement personnel, et de révéler chez eux des ressources inattendues, telles que la créativité. Les classes choisissent elles-mêmes le projet qu’elles souhaitent mener, et l’imagination est au pouvoir ! Collecte de produits d’hygiène pour personnes sans domicile fixe, réalisation de poupées pour distraire les enfants malades d’un hôpital, création de flyers et d’affiches pour sensibiliser au don du sang, organisation d’un goûter pour les résidents d’un Ehpad : les exemples foisonnent. Ils sont la preuve qu’un enfant confronté à l’autre, à ses désirs, à sa souffrance, pour peu qu’il soit encouragé à porter un regard ouvert sur le monde, devient une personne plus réceptive, plus créative et prête à traduire l’empathie en actes.

L’École de la philanthropie est aujourd’hui présente dans 60 classes en Île-de-France. Prochaine étape : Lyon, puis nous allons la déployer dans toute la France. Nous développons actuellement une plateforme afin de rendre accessibles les ressources pédagogiques, d’animer une communauté et de mettre les enseignants en relation avec des associations proches de leur école, ou avec des philanthropes qui pourraient intervenir dans leur classe. En attendant que nos petits philanthropes deviennent grands !

« Lorsque les Fondations Edmond de Rothschild nous ont proposé de porter avec eux cette initiative unique en France et en Europe, notre enthousiasme a été immédiat. La vision et les objectifs de l’École de la philanthropie rejoignent pleinement nos efforts pour promouvoir une culture de la philanthropie dans notre pays. »

Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France

Carole Réminny - D.R.

L'auteur

Par Carole Réminny
Déléguée générale de l’École de la philanthropie

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